En quoi le potentiel commercial d’un nom de domaine peut-il influencer sa valorisation ?

Le terme brandable nous ayant donné suffisamment de fil à retordre dans mon dernier billet, je vous propose aujourd’hui de revenir à des aspects plus terre à terre et d’analyser le poids du potentiel commercial d’un nom de domaine dans sa valorisation.

C’est avec un certain amusement que j’ai constaté que l’adjectif vendable a été proposé comme traduction de brandable par un lecteur du blog. Ce qui suffira à nous rappeler que « brandabilité » et potentiel commercial sont deux critères de valorisation très proches, que certains professionnels du secteur regroupent d’ailleurs sous une même appellation. Je propose à cet effet une approche personnelle plus imagée; pour moi, la « brandabilité » est le côté vendeur d’un nom de domaine au sens figuré du terme, et son potentiel commercial est son côté vendeur au sens propre.

Evaluer le potentiel commercial d’un nom de domaine, c’est donc tenter de répondre à la question :

dans quel mesure ce nom de domaine va-t-il m’aider – ou aider son futur acheteur – à vendre bien/plus/mieux ?

Alors bien sûr, les fans de termes artificiels (non génériques) pourront toujours se raccrocher aux branches de la « brandabilité » pour soutenir mordicus que leurs noms de domaine « vendent » (vendraient) encore mieux que le meilleur des génériques. Il n’y a qu’à regarder les résultats de Google pour s’en convaincre. Après tout, Google ne s’appelle pas Search (ou Money)

Cette fausse polémique mise de côté, on peut avancer sur des considérations plus empiriques. La première d’entre elles – une constante – étant que les noms de domaine génériques sont en règle générale ceux qui affichent le meilleur potentiel commercial. Pourquoi ? Parce qu’une entreprise ne vend pas de l’accrocheur, elle vend des produits ou des services. Du matérialisable, donc. Demandez à quelqu’un qui n’a jamais mis les pieds sur Internet ce qu’il s’attend à trouver sous kijiji.fr et vous verrez soit ses sourcils se froncer, soit ses yeux se lever au ciel. Demandez-lui la même chose pour annonces.com, et sa réponse devrait être plus spontanée.

Parmi les noms de domaine génériques, on distingue deux types : les vendeurs et les moins vendeurs. Car il ne suffit pas d’avoir un mot du dictionnaire dans son nom de domaine pour partir vaillamment à la conquête d’un marché. Pour comprendre, le plus simple est encore de prendre des exemples. Ça tombe bien, j’en vois passer des dizaines sous mes yeux tous les jours. Le prototype du nom de domaine générique au faible potentiel commercial : celui dont la racine est un adverbe. Prenons l’adverbe « jamais » comme cobaye. Court, pertinent, faible probabilité de fautes de frappe. Tout pour faire de jamais.com un nom de domaine de premier choix. Peut-être, mais pour vendre quoi ?

D’autres victimes toutes désignées : les adjectifs, les verbes (surtout dans leurs formes conjugués), les articles, les prépositions

Mais les chasseurs de noms communs ne sont pas tirés d’affaire pour autant. Consentement.com, par exemple, est un nom de domaine générique peu vendeur. Mais bien sûr qu’il est vendeur, me direz-vous ! Ça ferait un super site pour vendre des articles de mariage. En cherchant bien…

Alors imaginons qu’on ait affaire à un nom de domaine à fort potentiel commercial, qu’est-ce qui fait qu’il a plus ou moins de valeur qu’un autre ? Une technique intéressante mais approximative consiste à regarder du côté du marché des mots-clés publicitaires pour tenter de matérialiser la chose. En utilisant le générateur de mots-clés Google, par exemple.

Allez-y, tapez « voitures » par exemple. Les deux facteurs qui nous intéressent ici sont essentiellement le CPC moyen estimé et la concurrence entre les annonceurs, car ce sont ceux qui reflètent le mieux l’aspect commercial du système. Caractéristique que n’ont pas forcément les volumes de recherche par exemple : ce n’est pas par ce que quelque chose est cherché qu’il génèrera des chiffres d’affaires. En se penchant sur les résultats, on constate assez rapidement que c’est dans le secteur de la location de voitures qu’on trouve en moyenne les CPC les plus élevés.

Pourquoi donc ? Après tout, un annonceur qui a vendu une voiture a encaissé plus d’argent que celui qui n’a conclu qu’un contrat de location ! Certes, mais vous achetez souvent une voiture sur Internet, vous ? Non, vous vous renseignez, tout au plus. Par contre pour la location, une fois que vous avez testé la crèmerie et que vous avez pris vos repères offline, plus besoin d’appeler ou de passer à l’agence : vous commandez en ligne.

Le potentiel commercial d’un nom de domaine peut donc se définir par la probabilité de convertir un visiteur en consommateur. Et même si les proportions sont souvent relatives, nul besoin d’être en possession d’un nom de domaine adapté à la vente de biens supposés coûteux pour réaliser une belle vente. Réfléchissez à des objets peu onéreux de consommation plus ou moins courante : les briquets, les ballons, les stylos ou encore les vibromasseurs (bien pratique la vente en ligne, quand même). Pas si rémunérateur, sauf à en vendre des milliers par an. Alors bien sûr, là ou quelques ventes de maisons seulement pourraient suffire à l’acheteur de villas.com pour rentrer dans ses frais, il faudrait en vendre des jouets coquins pour amortir l’achat d’un vibro.com ! Mais chacun sa spécialité, et c’est entre les mains de l’utilisateur final le plus naturel qu’un nom de domaine de qualité révèle souvent toute sa force.

Une réflexion au sujet de « En quoi le potentiel commercial d’un nom de domaine peut-il influencer sa valorisation ? »

  1. Je n’ai pas résisté à laisser un commentaire en voyant la chute de l’article que j’ai adoré. « et c’est entre les mains… » juste après vibro.com ! Bravo pour la subtilité et la qualité des articles !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *