Faites-vous un nom (.fr) !

Cette fin de mois de novembre est décidément riche en évènements du côté de l’AFNIC : après avoir publié récemment l’édition 2010 de son observatoire du marché des noms de domaine en France – ou faudrait-il dire « des marchés » car cette étude consacre pour la 3ème fois consécutive* un chapitre au second marché – le registre du .fr a lancé hier une nouvelle campagne de communication destinée à promouvoir le .fr.

Du changement dans le contenu par rapport à la dernière édition, mais le support de communication reste le même : faites-vous-un-nom.fr (au sens propre, hein).

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GoDaddy à vendre (?)

Si le sujet n’a pas (encore) été vastement abordé dans la presse spécialisée francophone, la nouvelle a pourtant fait l’effet d’un coup de tonnerre chez nos voisins américains. Et il y a de quoi : GoDaddy.com, le premier registrar au monde par la taille – et de loinest serait à vendre. C’est en tous cas ce qui a été annoncé hier par le très sérieux Wall Street Journal. Sans que l’information n’ait encore été confirmée par du leader mondial de l’enregistrement de noms de domaine, elle semble émaner de personnes proches du dossier, comme il est coutume de les appeler dans ce genre de scénarios improbables. Ces sources affirment que la banque d’investissement Qatalyst Partners a été mandatée par Bob Parsons, fondateur et actionnaire unique de GoDaddy, pour trouver un repreneur à l’issu d’une mise aux enchères qui pourrait générer des offres avoisinant le milliard de dollars (source WSJ)

De prime abord, il me semble qu’il est de mise de prendre cette annonce avec la plus grande prudence : l’information n’a, encore une fois, pas été confirmée par les responsables de GoDaddy. Elle semble par ailleurs en décalage avec l’actualité d’une société dont il était question il n’y a pas si longtemps (en 2006, tout de même) qu’elle s’introduise en bourse. Le fantasque Bob Parsons avait quelques mois plus tard annoncé sur son blog qu’il renonçait à cette manœuvre dont GoDaddy n’avait selon lui `pas besoin´, en raison notamment des excellents résultats de l’entreprise et des conditions de marché loin d’être optimales à l’époque (que faudrait-il dire aujourd’hui ?)

GoDaddy aurait pourtant eu depuis 2006 l’occasion de revenir sur le front de l’introduction en bourse. Bob Parsons lui même avait d’ailleurs laissé entendre que la probabilité de ressortir le dossier des tiroirs n’était pas inexistante. Après tout, toutes les conditions avaient à l’époque été validées par l’autorité de régulation des marchés et la situation financière de GoDaddy ne semble pas s’être dégradée depuis, loin s’en faut. Le registrar, connu pour ses opérations marketing aussi « torrides » que coûteuses (les fameux spots TV à la mi-temps de la finale du Superbowl), possède actuellement une part monstrueuse de plus de 30% du marché ultra-concurrentiel de l’enregistrement de noms de domaine. Aujourd’hui, près d’un  nouveau nom de domaine sur deux est enregistré chez GoDaddy. La société emploie plus d’un milliers de collaborateurs, s’est diversifiée avec succès dans les prestations d’hébergement, les solutions e-commerce et même le second marché des noms de domaine.

Alors pourquoi vendre si tout va bien ? A moins qu’il ne faille retourner la question ainsi pour y voir plus clair : pourquoi attendre pour vendre si GoDaddy a atteint le haut d’une vague dont il ne peut désormais que redescendre ? C’est à vrai dire la seule perspective qui me semble à ce jour permettre de comprendre la situation décrite par le Wall Street Journal. En l’espèce, celle-ci me semble essentiellement dictée par le destin de son fondateur et actionnaire unique. Bob Parsons a aujourd’hui la soixantaine passée. Depuis 1997, il s’est évertué à faire de GoDaddy le leader incontesté de l’enregistrement de noms de domaine et un acteur incontournable sur les secteurs satellites, notamment l’hébergement et la commercialisation de certificats SSL. On peut imaginer que notre ami Bob, qui n’est manifestement pas du genre à faire dans la demi-mesure, ne se sente pas d’attaque pour le challenge de la prochaine décennie. Qui pourrait lui en vouloir ? Après tout, il est seul capitaine à bord et a visiblement mené la barque très convenablement jusque là. Pourquoi ne pas laisser la barre à quelqu’un d’autre, quitte à ce que se soit à un inconnu ?

A supposer qu’il ne s’agisse pas d’un bruit de couloir infondé et que GoDaddy soit effectivement vendu aux enchères dans les mois à venir, une chose est sûre : le paysage du premier marché des noms de domaine s’en trouverait sensiblement changé. Si un concurrent parvenait à faire main basse sur la société, alors ce ne serait vraisemblablement pas un outsider compte tenu du prix en jeu (il est question d’un milliard de dollars, mais cette somme correspondrait davantage à un prix de réserve qu’à un prix de vente d’après moi, compte tenu des $800 millions de chiffre d’affaires déclarés par GoDaddy en 2009); ce qui signifierait une consolidation du « portefeuille » de deux mastodontes et l’avènement d’une sorte de super-puissance des noms de domaine. Si GoDaddy était racheté par un acteur étranger au marché des noms de domaine – je pense notamment à un fonds d’investissement – alors son destin s’en trouverait là aussi grandement modifié. Bob Parsons n’a sans doute pas mené seul GoDaddy au succès, et le capital humain de la société a donc certainement un rôle important à jouer, mais ne dit-on pas qu’un troupeau n’est pas grand chose sans son berger ? Bob peut certes transmettre son bâton et quelques chiens du meilleur pédigrée, mais la transhumance ne sera pas pour autant vouée au succès pour le repreneur. Cela demeurerait un challenge des plus motivants.

Quoi qu’il en soit, il s’agit à n’en point douter d’un dossier à suivre de près pour les acteurs du premier comme du second marché des noms de domaine. J’ose demander qui d’entre vous n’a pas au moins un nom de domaine en gestion chez GoDaddy ?

Les noms de domaine en .de d’1 et 2 caractères mis sur le marché !

La nouvelle a fait l’effet d’un petit coup de tonnerre dans le microcosme du nommage germanique. Avant-hier, le Denic (registre du .de / équivalent allemand de l’AFNIC) a annoncé dans un communiqué de presse qu’il serait désormais possible d’enregistrer des noms de domaine en .de composés d’1 et de 2 caractères, ainsi que de chiffres. Ce type de noms de domaine était jusque là gelé par le registre allemand.

Ce mini-landrush aura lieu le 23 octobre 2009 à 9 heures précises et c’est la (bonne vieille) règle du premier arrivé, premier servi qui s’appliquera.

Il est intéressant de noter que le registre allemand n’a pas opté pour la méthode la plus en vogue ces derniers temps, à savoir celle d’une mise aux enchères. On ne pourra donc pas accuser le Denic de privilégier l’aspect mercantile. Les premiers servis ne seront donc pas les plus offrants, mais bien les plus rapides. La lutte technique et stratégique risque donc d’être belle. Les moyens visant à augmenter les chances d’obtenir son sésame sont divers et variés. Parmi eux, passer commande auprès d’un grand nombre de registrars – si possible en alternant les gros et les plus petits – pour espérer faire mouche chez Pierre si Paul n’est pas assez prompt.

Mais nous ne sommes plus en 1995 : aujourd’hui, les enjeux sont tels que même les registrars eux-mêmes participent parfois aux landrush (avec l’avancée technologique et administrative qui est la leur) pour alimenter leurs portefeuilles privés. De là à qualifier la manœuvre de délit d’initié…

Sedo va encore plus loin en se positionnant comme intermédiaire dans cette mini-ruée vers l’or. Le leader mondial de l’achat-vente de noms de domaine, d’origine allemande, ne pouvait pas laisser passer cette occasion rêvée de faire du buzz.

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Un condensé de .FR

Pour ceux qui auraient raté l’info, l’AFNIC a mis en ligne fin février sur son site Internet une synthèse en 4 pages de son traditionnel Observatoire du marché des noms de domaine en France, dont l’édition 2008 était parue dans son intégralité le 25 novembre dernier. Un document qui ravira sans doute les pressés, les minimalistes et les sélectifs lorsqu’on sait que le rapport original comporte 112 pages.

