août 10 2009

Etude du second marché des noms de domaine au 2ème trimestre 2009 par Sedo

Catégorie : Second MarchéRémy @

PaperasseLa traditionnelle étude de marché trimestrielle de Sedo est dans les bacs (PDF) depuis cet après-midi. Ce dossier souvent très instructif donne un aperçu global des transactions publiées sur la plateforme d’achat-vente de noms de domaine leader du marché. Pour cette édition Q2 2009, beaucoup étaient naturellement impatients de découvrir l’évolution des impacts de la crise économique mondiale, déjà ressentis lors des deux derniers trimestres.

Or selon Sedo, le second marché des noms de domaine n’a pas connu la crise d’avril à juin. Il a poursuivi sa croissance malgré une économie mondiale en berne et au total, ce sont plus de 9 400 noms de domaine qui se sont échangés sur la plateforme au deuxième trimestre 2009, totalisant un volume de plus de 11 millions d’euros. Toujours selon Sedo, l’une des tendances marquantes du trimestre écoulé est le passage de l’extension .co.uk devant le .com dans le classement des prix de vente moyens des TLDs. Ainsi et alors qu’un .co.uk s’est échangé pour 2 095 EUR en moyenne au second trimestre 2009, il n’a fallu en débourser que 1 355 pour un .com.

Si l’on s’en tient à la seule analyse globale de Sedo, tout laisse donc à penser que la multiplication des échanges de noms de domaine sur le second marché à suffit à compenser la baisse du prix de vente moyen. Car légère baisse il y a bien eu : rappelons qu’en 2008, un .com s’échangeait pour 1 493 EUR en moyenne sur la même plateforme Sedo. De là à comprendre si ce recul est du à une baisse du nombre de transactions record, à un rétrécissement de la « masse lourde » (transactions entre 10 000 et 50 000 EUR) ou à une surmultiplication des « petites transactions » (moins de 300 EUR)… Et si l’on compare le 2ème trimestre 2009 avec le 2ème trimestre 2008, la baisse est sans doute encore plus prononcée (je n’ai pas retrouvé l’info mais ce sont surtout les deux derniers trimestres de 2008 qui ont tiré les valeurs vers le bas, Q1 et Q2 étant même de très bons crus, de mémoire).

Le plus simple est de se pencher sur l’étude en question pour y voir plus clair.

Ce qui n’a pas changé tout d’abord : avec 76% des ventes totales de gTLDs, le .com truste le classement et poursuit sur sa lancée de 2008. Le .net a quant à lui croqué une plus grande part du gâteau, avec 11% des ventes de gTLDs contre 7% au premier trimestre. Parmi les ventes ccTLDs, même tendance à la stabilité. Le .de reste l’extension la plus populaire (60% des ventes), devant le .co.uk (13%) et le .eu (9%).  Le .fr ferme la marche avec 2% des ventes. L’extension nationale de la France est en perte de vitesse d’un point par rapport à la moyenne de 2008, mais il faut dire que certains ccTLDs aux allures de mastodontes comme le .cn poussent fort et font vite de la place autour d’eux (31% de croissance au 2nd trimestre par rapport au précédent).

Concernant le nombre total de ventes, Q2 à fait mieux (9 403) que son prédécesseur Q1 (9 326), mais là encore moins bien que Q2 2008 (9 727). Cependant, on semble sorti du trou d’air remarqué fin 2008 (8 754 ventes pour Q4).

Du côté des canaux de ventes, les enchères système ont enregistré une hausse de 3% par rapport au 1er trimestre, le nombre de transactions découlant de négociations via le système « classique » d’offre/contre-offre affichant quant à lui un léger recul.

Le prix de vente moyen par domaine, toutes extensions confondues, s’est élevé au 2ème trimestre à 1 200 EUR environ. Le .com est donc comme d’habitude au-dessus de la ligne de flottaison, de même que le .net (1 337 EUR en moyenne au Q2). On ne peut pas en dire autant du .org (767 EUR), du .biz (461 EUR) et du .info (461 EUR également).

Chez les ccTLDs, le .co.uk est donc la star du trimestre avec un prix de vente moyen de 2 095 EUR, soit près de 900 euros de plus que la moyenne toutes extensions confondues.  Prix il est vrai largement drainé par les deux ventes record de horseracing.co.uk et onlinecasino.co.uk pour respectivement 100 000 GBP. Lorsqu’on sait que le Royaume-Uni est l’un des pays les plus durement affectés par la crise… Au rayon des bonnes surprises, le .at fait un bon de 100% par rapport au trimestre précédent et frôle la barre fatidique des 1 200 EUR (1 170 pour être exact). Le .es, le.fr, le .de et le .eu se prennent tous une sérieuse claque avec des prix de vente moyens divisés par 2 pour certains (dont le .fr, qui passe de 3 440 EUR au premier trimestre 2009 à 1 825 EUR au second trimestre – ce qui reste une performance très honorable). Si le .de s’échange bien, il semblerait que sa valeur moyenne s’essouffle un peu, passant de 950 EUR au premier trimestre 2009 à 734 EUR au second.

Je ne m’attarde pas sur les prix médians, s’agissant visiblement d’une donnée nouvelle (mais ô combien précieuse lorsqu’on connaît l’impact des ventes record!) dans le rapport Sedo, et les éléments de comparaison manquant quelque peu. Retenez seulement que le prix de vente médian d’un .com au second trimestre 2009 s’est élevé à 315 EUR, et celui d’un .fr à 646 EUR. Il sera intéressant de voir l’évolution de cette donnée au troisième trimestre.

Pour finir, voici les 10 plus grosses ventes publiques du deuxième trimestre, toutes extensions confondues (les prix indiqués sont en GBP, la flemme de faire les conversion ce coup-là ^^) :

  1. talk.com, 303 994£
  2. spel.se, 169 746£
  3. juegos.com.mx, 128 884£
  4. horseracing.co.uk, 100 000£
  5. onlinecasino.co.uk, 100 000£
  6. juegos.com.ar, 81 068£
  7. livestream.com, 68 138£
  8. timemanagement.com, 61 659£
  9. 90.com, 49 437£
  10. concept.com, 37 164£

La même chose, version .com only :

  1. talk.com, 303 994£
  2. livestream.com, 68 138£
  3. timemanagement.com, 61 659£
  4. 90.com, 49 437£
  5. concept.com, 37 164£
  6. foros.com, 32 285£
  7. kosovo.com, 30 079£
  8. viewit.com, 27 935£
  9. staysure.com, 23 936£
  10. directories.com, 18 837£

Sedo anticipe une légère baisse du nombre total de transactions pour le troisième trimestre 2009, été oblige, mais tablent sur une stabilisation du prix moyen et médian. Toujours selon Sedo, la conjoncture des ventes de ccTLDs devrait poursuivre sa belle progression, conséquence d’une tendance à la localisation des échanges sur Internet (même venant des multinationales, dont les canaux de distribution ont tendance à se localiser plutôt qu’à se globaliser).

Et vous ? Êtes-vous surpris par ces chiffres du second trimestre ? Correspondent-ils grosso modo à vos indices transactionnels ? Comment voyez-vous les mois à venir ? Dîtes-moi tout !

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L’étude Sedo est disponible dans son intégralité (et en anglais) au lien suivant : http://www.sedo.co.uk/press/domainmarketstudyQ22009-uk.pdf. Merci à leurs équipes pour ce travail de compilation !

Creative Commons License crédit photo : zigazou76


juil 21 2009

A nos ventes manquées

Catégorie : Second MarchéRémy @

l'argent vu de prèsEn voulant faire quelques courses sur Sedo aujourd’hui, quelque chose (de pourtant courant) m’a particulièrement marqué. Sans avoir fait suffisamment d’offres pour pouvoir en tirer une statistique parlante, j’ai toutefois été frappé par le nombre de mes ardeurs qui se sont vues refroidies par un prix minimum démesuré. Des noms de domaine sur lesquels j’étais pourtant plein de bonnes intentions et que j’aurais volontiers négocié dans l’intérêt des vendeurs, tout au moins dans les limites raisonnables des valeurs de marché. Cela reste une notion bien suggestive et ma valeur de marché n’est peut-être pas celle qu’entend le vendeur, mais je pense suffisamment connaître le sujet pour ne pas exagérer dans ma définition du terme « démesuré ».

Pour ceux qui ne sont pas familiers avec l’interface Sedo, la plateforme propose à ses vendeurs de noms de domaine différentes options de prix. Vous pouvez par exemple fixer un prix indicatif et ainsi laisser les acheteurs potentiels / le système de négociations automatisé Sedo vous transmettre toutes les offres, fussent-elles inférieures à ce montant. Ou vous pouvez fixer un prix minimum que je qualifierais de « plancher », prix en-dessous duquel les offres sont systématiquement refusées par l’interface Sedo et les intéressés invités à augmenter leur mise jusqu’à atteindre la somme fatidique.

