Entretien avec l’acheteur du nom de domaine brico.fr

vis écrouOfficiellement, il s’agissait du premier nom de domaine mis aux enchères publiques offline en France. Une nouvelle si insolite qu’elle avait même été reprise par le Journal Du Net, certes réputé parmi les moins avares en matière de publication d’articles sur le thème des noms de domaine.

Fin mot de l’histoire, brico.fr a bien été adjugé le 15 décembre dernier à Saint-Etienne. Ceux qui surveillaient le whois depuis cette date ont bien du s’en douter, mais rien n’avait jusque là vraiment transpiré sur les détails de la transaction et l’identité de l’acheteur.

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Les 100 meilleures ventes de noms de domaine en .fr en 2010

Pour honorer la tradition des best of de fin d’année, j’ai fouiné dans mes archives pour vous concocter une liste des 100 meilleures ventes de noms de domaine en .fr en 2010.

J’avais initialement prévu de publier un classement des 100 ventes record de noms de domaine francophones de l’année, mais je vous avoue que la montagne de travail de recherche nécessaire m’a un peu découragé sur le moment. Ne perdez cependant pas espoir : je pourrais être pris de remords et prévoir une nuit blanche pour vous préparer cette liste suprême dans les jours à venir !

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Ventes Sedo – semaine 47

C’est déjà l’heure de la nouvelle livraison ! Je ne m’attarderai pas trop sur les détails de la liste, n’y ayant rien décelé de particulièrement croustillant cette semaine.

A ceux d’entre vous qui se demanderont d’où sortent tous ces .me, je rappelle que le registre (dont on aurait presque tendance à oublier qu’il est) monténégrin avait récemment mis aux enchères sur Sedo un énième assortiment conservé au frais de noms de domaine labellisés premium. Comme like.me, qui prend la tête des ventes de ccTLDs de la semaine dernière chez Sedo avec un ticket à 26 500 USD.

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Sex.com bat son propre record du nom de domaine le plus cher de tous les temps

sex.com le nom de domaine le plus cherC’est désormais officiel : sex.com est bien le nom de domaine le plus cher jamais vendu publiquement, avec un prix record de 13 millions de dollars US. C’est ce qu’a annoncé Sedo hier en fin de journée par voie d’un communiqué de presse (en anglais)*.

Cette annonce officielle du courtier en charge de la transaction vient confirmer les diverses informations qui avaient transpiré d’un dossier confié au Tribunal Californien des Faillites suite à une incapacité manifeste des propriétaires du nom de domaine à se mettre d’accord sur les conditions d’une cession et la mise en liquidation de la société Escom LLC.

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Ventes Sedo – semaine 44

SedoLa dernière liste des ventes hebdomadaires sur Sedo m’avait été livrée avec un peu de retard, et celle-ci arrive avec un peu d’avance. Conséquence : deux billets similaires qui se suivent sur Blogodomaines.

J’aurais pu dédier hier un billet à la récente annonce par l’ICANN de la fin de la « séparation des pouvoirs » entre registres et registrars, mais je n’ai pas encore décelé de conséquences palpables que cette décision pourrait avoir sur le second marché des noms de domaine donc j’ai préféré passer pour l’instant. Ne nous y trompons pas, toutefois : cette décision marque un tournant dans l’histoire du nommage sur Internet.

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Etude trimestrielle du second marché par Sedo : des volumes d’échange en légère baisse, des valorisations de noms de domaine en légère hausse

Etude de marché SedoSedo a publié ce matin sa traditionnelle étude trimestrielle du second marché des noms de domaine, proposant des statistiques détaillées sur les transactions enregistrées sur sa plateforme au cours des trois derniers mois.

Le rapport en question fait état de plus de 10 000 noms de domaine échangés sur la place de marché leader pour un volume global dépassant les 16 millions d’euros. Des valeurs en légère diminution par rapport au 2ème trimestre, tendance imputable selon Sedo à des mois de juillet/août traditionnellement calmes.

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Sex.com, la saga continue

sex.comComme je l’écrivais dans mon dernier billet sur la vente de sex.com, le Tribunal Californien des Faillites devait rendre hier sa décision dans l’affaire, à savoir essentiellement se prononcer en faveur ou contre l’offre ferme de $13M formulée par la société Clever Holdings dans le cadre de la vente du nom de domaine via Sedo. Sans grande surprise, la juge en charge de l’affaire, Geraldine Mund, a donné son accord pour que soit validée l’offre en question.

Cet article pourrait s’arrêter ici, scellant le record du montant public le plus important jamais payé pour un nom de domaine « nu » (sans site web associé).

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Lancement du site ingenieurs.fr

Ceux qui connaissent un peu la région Rhône-Alpes, le football et les vieilles légendes savent combien il est difficile pour un Stéphanois de faire l’éloge d’une réalisation d’un voisin lyonnais (et vice versa). Comme l’ASSE a remporté le dernier derby à Gerland, je vais quand même (faire semblant de) me forcer et féliciter Thierry Debarnot et toute l’équipe de Media Etudiant pour le lancement du dernier poulain du groupe : ingenieurs.fr

ingenieurs.fr, ingenieurs.com, deux noms de domaine, même combat

MediaEtudiant.fr est la première communauté étudiante de France. Quoi de plus logique dès lors que d’avoir opté pour le nom de domaine de premier choix ingenieurs.fr pour bâtir la première communauté d’étudiants ingénieurs en France ?

L’ex étudiant en lettres/langues que je suis aurait bien du mal à vous parler des formations d’ingénieurs et des métiers d’ingénieurs comme si c’était une deuxième nature, mais les passionnés pourront échanger à loisir sur le forum d’ingénieurs.fr et, s’ils souhaitent donner un nouvel élan à leur carrière, consulter la rubrique emploi du site pour décrocher un stage ou trouver leur bonheur parmi les dernières offres.

Après le lancement très médiatisé de devoirs.fr, Media Etudiant montre une fois encore son attachement aux noms de domaine génériques de qualité. De mon côté, je suis heureux d’avoir pu les aider à faire l’acquisition de l’indispensable version en .com d’ingenieurs.fr. Je constate d’ailleurs qu’ingenieurs.com est l’URL officielle du site, bien que la communication soit centrée sur ingenieurs.fr. Dans tous les cas, l’espace est idéalement occupé puisque la seule carte manquante au carré – ingenieur.com – redirige sur ingenieur.de, un site en allemand qui ne devrait ni faire d’ombre à Media Etudiant, ni changer de main de sitôt.

À noter également, d’un point de vue « domainistique », que le groupe a su se donner les moyens de ses ambitions puisque les trois spécimens ingenieur.fr + ingenieurs.fr + ingenieurs.com ont été négociés sur le second marché (montants confidentiels). Il ne fait aucun doute que l’investissement sera rapidement rentabilisé pour le spécialiste du secteur au vu de la croissance soutenue des sites de son réseau. L’un des nombreux reporters de Blogodomaines qui parcourent le globe sans relâche à la recherche des derniers scoops en matière de noms de domaine a d’ailleurs pu retrouver M. Debarnot himself dans les tribunes de Gerland et recueillir quelques mots de sa part en exclusivité :

Je souhaitais lancer un site de niche innovant à destination des ingénieurs car les écoles nous ont sollicité à plusieurs reprises sur ce sujet. Pour nous imposer rapidement comme une marque incontournable auprès des jeunes et des étudiants ingénieurs, et aussi faciliter la commercialisation des espaces, je ne voyais pas de meilleur moyen que d’investir dans le couple de noms de domaine ingenieurs.fr/ingenieur.fr. Hasard du calendrier, quelques semaines seulement après la finalisation des négociations sur les deux .fr, ingenieurs.com était mis aux enchères; j’ai donc eu le plaisir de négocier son acquisition avec mon voisin stéphanois (enfin suisse plutôt) Rémy chez Virtual Network.

Et à peine 3 mois plus tard, Thierry est en passe de conquérir le monde avec son joyau, rendez-vous compte !

Ceux d’entre vous qui souhaitent en savoir plus sur l’initiative ingenieurs.fr peuvent contacter Thierry via l’espace presse du site ou consulter le communiqué de presse publié spécialement pour l’occasion. A écouter également, une excellente interview audio du fondateur sur FrenchWeb.fr.

Longue vie à ingenieurs.fr, bonne chance à Media Etudiant pour la suite et impatient de voir le prochain category killer de la maison !

Vous prendrez bien un morceau d’histoire ?