S’il ne fallait retenir que les points mentionnés dans cette synthèse, on noterait alors que :

  • le .FR est l’extension favorite des Français
  • les dépositaires de noms de domaine en .FR sont de (toujours plus) jeunes particuliers (les vieilles entreprises apprécieront)
  • le marché des bureaux d’enregistrements (registrars) se consolide, tant au niveau de leur nombre que de leurs activités et de leurs tarifs
  • le second marché est de plus en plus dynamique
  • la plupart des noms de domaine en .FR pointent vers deux DNS actifs et que moins de 0,5% utilise le protocole IPv6
  • près d’un nom de domaine en .FR sur deux est utilisé à des fins professionnelles, le reste étant réparti entre sites personnels (5%), pages d’attente (17%), pages parking (6%). Les quelques 20% restants correspondant a priori à des noms de domaine inutilisés/inactifs.
  • le .FR a de beaux jours devant lui, principalement car il est parti de loin et que là où l’extension .DE s’est plutôt popularisée au début des années 2000 par exemple, le .FR n’a peut-être pas encore connu son heure de gloire.

Rendez-vous en novembre 2009 pour voir si le marché des noms de domaine en France aura tenu toutes ses promesses. Je le lui souhaite !

DNS-News.fr / Edito Janvier 2009 : Second marché en pleine forme et nouvelles extensions en panne

Dans la dernière édition de son excellente newsletter mensuelle, Loic Damilaville de DNS-News.fr nous gratifie d’un édito de qualité sur la santé actuelle du second marché des noms de domaine et sur les difficultés d’avancement du planing des nouvelles extensions.

L’article complet est disponible au lien suivant.

Depuis maintenant plus de 10 ans, Loic – notamment adjoint au Directeur Général de l’AFNIC et fondateur du Club Noms de domaine – analyse sans relâche l’évolution du marché des noms de domaine et de la gouvenance de l’internet. Il est également l’auteur du Livre blanc sur la gestion des noms de domaine, un ouvrage à mettre entre toutes mains !

Évolutions des règles et des procédures d’enregistrement pour .fr et .re le 30 mars 2009

Parue à l’instant sur le site de l’AFNIC, une (bonne) nouvelle importante concernant l’évolution des règles et des procédures d’enregistrement pour les noms de domaine en .fr et .re :

*** DÉBUT DU COMMUNIQUÉ AFNIC ***

Le développement considérable de .fr, les évolutions du secteur international des noms de domaine et les pratiques des utilisateurs conduisent l’AFNIC à simplifier les règles d’enregistrement ainsi que les procédures pour les domaines .fr et .re.

Nouveautés dans les procédures d’enregistrement

Dans le cadre de la simplification et de la standardisation des procédures de travail avec les bureaux d’enregistrement, l’AFNIC mettra en place à compter du 30 mars 2009 le protocole EPP. (qu’est-ce que c’est ?)
La mise en œuvre de cette nouvelle interface d’enregistrement s’effectue en étroite collaboration avec les bureaux d’enregistrement depuis plus d’un an.

Elle s’accompagnera également de changements importants, notamment dans le délai de rédemption (qui passera de 7 à 30 jours), l’identification du titulaire, les modalités de changement de bureau d’enregistrement (transfer) d’un nom de domaine et le code d’autorisation unique (auth_info) qui devra être transmis à chaque titulaire de nom de domaine.

Autre changement majeur : l’état d’un nom de domaine.
L’AFNIC distinguera désormais l’enregistrement de l’activation d’un nom de domaine. À l’heure actuelle, l’enregistrement d’un nom de domaine n’est valide qu’après sa publication dans l’annuaire Whois et sur les serveurs DNS. À compter du 30 mars, un domaine pourra être uniquement enregistré, c’est-à-dire publié dans Whois et ensuite, de façon optionnelle, activé dans le DNS.