Seulement voilà, en utilisant la deuxième option, vous vous privez potentiellement de ventes. Bien sûr, son but premier est de vous garantir de ne pas être dérangé pour rien. Je ne vais pas le cacher : il m’arrive moi-même d’utiliser cette option. Mais pas à outrance. Elle se montre par exemple adaptée lorsque vous venez d’acheter – disons 500 EUR – un nom de domaine que vous êtes prêt a remettre sans trop attendre sur le marché mais que vous n’allez pas, cela va de soi, vendre moins que le prix auquel vous l’avez obtenu. Vous allez me dire, peut-être que tous les noms sur lesquels j’ai fait des offres aujourd’hui étaient dans ce cas de figure. Honnêtement, je ne pense pas, ou alors les vendeurs ex-acheteurs ont été bien mal inspirés de mettre autrefois à l’achat un prix équivalent à celui qu’ils fixent comme prix minimum à la vente aujourd’hui.

Vous allez aussi me dire que je n’ai qu’à outrepasser Sedo et tenter une offre via le whois, ne risquant a priori pas de me prendre une porte automatique. Certes, mais de nos jours, 1 whois sur 2 (j’exagère à peine) est anonyme d’une part, et je dispose pas non plus d’un temps illimité pour courir après des vendeurs d’autre part; si j’utilise les systèmes de négociations en ligne de Sedo et consorts, c’est aussi pour gagner en sécurité, en temps et en anonymat.

Le comble est que la plupart des prix de plancher constatés étaient supérieurs à 10 000 EUR/USD/GBP. Là encore, ça ne parlera sans doute pas à tous ceux qui me lisent, mais il faut savoir qu’il n’est permis aux vendeurs de ne fixer de prix minimum qu’à concurrence de 10 000 EUR/USD/GBP. Au-delà, il faut l’approbation de Sedo. En théorie en commandant une évaluation qui déterminera la valeur estimative du nom de domaine et transposera celle-ci sur le prix minimum. Mais en pratique, la manœuvre est également réalisable en contactant le support Sedo ou son Account Manager dédié. Je ne critique bien entendu pas le fait qu’un « raccourci » soit possible : un client SedoPro qui souhaite mettre en vente un nom de domaine premium n’a pas besoin de commander une évaluation sur Sedo pour faire attester de la valeur de son actif. Mais la plupart des noms que je visais aujourd’hui n’étaient pas des premiums.

Il serait donc amusant d’évaluer le nombre et le volume de ventes « perdues » par des vendeurs d’une part trop gourmands, mais aussi trop bornés pour s’offrir la chance d’une négociation tout à fait correcte. Je ne parle même pas de l’obtention d’un accord, je parle de discussions.

Si vous êtes vendeur, attention donc à ne pas tomber amoureux de vos domaines en vente à un point d’en devenir aveugle. Certains domaines ne recevront jamais de première offre à mid €€ €€€; même des noms francophones premiums qui les valent ne reçoivent pas de premières offres dans ces eaux. Ça ne les empêche pas de pouvoir finir haut, seulement il faut savoir accepter de partir de bas. Et s’il vous faut absolument un plancher, arrêtez-vous à 5000 EUR grand max et souvenez-vous que le prix de vente moyen d’un nom de domaine ne culmine pas à 30 000 EUR, mais se situe au contraire dans les 2000 EUR.  Si vous souhaitez simplement ne pas être dérangé pour pas grand chose, un prix minimum de 500 EUR devrait suffir pour le commun des domaines.

Et si vous êtes acheteur, ne désespérez pas pour autant ;o)

Creative Commons License crédit photo : 1suisse


mai 29 2009

Enchères Premium Sedo / mai 2009 : résultats

Catégorie : EnchèresRémy @

Les traditionnelles enchères Premium mensuelles Sedo se sont achevées hier soir après une semaine d’activité. L’occasion de revenir sur les résultats et de vous livrer quelques brèves analyses.

Comme les noms francophones étaient à la fête en termes de taux de représentation avec près d’un tiers de l’inventaire global, je vous propose une étude en deux volets avec un coup d’oeil aux statistiques globales dans un premier temps, puis aux statistiques francophones dans un second.

Côté tendance générale, voici ce qu’on peut retenir de cette série d’enchères :

  • avec un taux de réussite de 48% (75 domaines vendus pour 156 affichés), on peut parler d’un relatif succès en termes de liquidation des stocks
  • le volume total frise les 200 000 EUR. C’est correct. Ça l’est un peu moins lorsqu’on sait que la moitié de ce montant repose sur un seul nom
  • ce nom, c’est le joli 80.com (99 000 USD)
  • derrière, seuls 2 domaines dépassent les 20 000 dollars (cd.net / 24 500 USD et 434.com / 20 525 USD)
  • pour le reste, seul shirt.net parvient à passer la barre de 10 000 dollars (18 500 USD)
  • vu de haut, on note que 60% des noms vendus l’ont été dans le segment €€€/$$$

Voilà pour les faits, résumés dans le tableau ci-après :

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mar 17 2009

Nouveau départ

Catégorie : GénéralRémy @

Après 5 ans passés en Allemagne chez Sedo, l’heure est venue pour moi de relever un nouveau défi personnel et professionnel. Au terme d’une réflexion qui m’a au départ fait envisager de quitter l’industrie niche des noms de domaine pour élargir mon champ de vision et miser davantage sur mes compétences linguistiques et managériales, j’ai finalement choisi de rester dans le secteur qui m’a tant donné; ne serait-ce que parce que je n’en ai guère connu d’autres et que jamais je n’aurais imaginé que travail et plaisir pourraient s’accorder de la sorte.

