oct 06
La sagesse ou l’insouciance ?
Le second marché des noms de domaine regorge à la fois d’opportunités et de pièges. Dès lors et si l’on tient absolument à voir le verre à moitié vide plutôt qu’à moitié plein, quelle est la pire des choses qui puisse vous arriver ? Ne pas savoir saisir les opportunités ou tomber dans les pièges ? Dans le difficile apprentissage du domaining, vaut-il mieux consacrer plus de ressources à la détection des chances ou à la gestion des risques ? Ce billet vous aidera peut-être à affiner votre avis sur la question.
Pour éviter des erreurs qui peuvent vite coûter très cher, mieux vaut réfléchir avant de se lancer éperdument dans la bataille d’une part, et respecter une certaine hygiène de vie d’autre part. Comme souvent dans ces cas-là, la voie vers la sagesse est montrée par des spécialistes aguerris du marché. Je conçois qu’écouter les conseils des « anciens » puisse être barbant pour le nouveau venu que vous êtes peut-être, mais je ne saurais que trop vous recommander de ne pas faire l’impasse sur ces avis. Certains précurseurs ont fait des erreurs avant vous, ne renoncez pas au privilège d’en prendre acte par la théorie plutôt que par la pratique. Vous perdrez suffisamment d’argent et de cheveux en erreurs de jeunesse et en investissements hasardeux, n’en rajoutez pas en enfonçant des portes ouvertes ! A la manière d’un vaccin, ces conseils ont besoin de piqûres de rappel pour continuer de produire leurs effets au fil des années. N’enterrez donc pas ces articles dont vous savez qu’ils vous veulent du bien; au contraire, relisez-les régulièrement.
Une fois le minimum syndical de jalons théoriques posés, vous allez devoir apprendre de vos propres erreurs. Cela va vous demander avant tout une prédisposition à l’auto-critique, ainsi qu’une bonne dose de persévérance. Pour moi, les deux plus grands pièges qui vous attendent sont : 1. tomber amoureux de vos domaines et 2. tomber amoureux de vous-même. Je vous vois rire d’ici. Ne rigolez pas ! L’égo et les ravages qu’il cause peuvent vous entraîner bien plus bas que vous ne le pensez si vous vous confortez dans l’idée que vous et vos domaines êtes la meilleure chose qui soit jamais arrivé à l’Internet. Personne n’a besoin de vous. Ni vos domaines pour exister, ni vos prétendus concurrents pour se surpasser, ni vos futurs acheteurs pour conquérir le monde. Comme l’auto-critique n’est pas toujours facile, n’hésitez pas à demander des avis de connaisseurs sur vos récentes cessions ou acquisitions. Pour ce faire, vous pouvez par exemple vous rendre sur des forums spécialisés (vous trouverez quelques adresses très fréquentables dans la sidebar de BlogoDomaines). Là encore, mettez tout égo de côté. Allez-y soit comme si vous alliez prendre un verre avec un bon ami et montrez-vous chaleureusement à l’écoute des critiques, soit comme si vous alliez chez un psy pour avoir un avis neutre de spécialiste sur un problème qui vous turlupine. Ne faites en aucun cas une affaire personnelle des remarques ou critiques qu’on pourrait y émettre sur vos choix stratégiques : personne ne vous veut de mal; vous demandez un avis, des âmes charitables vous le donnent.
Vos erreurs, notez-les ! Si possible avec méthode. L’idéal est de développer la vôtre selon vos propres affinités. Certaines erreurs demanderont d’être répétées 2 ou 3 fois avant de rentrer définitivement dans votre tête; n’en faites pas une maladie : vous verrez comme il est bon de regarder l’erreur s’éloigner dans le rétroviseur une fois évitée au bout de la 4ème fois. Vous constituerez naturellement au fil du temps une sorte de méthodologie, qui vous permettra en principe de viser un peu plus juste à chaque tir. C’est alors que vous verrez, avec le temps, vos essais faire mouche. Ne vous laissez pas griser pour autant (vous pouvez cependant vous accorder un bon verre si vous avez fait une vente à 5 chiffres) et continuez votre travail de sape. Gagner un sprint intermédiaire en cours d’étape n’a jamais garanti de franchir la ligne d’arrivée dans la même position. En bref, cette sagesse développée avec le temps devrait vous permettre de vous inscrire dans la durée pour peu que vous ayez cette ambition.