Pour plus d’informations, vous trouverez la première version du nouveau guide des procédures (1,5 Mo) qui entrera en application en mars.

Nouveautés dans les conditions d’enregistrement

Parallèlement à ces changements, une nouvelle charte de nommage pour les domaines en .fr et pour les domaines en .re entrera en vigueur le 30 mars 2009.

L’enregistrement directement sous .fr et .re sera priviligié et les principaux changements porteront sur les sous-domaines, avec l’objectif de les simplifier :

  • Les sous-domaines .nom.fr et .nom.re (réservés aux personnes physiques) ne seront plus disponibles à l’enregistrement ; les noms de domaine existants seront cependant conservés.
  • Les sous-domaines .prd.fr (dédié aux projets de Recherche et Développement) et .presse.fr (destiné aux organismes de presse) seront également fermés à l’enregistrement ; les noms de domaine existants seront à moyen terme supprimés.
  • Seules les conventions de nommage agglo-nom.fr, cc-nom.fr, ville-nom.fr, mairie-nom.fr, cg-nom.fr, cr-nom.fr seront conservées et soumises à un enregistrement autorisé. Les autres conventions seront amenées à être abandonnées.
  • Les domaines sectoriels ne seront pas oubliés : l’AFNIC consacrera l’année 2009 à leur migration progressive. Des contacts avec les différents responsables de ces domaines ont d’ores et déjà été établis.

À propos de l’AFNIC

(Association Française pour le Nommage Internet en Coopération)

Association à but non lucratif, l’AFNIC est l’organisme chargé de la gestion administrative et technique des noms de domaine .fr et .re, suffixes internet correspondant à la France et à l’Île de la Réunion.
L’AFNIC est composée d’acteurs publics et privés : représentants des pouvoirs publics, utilisateurs et prestataires de services Internet (bureaux d’enregistrement).
En savoir plus

*** FIN DU COMMUNIQUÉ AFNIC ***

Sans rentrer dans des considérations d’ordre technique, ce changement devrait permettre la fluidification des procédures de transfert de .fr, et donc des échanges sur le second marché. Un excellent contre-exemple est le .es, tellement coton a transférer avec ses liasses documentaires à faxer que même les domaineurs les plus expérimentés sont réticents à vendre (à prix bas, surtout) sachant les péripéties qui les attendent.

L’une des particularités du système actuel est également la période d’expiration de 7 jours (24h jusqu’à il n’y a encore pas si longtemps), qui s’alignerait donc sur ce qui se fait généralement sur les autres extensions en passant à 30 jours. Ce qui devrait amener les adeptes du « snap » (récupération automatisée de noms de domaine à l’instant de leur expiration) à revoir quelque peu leurs modèles – ou tout au moins à les adapter –

Gageons qu’une fois le nouveau système éprouvé, certains proposeront un système de backordering de .fr au grand public – là où ils l’ont pendant des mois/des années utilisé de manière artisanale à des fins personnelles.

Time will tell :o)

2009 sera…

the bowlCreative Commons License photo credit : pyero

Ça y est, les vacances touchent à leur fin. Et l’année aussi. Comme ce radin de Père Noël n’a pas voulu me prêter son traîneau pour rentrer chez moi, c’est en avion que je rallierai Cologne dès ce soir au terme d’une appréciable semaine de repos dans mon Forez natal.

Les fins d’année sont connues pour être toujours propices aux rétrospectives, résolutions et réflexions en tous genres (euh, je viens de faire une allitération là ???). Ayant déjà laissé trop de plumes dans certains regards vers l’arrière, je vous propose aujourd’hui un exercice de projection dans le futur.

Rassurez-vous, je n’ai nullement l’intention de dresser la liste de mes résolutions pour l’année à venir. Quand bien même j’aurais déjà réfléchi moi-même à ce que je compte m’imposer (par la force s’il le faut) en 2009, vous vous ennuieriez à mourir. Et puis les résolutions qu’on ne prend pas sont autant de résolutions qu’on ne risque pas de ne pas tenir (vieux proverbe Grolandais aux vertus embrouillantes).