Je viens aujourd’hui, à un mois jour pour jour de mon départ effectif de Sedo (le 17 avril), relayer sur BlogoDomaines l’annonce de mon recrutement faite à ce jour par mon futur employeur. Cette entreprise, beaucoup d’entre vous la connaissent pour une partie de son activité qui lui vaut souvent le titre honorifique de « titulaire du meilleur portefeuille de noms de domaine génériques francophones existant à ce jour » : Virtual Network SA, société suisse fondée en 1998 par Stéphane Pictet et Stefan Renninger et présente sur les secteurs de l’Internet et de la téléphonie mobile.

Comme indiqué dans le communiqué de presse paru à ce jour sur Virtual-Network.com, j’y occuperai à compter du 15 juin 2009 un poste de Director of Business Development, avec pour objectif principal de développer activement différents projets de la société autour des noms de domaine.

C’est donc aujourd’hui un sentiment de de fierté qui m’anime. D’une part car je m’apprête à quitter Sedo avec le sentiment du du travail bien fait et du devoir accompli. J’ai notamment investi beaucoup pour l’éducation d’un marché encore méconnu il y a quelques années, et ce marché et ses acteurs me l’ont toujours bien rendu. D’autre part parce que rejoindre l’un des fleurons de l’Internet francophone, dont je connais bien la matière première et l’un de ceux qui a creusé (profond) pour la trouver, est un formidable défi.

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mar 10 2009

Ventes Sedo – Semaine 9

Catégorie : Meilleures VentesRémy @

Hasard, lueur d’espoir ou autre facteur conjoncturel positif ? Toujours est-il que la liste de la semaine 9 fait plaisir à voir côté domaines francophones vendus sur Sedo.

Avec, fait assez exceptionnel, 2 noms dans le top 3. Ce sont les désormais modestement célèbres Bruxelles.com et Belgique.com, partis pour respectivement 28.500 et 25.000 EUR. 53.500 EUR, c’est donc le prix à payer pour s’offrir un pays et sa capitale. LeBelge appréciera :o)

Abstraction faite de Sportissimo.com (20.000 USD), terme certes imaginaire mais assurément exploitable en français, suivent à plus de 10.000 EUR LOI.com (16.200 USD) et le naturel Herboriste.com (10.000 EUR).

Le keyword domain à tiret Jeux-Filles.com ne fait pas mauvaise figure avec un prix de vente de 5.000 EUR.

En pied de première page, on trouve l’adjectif Verifiable.com (2.250 EUR). Les « artificiels » CalcioFrance.com (2.200 USD) et 123Dollars.com (2.000 USD) ferment la marche de la liste des .COM.

Côté ccTLDs, le haut du classement en serait presque éblouissant de rouge et me force à jouer des bullet points pour ne pas écrire une tartine de mauvais jeux de mots :

  • CCE.fr (5.500 EUR)
  • Hypnose.eu (5.000 EUR)
  • Talent.de (3.600 EUR)
  • MusicStore.fr (3.100 EUR)
  • FormationPro.fr (3.000 EUR)
  • GoodJob.fr (3.000 EUR)
  • MMS.us (2.750 USD)
  • Zapping.tv (2.000 EUR)
  • PiscinesPolyester.fr (1.500 EUR)
  • Blog.pk (1.500 USD)
  • Godemichet.fr (1.400 EUR)
  • Pop-Up.fr (950 EUR)
  • VetementFemme.fr (850 EUR)

Hors-sujet : si vous êtes fans de ccTLDs, le célèbre investisseur en noms de domaine anglophone Rick Latona a annoncé hier le lancement d’un forum exclusivement dédié aux extensions géographiques. En (presque) toute logique, la place a été nommée ccTLDs.com. Un projet dans l’air du temps au vu u thème de la prochaine conférence T.R.A.F.F.I.C. qui se tiendra du 1er au 4 juin prochains à Amsterdam.

Les « autres gTLDs » ne sont pas en reste avec Bingos.org (2.200 EUR), Musiques.net (999 EUR), Contenu.net (975 USD), Chaussures.net (902 EUR) et Hits.info (800 USD).