L’importance de l’extension dans la valorisation d’un nom de domaine

Après mon billet d’introduction sur la valorisation des noms de domaine, l’heure est venue de d’entamer ce tour d’horizon des critères de valeur d’un nom de domaine. Je vous propose de débuter cette série d’articles par l’étude du poids de l’extension.

Pour rappel, l’extension d’un nom de domaine, également appelée suffixe ou TLD pour Top Level Domain en anglais, est la partie située à droite du point, lui-même précédé par la racine. En matière d’extensions, on distingue deux grandes catégories : les gTLD (.com, .net, .org, .info etc.) et les ccTLD (.fr, .de, .es, .cn etc.)

On recense à ce jour des centaines d’extensions dans le monde et avec l’ouverture annoncée par l’ICANN, d’autres devraient régulièrement voir le jour au cours des prochaines années. Il n’est pas question ici de « donner une note » à chacun des TLDs en existence ni même d’essayer d’en établir un classement, mais simplement de nous intéresser aux grandes tendances du marché pour mieux comprendre l’importance de l’extension dans un nom de domaine.

Le .com, extension reine

S’il est une règle d’or sur laquelle tout le monde – investisseur en noms de domaine ou non – devrait pouvoir se mettre à peu près d’accord (profitons-en !) : Dot Com Is King. En d’autres termes, le .com reste LA référence à l’échelle mondiale, aussi bien sur le premier que sur le second marché des noms de domaine. Deux statistiques simples permettent de s’en convaincre :

  • selon Verisign, quasiment la moitié des quelques 200 millions de noms de domaine enregistrés dans le monde sont des .com. Ce serait un score honorable s’il n’y avait que 2 ou 3 extensions dans le monde, mais lorsqu’on sait que le .com doit rivaliser avec plusieurs centaines d’extensions, c’est presque d’un règne sans partage dont on peut parler.
  • selon Sedo, le .com a totalisé presque la moitié (46%) des quelques 10 000 transactions de noms de domaine enregistrées au cours du 3ème trimestre 2010 sur la plateforme. Rapporté aux échanges de gTLDs, la part de marché du .com flirte même avec les 75%.

En clair (pour les amateurs de comparaisons), le .com est un peu aux noms de domaine ce que le Kleenex est aux mouchoirs de poche : un véritable symbole.

Les ccTLDs, de l’outsider au caïd

Ceci bien sûr si l’on fait abstraction des considérations locales, qui peuvent amener un ccTLD à être/devenir plus populaire que le .com dans un pays donné. L’occasion d’introduire la notion de taux de pénétration d’une extension, dont le principe est de répondre à la question (exemple de la France et du « match » .com VS .fr) :

pour 100 noms de domaine déposés en France, combien de .com et combien de .fr ?

Paradoxalement, les études sur la question ne sont pas légion, mais en cherchant bien, on trouve des statistiques qui s’en rapprochent. En Allemagne, par exemple, la popularité dont jouit le .de est telle qu’une entreprise locale déposera en première intention le .de, le .com n’étant qu’un second choix remplissant parfois des besoins purement défensifs.

Ainsi, les .com sont non seulement les noms de domaine qui se vendent le plus cher sur le second marché, mais également ceux qui se vendent le plus tout court. A titre d’aperçu, plus de 80% des 100 meilleures ventes publiques de noms de domaine en 2010 sont des .com, l’ogre ne laissant que 19 petits pour cent à l’ensemble des extensions restantes.

Et la tendance ne semble pas prête de s’inverser, ce malgré le phénomène d’embouteillage constaté sur l’extension reine, la montée en puissance de certains ccTLDs et l’avènement imminent de nouvelles extensions, dont certaines sont paraît-il promises à un bel avenir. J’entends davantage par « bel avenir » le privilège de ne pas tomber dans l’oubli. Car à force d’enchaîner les nouvelles extensions comme des perles et même si cela est indispensable à la croissance du marché, on finit par atteindre l’inverse de l’effet souhaité. Après les langues mortes, on devrait voir apparaître d’ici quelques années la notion d’extension morte… Je pense notamment au .eu, qui n’a pas su séduire les particuliers et dont je ne vois pas comment il pourra subsister bien longtemps dans les tiroirs des entreprises qui ne l’utilisent pas. Idem (pire ?) pour le .asia, à qui il semble manquer une véritable identité.