Le but de la manœuvre du jour est simplement de sortir ma blogoboule de cristal laissée au placard la plus grande partie de l’année pour jouer les Madame Soleil des noms de domaine pour 2009. Prenez place, fermez la porte derrière vous, assurez-vous qu’aucun enfant n’écoute, sentez-vous libre de laisser un pourboire avant même d’entendre ma prophétie et n’hésitez pas à me rouer de coups en commentaires une fois mes inepties intégralement déblatérées.

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Premières Rencontres Internationales des Noms de Domaine

Annoncées vendredi, les Premières Rencontres Internationales des Noms de Domaine se tiendront les lundi 26 et mardi 27 janvier 2009 au Forum de Grenelle à Paris.

Organisé par le Mailclub et Sedo, cet évènement unique en son genre et parrainé par l’AFNIC à pour vocation de réunir sous un même toit l’ensemble des acteurs de l’écosystème des noms de domaine.

L’idée directrice est donc de rassembler. Pourquoi ? Charles (directeur et fondateur du Mailclub) et moi-même y voyons plusieurs raisons, qui pourraient se résumer dans le triptyque connaître – comprendre – apprendre.

« Connaître » car la méconnaissance est à mes yeux l’un des poids qui empêche parfois le marché  des noms de domaine de s’affirmer pleinement. Et je ne parle pas seulement de la méconnaissance des protagonistes entre eux, mais également de l’espèce de bulle hermétique dans laquelle j’ai parfois l’impression d’évoluer. Le nom de domaine est un produit grand public qui, se trouvant à la base de toute présence sur Internet, n’a donc aucune raison de n’être familier qu’à une poignée d’initiés.

« Comprendre » car même si des progrès considérables ont été réalisés en la matière ces dernières années, la manière de penser et de travailler des uns est encore mal comprise par les autres. Et j’y vois, à terme, un risque de retour en arrière. Alors même que beaucoup ont fait un effort de compréhension et de tolérance jusqu’à présent, certaines lignes ont été et sont encore manifestement plus difficiles à bouger. Avec pour conséquence un soupçon de frustration et de résignation chez certains.

« Apprendre » car le marché des noms de domaine est encore jeune et que ses acteurs ont jusqu’à présent plutôt travaillé chacun dans leur coin. Beaucoup maîtrisent parfaitement leur sujet  mais ne se sont pas nécessairement demandé en quoi complémentarités et synergies avec leurs voisins de palier pourraient leur permettre d’élargir leur champ de connaissances, voire de compétences.

A qui s’adressent ces Rencontres ? Pour faire simple, à tous ceux qui ont le nom de domaine pour dénominateur commun. Et pas seulement les « distributeurs » du marché que sont registres, registrars et plateformes d’achat-vente et monétisation trafic. Spécialistes du marketing/publicité online, juristes et investisseurs en noms de domaine sont également des candidats tous désignés. Et la liste s’allonge si l’on y ajoute webmasters, consultants en stratégie de nommage, responsables informatiques, spécialistes en référencement, ISP’s, moteurs de recherche, développeurs, spécialistes de l’e-commerce et consorts…

J’invite donc tout ce petit monde à profiter de l’opportunité pour sortir de sa tanière. Et particulièrement les investisseurs en noms de domaine, pour qui l’évènement constitue à mes yeux une formidable opportunité d’expliquer leur travail et/ou leur passion. En plus, je suis certain qu’il y a des orateurs et des pédagogues très doués parmi vous !

Pour ma part, j’aurai le plaisir d’animer quelques sessions dédiées au second marché des noms de domaine et de participer à certains panels de discussion. Plus d’informations sur le programme et les intervenants suivront dans les jours à venir, restez branchés !

Si vous avez des questions ou des suggestions concernant ces Rencontres, elles sont les bienvenues ici-même ou par e-mail.

D’ici là, je me réjouis de revoir les uns et de rencontrer les autres :o)

Juin 2008, quand le nommage internet a changé d’ère

J’avais déjà eu l’occasion de présenter ma vision des potentielles conséquences sur le second marché d’une multiplication des extensions telle qu’annoncée par l’ICANN lors de sa dernière réunion à Paris en juin dernier.

