avr 30 2010

Mes hommages

Catégorie : PhotodomainesRémy @

C’est vendredi, jour béni pour faire vivre la rubrique Photodomaines du blog !

Le cliché du jour commence à dater un peu, mais qu’importe puisque les noms de domaine sont éternels… sauf quand on oublie de les renouveler bien sûr, même si quelqu’un se chargera souvent de les faire revivre.

La vie, il en est justement question aujourd’hui. Et fatalement, qui dit vie dit mort. Le nom de domaine du jour a été localisé au beau milieu des pages d’un journal suisse, le 24 heures si ma mémoire est bonne. Même si on ne la lit pas toujours en détails, la rubrique nécrologique est un passage incontournable des journaux papiers.  Et ce jour-là, juste après la traditionnelle page des avis de décès – triste en tous points – quelle ne fut pas ma surprise de découvrir une double-page entière ornée de fleurs, de couleurs chatoyantes et de polices de caractères aérées. Pourtant, le sujet lui était toujours aussi grave :

Hommages.ch

Hommages.ch2

La mutation de la presse écrite est bien amorcée : désormais, c’est en ligne qu’on est prié de consulter les avis de décès. Et de se voir proposer des services satellites par divers partenaires et annonceurs. Comme la vie est bien faite. Mes hommages à Edipresse pour celle initiative mortelle !

En somme, hommages.ch, c’est un peu le nom de domaine générique de la mort qui tue.


avr 16 2010

Plus c’est long, plus c’est bon

Catégorie : PerlodomainesRémy @

Dans ma série de billets sur la valorisation des noms de domaine, j’insiste entre autres sur la nécessité de privilégier les noms de domaine courts, notamment car ceux-ci sont plus faciles à mémoriser.

Au-delà de l’évidente difficulté à trouver des spécimens courts encore disponibles et de leurs prix souvent élevés sur le second marché, certains n’en font qu’à leur tête. C’est ainsi que je vous propose ma découverte du jour : FautVraimentEtreConPourAvoirUneAdresseInternetAussiLongue.com

En effet, mais il faut surtout ne pas manquer d’humour; et de ténacité pour conserver jalousement ce nom de domaine à rallonge depuis 10 looooooooongues années !

Si mon compteur dit juste, la racine de ce nom de domaine totalise la bagatelle de 57 caractères. Rappelons à cet effet que la limite maximale autorisée est de 63. Six caractères de plus et c’était donc le jackpot pour notre ami. Comment n’a-t’-il pas songé à ajouter un superlatif devant « con » pour que le compte y soit ? Peut-être parce qu’aucun mot de 6 lettres ne lui est venu à l’esprit sur le moment ?

Dans la série des noms de domaine les plus longs, un petit clin d’œil aux habitants d’un charmant village du Pays de Galles répondant au doux nom de…

… orné d’un tiret (seuls les experts comprendront pourquoi) et décliné en .com, il remporte l’oscar du nom de domaine le plus long qui soit, avec 63 caractères tout rond.

Eux ont au moins gagné leur titre à la régulière, là où certains se sont montrés plus sournois pour atteindre les fameux 63 caractères :

  • IAmTheProudOwnerOfTheLongestLongestLongestDomainNameInThisWorld.com
  • TheLongestDomainNameInTheWorldAndThenSomeAndThenSomeMoreAndMore.com
  • WieMenschlichMenschenSindZeigtIhrUmgangMitDerMuttersprachefrsch.de
  • (comme souvent en matière de noms de domaine, les possibilités sont infinies)

A l’opposé, on trouve du côté des noms de domaine les plus courts quelques heureux propriétaires de spécimen en une lettre sous .com, dont Nissan et son z.com et Paypal et son x.com. Il existe un vieux serpent de mer selon lequel le reste du cheptel sera un jour ou l’autre relâché sous la forme d’une mise aux enchères. Une longue histoire.


mar 27 2010

L’histoire sans fin

Catégorie : Premier Marché,Second MarchéRémy @

De VoltaireOn a coutume de dire que le premier marché (celui de l’enregistrement de noms de domaine disponibles) est victime d’un phénomène de saturation grandissant, a fortiori sur les extensions les plus prisées. Aujourd’hui, c’est un fait : il devient de plus en plus difficile de trouver un nom de domaine libre pour quiconque aspire à un minimum de qualité. La croissance du second marché est d’ailleurs la conséquence directe de l’engorgement du premier. Certains vont même jusqu’à invoquer le principe des vases communicants : plus le premier marché se rétrécit (ou croît, selon la perspective choisie), plus le second marché se développe.