Imaginez avoir dans votre portefeuille l’un des anciens noms de domaine de Mark Zuckerberg himself ! Et pas le moindre, « l’ancêtre » de Facebook. Plutôt cool comme collector, non ? Et bien si mettre la main sur un tel morceau d’histoire est aujourd’hui un rêve pour vous, vous avez les moyens de le réaliser.

Enfin, « les moyens »… on se comprend : il vous en coûtera quand même la bagatelle de quelques dizaines (voire centaines) de milliers de dollars. Ce nom de domaine, c’est FaceMash.com.


Comment faire pour vous en emparer et frimer devant vos amis ? Rien de plus simple, rendez-vous sur le site d’achat-vente de noms de domaine et de sites web Flippa.com et déposez votre offre en ligne ! Des 5 offres reçues jusque là par le vendeur, la plus haute s’élève à $19 000. Détail d’importance : le prix de réserve de $8 000 ayant d’ores et déjà été atteint, le nom de domaine sera vendu quoi qu’il advienne dans un peu plus de 18 jours. De quoi laisser le temps à la mayonnaise de monter un peu. D’ici là et moyennant un chèque de $125 000, l’intéressé vous laisse même rentrer chez vous avec votre nouveau joujou, sans discuter davantage. Un tiens vaut mieux que deux tu l’auras, aussi bien pour lui que pour vous.

facemash

Vous vous demandez si Mark Zuckerberg en personne a mis ce nom de domaine en vente pour passer le temps, financer sans trop se fouler une petite soirée entre amis ou faire parler les curieux comme moi ? Il n’en est rien. Il semblerait en fait que le fondateur de Facebook ait tout simplement laissé expirer le nom de domaine FaceMash.com il y a plusieurs années. Laisser tomber un collector de ce calibre comme une vieille chaussette, c’en est presque triste. En tous cas, ça n’a pas fait que des malheureux puisque le premier arrivé à l’expiration de ce nom a, comme le veut la règle, été le premier (et le seul) servi. Il a dès lors gagné le droit de disposer librement du nom de domaine. Et après avoir loué celui-ci pendant un temps pour $100/mois à un réseau social alternatif en phase de lancement, il semblerait que notre ami ait décidé d’arrêter l’aventure et de passer à autre chose.

Petit détail sympathique : le nom de domaine FaceMash.com a même joué les premiers rôles dans le film « The Social Network », relatant l’histoire de Facebook. Le long métrage fait notamment la part belle au nom de domaine durant la scène d’ouverture. Selon le vendeur, cette seule exposition bonus aurait causé un pic de trafic quotidien à plus de 1000 visites/jour lors de la sortie du film, contre 600 vues/mois en temps normal. Plutôt bon marchand, le propriétaire attire notamment l’attention des intéressés potentiels sur le fait que Sony Pictures est titulaire de la version équivalente en .net, FaceMash.net.

Comme l’affaire pourrait paraître un peu trop grosse pour être vraie, le vendeur renvoie à l’historique du whois du nom de domaine pour prouver qu’il a bien appartenu un temps au plus jeune milliardaire du monde (selon le classement Forbès 2010).

Bon, puisqu’il faut bien trouver des défauts à ce nom de domaine, notons qu’il n’abritait pas exactement la réplique originelle de Facebook. C’eut été différent pour TheFacebook.com, qui était pour le coup l’ancien nom de Facebook.com version old school. Non, FaceMash était en fait un programme que le petit Mark avait écrit pendant ses années d’errance à Harvard, programme s’apparentant à un « hot or not ? ». Je laisse les plus curieux se délecter de l’intégralité de l’histoire sur http://en.wikipedia.org/wiki/Facebook (§ History)

Souhaitons bonne chance au vendeur ! Et à l’acheteur aussi, car il risque de devoir suer un peu pour arriver à ses fins. Et tant qu’on y est, félicitons Flippa.com pour ce joli coup de pub !

Pour suivre la fin de l’histoire, c’est par ici : enchères FaceMash.com

UPDATE : le nom de domaine a finalement été adjugé pour $30,201 (soit près de 22 900€) à l’issue des enchères le 25 octobre 2010. Il est désormais hébergé chez Network Solutions, avec des coordonnées whois en partie masquées mais laissant transparaître le nom d’un certain Sean Kelly en contact administratif. FaceMash.com redirige actuellement vers une page parking NetSol.

Une aiguille dans une botte de foin

Strohballen - Hay baleIl y a près de 200 millions de noms de domaine enregistrés sur Terre, et il y a le vôtre.