Alors que le prochain meeting du Caire approche à grand pas, les spéculations des premiers jours ayant suivi l’annonce font peu à peu la place à des approches plus analytiques et constructives. A l’heure où les premières manœuvres sont engagées dans les hautes sphères de la Gouvernance, entreprises et spécialistes des noms de domaine se demandent comment se préparer au mieux à ce potentiel changement de donne.

C’est ainsi que Charles Tiné, Directeur et Fondateur du Mailclub, a récemment sorti sa plume et rédigé une pièce en 4 actes visant à présenter son approche de ce qu’il n’hésite pas à qualifier de changement d’ère dans l’histoire du nommage Internet.

Il y analyse notamment les impacts de la libéralisation sur la stratégie de nommage des entreprises, le potentiel technique et marketing des CorpTLD (appellation choisie en référence aux gTLD, ccTLD et autres sTLD), le nommage à deux vitesses qui naîtrait d’un tel système et l’importance de l’appréhension des futures extensions par les moteurs de recherche.

Un article qui vaut le détour et que Charles m’a donné l’aimable autorisation de reprendre sur Blogodomaines.

Pour ma part, ma position de Saint-Thomas n’a pas singulièrement changé… une occasion de plus pour le marché des noms de domaine de me surprendre ;o)

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Ex.tensions…

Jamais, de mémoire de (jeune) passionné des noms de domaine, une annonce n’avait suscité autant d’attention sur et en dehors du marché.

Tout est parti d’une interview accordée aujourd’hui au journal Les Echos par Paul Twomey, Président de l’ICANN, dans laquelle est abordée la question controversée de la multiplication des extensions.

Et quelle interview ! On y apprend que l’ICANN s’est fixé pour « enjeu clé » de sa 32ème réunion internationale se tenant actuellement à Paris la « libéralisation des extensions génériques sur Internet ». Rien de bien nouveau à première vue, simplement une manière ronflante de rappeler que l’introduction de nouveaux TLDs est l’un des principaux leviers du développement de l’espace de nommage à l’échelle mondiale.

Sauf que Paul Twomey va plus loin dans sa réflexion et enchaîne :

dès le premier trimestre de 2009, les 1,3 milliard d’internautes pourront acquérir des adresses génériques, en déposant des mots courants comme .amour, .haine ou .ville ou encore des noms propres, comme .lesechos, par exemple.

Le ton est donné. La nouvelle fait l’effet d’un coup de trafalgar et ne tarde pas à se propager sur la toile comme un feu de brousse. Le Monde, L’Express, La Tribune, L’Expansion et bien d’autres encore y vont de leur article. Et à l’heure où j’écris, le petit écran a sans doute pris le relais.

Info ou intox ? Si l’on ne peut occulter l’effet « coup de pub » souhaité par Paul Twomey (et le journal Les Echos, ce qui n’a pas échappé à Jean-Marie Leray) à l’heure où les pontes du nommage débarquent au Méridien Montparnasse, on ne peut pas non plus prendre la nouvelle à la légère. Un vent de révolution soufflerait-il sur le marché des noms de domaine et l’Internet en général ? Je laisse chacun se faire sa propre opinion, les lectures de chevet ne manquant pas.

Mais quid de l’impact d’une telle annonce – si l’ICANN devait aller au bout de ses ambitions annoncées – sur le second marché des noms de domaine ? Je dois dire que jamais en 5 ans d’expérience dans le milieu on ne m’avait autant demandé mon avis qu’aujourd’hui. La nouvelle a donc au moins le mérite de faire l’effet un coup de pied dans la fourmilière.

Ma première réponse serait : « du calme« . Le brouhaha médiatique sévissant depuis ce matin a eu pour effet premier d’éveiller les sens du fameux 1,3 milliard d’internautes qu’évoque Twomey dans son intervention. Loïc Damilaville souligne à juste titre dans une interview accordée aujourd’hui à 01net qu’il devrait se passer quelques mois (années) entre les mots et les actes éventuels :

La définition des conditions requises pour y participer sera finalisée vers la fin de 2008 ou le début de 2009. Une phase d’appel devrait avoir lieu l’an prochain, avec une validation des premiers dossiers à l’automne. Mais il ne faut pas s’attendre au lancement des premiers sites avec ces nouvelles extensions avant le premier trimestre 2010.