Les extrémistes du second marché – des spécimens rares qui n’ont même pas  cherché à enregistrer un nom de domaine à la main depuis le milieu des années 2000 car ils savent que c’est peine perdue dans 99% des cas – se réjouissent donc des courbes de croissance sportives du premier marché, dans lesquelles ils voient un asséchement garanti des inventaires de qualité encore disponibles. Certains vieux roublards du second marché voient même plutôt d’un bon œil la prolifération de wanna be domainers, car c’est en quelque sorte cette relève qui assure la cannibalisation des étages inférieurs des inventaires : au début de sa quête, un domaineur débutant va en effet souvent jeter son dévolu sur des domaines libres, car cela reste le meilleur moyen de se constituer un fond de cale pour une mise de départ raisonnable. Même une fois les bases du métier apprises et maîtrisées, il se nourrira principalement de domaines débusqués sur le premier marché, sauf que la qualité de la marchandise tendra a être sensiblement meilleure (typiquement des noms échangés entre 100 et 500 euros sur le second marché). Ce n’est souvent que plus tard que ce type d’investisseur viendra faire de l’ombre aux vieux dinosaures du second marché, qui ne se nourrissent presque plus que de rachats de noms de domaine déjà pris ou de drops (noms de domaine tout juste expirés). La crainte des anciens ne se situe donc pas là, puisque ce jeu des forces fait davantage vivre le marché qu’il ne l’assèche.

Quant au premier marché, la principale réponse au phénomène d’étranglement trouvée/souhaitée par ses acteurs institutionnels et commerciaux (essentiellement le triptyque ICANN/registres/registrars) reste pour l’heure la fameuse (semi)-libéralisation des TLDs; avec à la clé une possible multiplication de nouvelles extensions de tous bords et de tous genres – et donc autant de relais de croissance pour les acteurs impliqués.

Dès lors, les adeptes de la théorie des vases communicants exposée en introduction de ce billet doivent-ils se faire du souci ? Et si des centaines de nouvelles extensions venaient à voir le jour ? Et si en plus de la quantité, la qualité était au rendez-vous ? Et si les entreprises et les internautes délaissaient peu à peu les extensions historiques pour ces nouveaux venus de l’espace de nommage ? Et si ce big bang venait diluer la valeur du .com ? Si celui-ci, las d’avoir été aux noms de domaine ce que le Kleenex est aux mouchoirs de poche, ne devenait plus qu’une vulgaire feuille de papier toilette ? Et si les piliers du second marché étaient contraints de faire leurs valises et d’aller chercher ailleurs leur réussite, minés par ce renouveau du premier marché et son excédent d’inventaires de qualité ?

Qu’on se rassure, un tel scénario n’est pas prêt d’arriver. C’est en tous cas mon avis.

D’abord parce qu’il faudra encore des années avant l’avènement des premiers enfants de l’ouverture des TLDs. Comme le processus prend du retard au niveau de l’ICANN d’une part et que les dossiers sont longs à monter pour les aspirants d’autre part, je m’attends à une première vague de lancements plutôt modeste. Pendant ce temps-là, certains candidats indécis suivront en tribunes le départ de la course, se réservant l’occasion de faire marche arrière en cas de scénario du pétard mouillé. Mais comme les entrepreneurs en herbe sont souvent plein d’espoir et que même les plus prudents ne pourront pas se permettre de rater le bon (?) wagon, je prédis une seconde vague de lancements à J+1 an, plus grosse celle-là. Tout comme les baby-boomeurs de l’après-guerre que l’on retrouve papy-boomeurs 60 ans plus tard, les surfeurs de cette 2ème vague de nouvelles extensions se retrouveront tous plus ou moins confrontés à la dure épreuve du reality check au même moment, soit environ 2-3 ans après le lancement initial de « leurs » extensions.

C’est alors qu’une (grande) partie de cette progéniture rejoindra le cimetière des extensions mort-nées, sous respiration artificielle ou grabataires (.coop, .museum, .aero, ou plus récemment .mobi).

Ensuite, parce que même un succès mesuré de ces nouvelles extensions à court terme pourrait signifier à moyen et long terme un renforcement de la valeur des extensions historiques. C’est d’ailleurs le scénario que je retiendrais : un apparent départ en fanfare des nouvelles extensions, une euphorie parmi leurs créateurs voire même chez certains apprentis-domaineurs, des débuts prometteurs (les taux de croissance sont forcément meilleurs lorsqu’on part de 0) … puis un essoufflement, les premiers comptes à rendre, une perte d’orientation chez les internautes… et un retour aux valeurs sûres; les valeurs refuges des investisseurs du second marché, en quelque sorte : .com, .net et extensions géographiques fortes (.de. .co.uk…Wink. Les extensions actuellement « marginales » du second marché (.info, .org…Wink feront les frais de ce scénario ou au contraire, en tireront un second souffle.

Mais alors, qu’est-ce qui pourrait bien arrêter – ou ne serait-ce qu’enrayer – la marche en avant du second marché ? J’imagine que le détracteur que vous êtes peut-être veut enfin savoir !

J’ai ma petite idée sur la question, aussi farfelue soit-elle : dans un futur (lointain, n’exagérons rien), les entreprises auront bien compris et intégré les enjeux des noms de domaine en général, et les avantages concurrentiels procurés par les noms de domaine génériques de qualité en particulier. L’heure de la Grande Bataille aura alors sonné. Fortes d’un savoir et de moyens plus conséquents, les entreprises rentreront dans l’ère de l’arbitrage. Elles hausseront leur niveau de jeu, affûteront leurs méthodes et deviendront plus malines que le plus malin des domaineurs. A la manière de mantes religieuses, elles se délecteront d’abord les domaineurs les plus digestes. Après en avoir fait certains prisonniers et avoir étudié leur comportement en captivité pendant quelques années, elles les imiteront jusqu’à atteindre un degré de perfection qui entraînera l’extinction de cette espèce. Puis, ayant parallèlement capitalisé sur la valeur du trésor de guerre ainsi amassé, elles s’attaqueront aux butins et aux terrains de chasse des domaineurs intermédiaires, puis à ceux des plus expérimentés. Dans la tourmente, les prix flamberont un instant, puis une fois tout l’espace occupé par les entreprises, le calme règnera sur le second marché. Un calme de courte durée, car annonciateur de l’ère la plus meurtrière : celle ou les entreprises se battront entre elles pour défendre leurs terrains et conquérir ceux de leurs voisines.

Les domaineurs repentis contempleront ce champ de bataille d’un œil mi-amusé, mi-terrifié. Le second marché dans toute sa splendeur. Une histoire sans fin.

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Creative Commons License Crédit photo : Simon Bonaventure



fév 19 2010

Sex.com en route vers un nouveau record ?

Catégorie : Enchères,Meilleures Ventes,Second MarchéRémy @

ThreesomeLa nouvelle aurait presque passé sous silence la récente vente de poker.org pour un million de dollars. Dans un peu moins d’un mois, une légende des noms de domaine va remonter sur scène. Pour la énième fois dira-t-on, après moultes aventures rocambolesques parmi lesquelles des changements de mains multiples, des vols, des procès à rallonge et même un livre. Aucun doute, ce nom de domaine est une histoire à lui tout seul. Mais pourrait-il en être autrement pour LE nom de domaine générique non-développé (il redirige actuellement vers une page parking) qui selon moi reçoit le plus de type-in sur la planète et symbolise à lui seul l’une des industries les plus anciennes, les plus innovantes et les plus performantes sur le Web ?

Cette fois-ci, c’est dans le cadre d’une vente aux enchères sur saisie que sex.com sera remis en jeu. En effet, il semblerait que la société ESCOM LLC, qui avait aurait racheté ce nom de domaine en janvier 2006 pour 14 millions de dollars (un montant qui n’a jamais été confirmé officiellement, contrairement à la transaction elle-même), doive aujourd’hui faire face a des difficultés financières telles que la seule issue soit la liquidation d’actifs tels que sex.com. Preuve – si besoin est – que les noms de domaine sont bien considérés comme des actifs à part entière puisque les huissiers les saisissent pour rembourser les créanciers le cas échéant.

La vente aux enchères se tiendra le 18 mars prochain dans les locaux de Windels Marx Lane & Mittendorf LLP à New York.

Le ticket d’entrée n’est certes pas donné, mais somme toute logique pour un nom de domaine de ce calibre : $1,000,000. Les intéressés sont invités à se présenter sur place avec un chèque certifié de ce montant, garantie sine qua non pour s’asseoir dans la salle d’enchères. Pour peu que ledit chèque soit présenté, la vente est publique.

Ce sera à n’en point douter un des évènements de l’année dans le microcosme des noms de domaine. De là à savoir si le record de $14 millions prétendument établi il y a quelques années peut à nouveau être battu…

La légende est (à nouveau) en marche. Faites vos jeux !

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Creative Commons Licensecrédit photo : Mycael


fév 03 2010

Blogodomaines à la Une sur ITespresso.fr !

Catégorie : Second MarchéRémy @

bePOINTcomLorsque Nicolas, rédacteur pour le compte d’ITespresso.fr, découvre le lancement par le Groupe Doctissimo (Lagardère Active) du site be.comla première communauté 100% mode – il se dit que son éditeur n’a certainement pas sorti un nom de domaine d’une telle trempe de sa cave personnelle. Lorsqu’on sait qu’à ce jour, tous les noms de domaine en 3 caractères sont réservés depuis belle lurette sous l’extension .com (et peut-être même tous les domaines de 4 caractères, à vérifier), que dire des pièces de collection que représentent ceux en 2 caractères – les fameux LL.com, NN.com ou LN/NL.com* dans le jargon des investisseurs en noms de domaine – ? Ce nom de domaine n’a donc pu qu’être racheté sur le second marché, pour la raison première qu’il avait été auparavant exploité par BEoS avant d’être repris par un investisseur.

Nicolas décide alors de prendre sa souris et son téléphone pour mener sa petite enquête sur l’acqusition de ce nom de domaine. Son instinct le mène d’abord tout naturellement au service presse de Lagardère, qui se montre sans surprise peu loquace sur le sujet, tout en avouant indirectement avoir racheté ce nom de domaine de grand cru sur le second marché. De nous jours, il est amusant de constater qu’il reste encore délicat pour les entreprises françaises de révéler les sommes déboursées sur le second marché pour acquérir (pardon, il faut dire « sécuriser » pour les Grandes Marques) des noms de domaine de qualité. Il est même ironiquement malvenu d’avouer qu’on a recouru au second marché tout court, sans doute pour des raisons d’égo. Alors qu’au contraire, cela peut se révéler tout à fait judicieux en termes de communication. Passons.

Toujours est-il qu’il ne fallait pas espérer lancer un nouveau site sous la langoureuse appellation be.com et passer totalement inaperçu aux yeux de quelques irréductibles passionnés de noms de domaine.

Sans se décourager, Nicolas poursuit son enquête. Est-ce par hasard ou parce que le monde est petit? Toujours est-il qu’elle le mène sur les traces de Blogodomaines et des tartines indigestes servies sporadiquement par son drôle d’auteur. S’en suivent quelques lignes échangées sur Twitter et par e-mail dans un déroutant jargon domainesque, puis une épique conversation sur Skype lors de laquelle Nicolas s’efforce de me faire expliquer dans des termes enfantins les plus obscures ficelles du domain marketing, de la valorisation des noms de domaine, de la « brandabilité » et de la navigation directe.

Un jour plus tard, me voici multi-cité dans un article dont l’angle d’approche est ma foi aussi original (d’habitude, on voudrait me faire parler de cybersquatting, de scandales et d’histoires de domaines à l’eau de rose, ce que je refuse le plus souvent pour ne pas faire perdre leur temps aux pauvres lecteurs à qui l’on servirait ça) que réussi.

Merci donc à Nicolas et à ITespresso.fr d’avoir pensé à moi pour cette bien modeste contribution, et bienvenue à vous qui découvrez ce blog grâce à eux Shock)

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* L = Letter (lettre) et N = Number (nombre). Par exemple : ab.com, 12.com, 1a.com, b2.com