Noms de domaine, artifices et valorisation

Poursuivons notre chemin dans les couloirs de la valorisation des noms de domaine et intéressons-nous aujourd’hui à la question de la valeur des noms de domaine intégrant dans leur racine un ou plusieurs éléments que j’appellerai ici artifices, et dont nous allons préalablement tenter de livrer une définition et passer quelques uns en revue.

Qu’est-ce que j’entends par artifice, me direz vous ? Pas forcément simple à définir, sauf si l’on part du postulat (sur lequel nous devrions tous nous entendre) que les noms les mieux valorisés « à nu » sont ceux qui se composent d’un ou plusieurs termes descriptifs. Ma définition sera donc la suivante : les artifices sont des caractères ou combinaisons de caractères de nature à agrémenter un terme générique. Par extension, ces artifices peuvent même venir « décorer » un terme lui même artificiel (exemple : iGoogle)

La liste de ces artifices est longue et quasi inépuisable. D’ailleurs, c’est en partie grâce à eux qu’il existe une infinité de combinaisons possibles en matière de noms de domaine et que la pénurie dont on entend souvent parler n’est tout au plus qu’un mirage, sauf à parler de catégories de bien particulières comme les .com en 2 chiffres (les fameux NN.com) ou encore les .com en 3 lettres (les dénommés LLL.com, tous déposés depuis belle lurette également).

Pour y voir parfaitement clair dans ma définition de noms de domaine comportant des artifices (faudrait-il les appeler noms de domaine artificiels ?), voici quelques spécimen à la volée :

  • i-formation.fr
  • efleurs.com
  • bourseonline.org
  • voiture24.biz
  • supercartes.net
  • 123-encheres.ch
  • monappartement.be

Je pense que ces quelques exemples vous suffiront pour cerner les traits principaux de l’espèce dont fait l’objet notre étude du jour.

Voilà pour la forme. Alors sur le fond, pourquoi intégrer des artifices à un terme lambda ? Soit par nécessité, soit par choix. Par nécessité parce qu’il est bien arrivé un moment (virtuel) où la plupart des noms de domaine génériques de premier choix étant pris, il a fallu songer à élargir le spectre des possibilités envisageables. Certains ont dès lors plongé dans le « tout-artificiel » – et accouché de noms montés de toutes pièces (Yahoo.com, Google.com, PayPal.com); d’autres se sont raccrochés aux branches du générique. Et s’y raccrochent encore. Citons ici deux exemples aussi connus que parlants :  Ebay.com (« ElectroBaie ») et MySpace.com (« MonEspace »).

Et les marques s’y mettant, quelques visionnaires se sont dit qu’il y avait sans doute un filon à exploiter en détectant avant d’autres la « brandabilité » particulière de certaines combinaisons.

Les effets de mode ne sont certainement pas étrangers au développement du phénomène : il y a eu l’époque des « xxx24 » (DomainDiscount24.com), la folie des « xxxonline » (CadresOnline.com), la frénésie des « exxx » (Ebay.com), la course aux « 123xxx » (123pneus.com), la ruée vers les « superxxx » (SuperToinette.com) et j’en passe.

Encore quelques exemples un peu farfelus et je vous laisserai poursuivre la liste à votre guise dans la rubrique commentaires :

  • c-delabombe(bébé).fr
  • kelcon.com
  • planetedomaines.org
  • allokiné.biz

Alors, posons la question cruciale : bon ou pas bon ? Valorisant ou dévalorisant ? Je suis peut-être obtus, mais je vois mal comment de tels artifices peuvent apporter une valeur ajoutée à un terme générique. Une touche d’originalité, tout au plus. Une opportunité de se caler dans les roues d’une mode ? Si oui, miser sur le possible attrait de tels noms de domaine pour un utilisateur final relève-t-il du predictive domaining ?

En clair, pour moi, les artifices quels qu’ils soient sont par définition pénalisants pour la valeur d’un nom de domaine. Pire : utilisés à outrance, ils peuvent transformer votre nom de domaine en un véritable sapin de Noël qui ne trouvera beauté qu’à vos yeux d’une part, et échouera d’autre part dans sa mission première qui est d’être facilement reconnaissable et mémorisable par vos visiteurs.

J’ai failli mettre dans le sac des artifices la délicate question du tiret (dans le noms de domaine), mais elle est si souvent posée qu’elle a bien mérité à mes yeux un billet dédié ! Vous pourrez retrouver celui-ci dans ma série d’articles sur la valorisation des noms de domaine.

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