Soit presque deux ans, autant dire une éternité dans l’écosystème des noms de domaine.

Soyons fous et imaginons une prolifération rampante des fameuses « nouvelles extensions » (qui par essence ne seront pas nouvelles bien longtemps, et je crois que c’est là leur principal talon d’Achille) : .amour, .gloire et .beauté, dans sa version star.wars. Quelles conséquences sur le second marché ? J’en vois plusieurs :

  • à court terme, la confusion et certainement une baisse généralisée des prix. L’effet poudre aux yeux fera croire à tous ceux qui ont raté le train du .com (voire du .fr, en France) qu’un original mapetite.entreprise leur donnera la clé des champs. Les investisseurs en noms de domaine auront donc encore plus de difficulté à prêcher pour leur paroisse qu’aujourd’hui.
  • à moyen et long termes, un renforcement de la popularité, de la crédibilité et donc de la valeur du .com : je ne suis pas sociologue mais je crois que lorsqu’une communauté (en l’occurrence, celle des internautes) est déboussolée – et autant dire qu’il y aurait matière à perdre le Nord – elle se raccroche à des fondamentaux. A mes yeux, le .com a tout pour représenter la Grande Ourse dans la purée d’étoiles générée par le Big Bang annoncé. D’autres extensions comme le .net voire le .org pourraient également tirer leur épingle du jeu.
  • un coup fatal pour les extensions déjà sous respiration artificielle depuis quelques temps. Quelques exemples parmi d’autres : .biz, .ws, .dj.
  • des départs encore plus poussifs qu’à l’accoutumée pour de nouvelles extensions qui pour le coup auraient eu toutes leurs chances sous l’ancien régime. Le .tel ne paye déjà pas de mine en ce lundi 23 juin 2008, mais qu’en adviendra-t-il quand il se noiera dans la masse des .telephone, .mobile et .portable en 2019 ? Allô la Terre ? ici l’ICANN !
  • des feux de brousse spéculatifs sans lendemain. Pour comprendre, répétez l’histoire du .eu et décalquez-là sur des centaines d’extensions : les domainers les moins expérimentés sauteront de joie lorsqu’ils verront des cours.bourse, billet.avion et autres attrape.nigauds libre de tout marquage. Et oublieront par la même deux fondamentaux : qui va leur racheter leurs pépites si l’extension n’est pas utilisée instinctivement par les internautes et quand bien même elle le serait un minimum, pourquoi racheter cours.bourse quand bourse.cours est libre ?
  • conséquence directe de la cupidité de certains, une hausse du cybersquatting et des pratiques assimilables. Le domaineur avisé est raisonnable, mais au prix où les noms de domaine sont commercialisés, l’internaute Pierre ou Paul n’y réfléchira pas à deux fois lorsqu’il verra un sncf.voyages scintiller sous ses yeux ébahis. Et les entreprises de s’arracher les cheveux. Et les juristes de se frotter les mains.
  • Une pagaille monstre dans les « flux de domaines ». Comprendre par là que trouver un acheteur est une chose, mais transférer un domaine en est une autre. Quand je vois que certaines extensions donnent tellement de fil à retordre côté transfert aux plateformes spécialisées qu’elles vont jusqu’à les refuser purement et simplement, je me dis que faire changer de main un cadeau.empoisonné sera l’enfer.
  • donc à terme, une méfiance et un scepticisme généralisés des acteurs du second marché envers ces « nouvelles » extensions. Et un recentrage sur les valeurs sûres du nommage (pour finalement suivre la tendance parmi utilisateurs finaux)

Bref, un sacré mic mac en perspective, avec pour résumer une application à la valorisation des extensions de l’adage « les riches toujours plus riches (.com et consorts), les pauvres toujours plus pauvres (.museum, .coop, .trucmuche et compagnie) »

Sur ce, bonne.nuit !