Mais sur un marché ultra-concurrentiel dont l’un des fondements est la sacro-sainte règle du « premier arrivé, premier servi« , ne risque-t-on pas de rater opportunité sur opportunité en voulant se comporter comme un vieux sage ? Certainement. La spontanéité est une qualité essentielle pour réussir dans ce milieu. Il faut aussi savoir fonctionner à l’instinct et ne pas hésiter à saisir chichement sa chance lorsqu’elle passe. Le plus délicat reste cependant de distinguer les vraies bonnes chances des fausses bonnes idées. Si vous pensez par exemple que les énergies renouvelables sont une bonne pioche pour l’avenir, ne vous mettez pas pour autant à déposer tous les noms (farfelus) libres à la ronde. Sachez vous raisonner et vous dire que si tous les termes d’une thématique sont libres, c’est qu’ils ne sont peut-être pas si porteurs que cela. Concentrez-vous dès lors sur 4 ou 5 fers de lance, qui vous serviront au pire de cobayes. Si aucune offre ne vous est parvenue dans le courant de la première année, faites le point et écrémez. Si votre canal d’approvisionnement principal est le second marché, soyez là aussi suffisamment insouciant pour ne pas vous laisser intimider par les sommes demandées par les vendeurs ou leur comportement de mâles (ou de femelles) dominant(e)s. Faites preuve de légèreté et – de temps à autre – d’un tant soit peu de culot. Enfoncez les portes, faites le bête, posez les questions qui fâchent ! Si vous êtes sur des enchères, titillez vos adversaires, ne serait-ce que par principe si toutefois vous n’êtes pas de nature très joueuse. Derrières les apparents gros portefeuilles se cachent parfois des maladroits, des petits bras ou des égos surdimensionnés qui iront d’eux-même dans le mur si vous savez subtilement les y conduire.
Je vous le disais plus haut, vous allez devoir faire des erreurs pour apprendre. Si vous êtes débutant, dites-vous que mêmes les domaineurs confirmés ne sont en fin de compte pas plus à l’abri des erreurs que vous. Mais ce qui fait la différence entre un bon et un moins bon investisseur, c’est que le premier sait reconnaître et digérer positivement ses erreurs. Voyez donc vos erreurs comme un investissement, pas comme une dépense. A moins que vous n’agissiez que dans la démesure (acquisition systématique et irréfléchie de milliers de domaines) ou l’irresponsabilité totales (baser un business model entier sur des typosquatting manifestes), vos erreurs ne devraient en fin de compte pas vous coûter bien cher, à quelques euros le nom de domaine. Si vous n’êtes actif que sur le second marché, c’est évidemment une autre paire de manches. Mais j’imagine que quiconque investit des sommes à 5 ou 6 chiffres dans des rachats de noms de domaine ne manque pas de plans B pour capitaliser sur ses acquisitions en cas d’erreur manifeste sous le seul aspect de la revente.
En définitive, le plus embêtant ne sont pas les erreurs en elles-mêmes, ce serait au final de ne rien avoir su en tirer. En clair, à choisir entre la sagesse ou l’insouciance, choisissez les deux ! C’est même l’insouciance caractéristique des premiers pas qui peut vous amener sur la voie de la sagesse, pour peu que ce soit une insouciance mesurée et analysée. S’il me fallait à tout prix choisir celle des deux caractéristiques qui aurait le plus de chances de vous conduire sur la voie du succès, j’opterais pour la sagesse. Mais d’un côté, je connais pas mal de « sages » qui se mordent les doigts de n’avoir pas été assez insouciants… à l’époque.
Bonne chance !
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Crédit Photo : Torley

6 octobre 2009 à
[...] “La sagesse ou l’insouciance?” I wondered out loud while listening to the lights of New York City buzz above my head. [...]
5 février 2010 à
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