Il y a quelques dizaines de milliers de noms de domaine qui s’échangent chaque année sur le second marché, et il y a le vôtre. Les vôtres, tout au plus.

Il y a des douzaines d’extensions représentées dans les listes de ventes hebdomadaires de noms de domaine, et il y a celles sur lesquelles vous êtes positionné. Il y a celles qui marchent bien, mais auxquelles vous n’êtes pas éligible. Et celles dont vous auriez juré qu’elles seraient porteuses, mais qui se révèlent être un fiasco.

Il y a les langues qui reviennent le plus souvent dans les listes de noms de domaine vendus, et il y a votre langue maternelle. Et d’autres que vous maîtrisez plus ou moins, tout au mieux.

Il y a une multitude d’utilisateurs finaux potentiels pour votre nom de domaine, et il y a tous ceux qui n’en ont pas besoin. Il y a aussi ceux qui ignorent ce qu’est un nom de domaine, ceux qui ne savent pas qu’il existe un second marché, ceux qui ignorent ce qu’est un whois et ceux qui ne vous approcheront pas par pur principe, parce qu’ils vous considèrent comme un receleur. Parmi eux, certains auraient pourtant l’envie et les moyens d’acquérir votre nom de domaine.

Il y a foison d’investisseurs en noms de domaine, professionnels ou amateurs. Et il y a vous.

Il y a tous les jours des dizaines d’opportunités d’enrichir judicieusement votre portefeuille de noms de domaine, et il y a celles que vous serez assez présent/perspicace/chanceux pour voir passer. Mais il y a surtout celles que vous raterez, faute de temps, d’argent ou d’autre chose.

Il y a ceux qui ont de la chance, et ceux qui en ont moins. Ceux qui étaient devant leur PC connecté à Internet en 1995, et ceux qui n’avaient même pas conscience de l’existence de ce média révolutionnaire. Il y a ceux qui avaient senti le second marché des noms de domaine mais qui n’avaient pas suffisamment de fonds pour s’y lancer, et ceux qui au contraire avaient l’argent mais pas le flair pour mettre la main sur les meilleurs noms. Il y a même ceux qui avaient les deux, mais qui comme vous ne disposaient que de 24 heures par jour. Tout le monde regrette aujourd’hui, les premiers comme les derniers.

Il y a ceux qui perdent des procès sur des noms de domaine génériques, et d’autre qui empilent les domaines litigieux sans n’être jamais inquiétés.

Il y a ceux qui savent programmer des machines pour les aider dans leur entreprise, et ceux qui n’en ont pas les moyens techniques, intellectuels ou financiers. Il y a ceux que les machines qu’ils ont programmées mènent par le bout du nez et entraînent vers le fond. Et ceux qui se hissent vers le haut à la seule force de leur soif d’apprendre, de leur instinct et de leur perspicacité.

Il y a ceux qui ont de gros budgets et les dilapident en un rien de temps, et ceux qui n’en ont que de très modestes mais les dépensent intelligemment.

Il y a des portefeuilles de plusieurs centaines de milliers de noms de domaine, et il y a le vôtre, fort d’une centaine de brebis tout au plus. Peut-être n’avez-vous même qu’un seul nom de domaine sur lequel vous avez tout misé ?

Il y a des noms de domaine médiocres qui se vendent toutes les semaines, et des domaines de qualité qui dorment dans votre portefeuille depuis des lustres.

Il y a ceux qui enregistrent un nom de domaine et le vendent le lendemain, et ceux qui emporteront la quasi-totalité des leurs dans la tombe.

Il y a les mauvaises affaires qui ont des airs de bonnes, et les bonnes des airs de mauvaises.

Il y a les négociations qui aboutissent, et toutes celles qui échouent.

Il y a un gâteau manifestement copieux, et la part que vous allez en manger. Une maigre part, dans tous les cas. Pas une miette, dans le pire – et finalement pas si rare – d’entre eux.

Ne vous laissez pas aveugler par le marché, car vous ne l’égalerez jamais. Peu importe à quel point vous pourriez le connaître ou même le prédire.

Observez-le, mais gardez à l’esprit que c’est lui qui vous dictera sa loi.

D’un côté, il y a le marché. De l’autre, vous et vos noms de domaine. Vous êtes comme une aiguille dans une botte de foin.

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Creative Commons License crédit photo : Roberto Verzo