Mais derrière l’indétrônable .com, il reste des places à prendre. Et s’y installent parfois des prétendants inattendus. Le .de par exemple (encore lui), qui vient de passer la barre des 14 millions de domaines enregistrés et qui a d’ores et déjà détrôné le gTLD dauphin du .com dans le classement mondial des extensions, le .net. Notons que l’Allemagne est le deuxième pays au monde en termes de dépôts de noms de domaine. Le Royaume-Uni et son .co.uk restent également des valeurs sûres, notamment grâce à la taille déjà considérable et au potentiel encore énorme du marché de la publicité en ligne Outre-Manche. Vous ne vous demanderez plus pourquoi des entreprises comme Sedo ont pris racine en Allemagne, monté une première filiale aux Etats-Unis et récemment posé pied en Angleterre.

A quand la France, me direz-vous ? Hum, pas si simple… outre les considérations stratégiques et pour rester sur notre sujet qui est celui de l’extension, le .fr paye encore à mes yeux le retard accumulé au niveau de ses conditions d’attribution. Rappelons qu’il n’y a encore pas si longtemps, il était impossible pour un particulier de déposer un .fr (voire même délicat pour une entreprise d’en déposer plusieurs). Cependant, je pense que le .fr reste l’extension « naturelle » des Français et qu’il va très rapidement refaire son retard sur un .com encore bien présent. A (très ?) long terme, pourquoi pas envisager que le taux de pénétration du .fr en France puisse être semblable à celui du .de en Allemagne, c’est à dire de l’ordre des 90%. Pour les plus visionnaires, cela signifie que le .fr pourrait bien s’avérer un excellent choix d’investissement pour le futur. Les bonnes affaires se font d’ailleurs de plus en plus rares sur le premier marché, mais le second marché offre encore de belles opportunités avec des prix plus que raisonnables qu’il soit question de moyennes ou de records.

Pour finir sur les ccTLDs et en rappelant que je ne pourrai malheureusement donner mon avis sur tous, je ferai une « spéciale dédicace » à deux chouchous : le .nl et le .it. Ils sont associés à deux des marchés à plus forte croissance au niveau mondial – exception faite bien entendu du .cn, tant il semble inévitable que la Chine bouleverse encore plus la hiérarchie globale qu’elle ne l’a fait rien qu’en 2007. Au niveau européen, le .es se pose en outsider, poussé il est vrai par une communauté de domaineurs parmi les plus actives au monde.

Un pour tous, tous pour un

Et pour terminer sur les gTLD, j’indiquerai que leur côte sur le second marché est sensiblement la même que sur le premier, à la différence près que le .info semble mieux tirer son épingle du jeu que le .org.

Je ne m’attarderai pas sur les extensions dites « marketées » (.tv, .dj, .fm etc.), qui n’accouchent qu’à de rares exceptions de noms de domaine capables de belles suprises sur le second marché.

Une dernière règle de base en guise de conclusion : plus un terme donné sera déposé et développé en site sous de nombreuses extensions (génériques et géographiques), plus le nom de domaine correspondant aura de valeur. Ne vous réjouissez donc pas trop vite à la découverte d’un nom de domaine libre et vérifiez tout d’abord si le terme est déposé dans les extensions les plus communes. Si c’est le cas, vous venez potentiellement de réaliser une bonne pêche. Si ce n’est pas le cas, c’est que le nom de domaine n’est pas si bon que vous le pensiez.

L’extension reste un critère de référence dans la valorisation d’un nom de domaine, si ce n’est l’un des critères les plus importants. Vous comprendrez toutefois dans mon prochain billet que l’appréciation de la valeur d’un nom de domaine par son extension ne peut se faire sans une analyse simultanée des critères linguistiques et phonétiques du terme-racine.

3 réflexions au sujet de « L’importance de l’extension dans la valorisation d’un nom de domaine »

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