Etude trimestrielle du second marché par Sedo : des volumes d’échange en légère baisse, des valorisations de noms de domaine en légère hausse

Etude de marché SedoSedo a publié ce matin sa traditionnelle étude trimestrielle du second marché des noms de domaine, proposant des statistiques détaillées sur les transactions enregistrées sur sa plateforme au cours des trois derniers mois.

Le rapport en question fait état de plus de 10 000 noms de domaine échangés sur la place de marché leader pour un volume global dépassant les 16 millions d’euros. Des valeurs en légère diminution par rapport au 2ème trimestre, tendance imputable selon Sedo à des mois de juillet/août traditionnellement calmes.

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Plus d’essence ? Roulez aux noms de domaine !

De ce que je lis dans la presse et constate aux stations-service en frontière franco-suisse, il devient de plus en plus difficile de trouver de l’essence en France par les temps qui courent. Par simple curiosité et en fervent adepte de la navigation directe, j’ai donc entré ce matin les domaines essence.fr et carburant.fr dans mon navigateur pour voir si le citoyen français pouvait trouver un peu de réconfort voire même une aide concrète sous ces noms « tête de gondole » de la thématique.

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Vous prendrez bien un morceau d’histoire ?


Imaginez avoir dans votre portefeuille l’un des anciens noms de domaine de Mark Zuckerberg himself ! Et pas le moindre, « l’ancêtre » de Facebook. Plutôt cool comme collector, non ? Et bien si mettre la main sur un tel morceau d’histoire est aujourd’hui un rêve pour vous, vous avez les moyens de le réaliser.

Enfin, « les moyens »… on se comprend : il vous en coûtera quand même la bagatelle de quelques dizaines (voire centaines) de milliers de dollars. Ce nom de domaine, c’est FaceMash.com.


Comment faire pour vous en emparer et frimer devant vos amis ? Rien de plus simple, rendez-vous sur le site d’achat-vente de noms de domaine et de sites web Flippa.com et déposez votre offre en ligne ! Des 5 offres reçues jusque là par le vendeur, la plus haute s’élève à $19 000. Détail d’importance : le prix de réserve de $8 000 ayant d’ores et déjà été atteint, le nom de domaine sera vendu quoi qu’il advienne dans un peu plus de 18 jours. De quoi laisser le temps à la mayonnaise de monter un peu. D’ici là et moyennant un chèque de $125 000, l’intéressé vous laisse même rentrer chez vous avec votre nouveau joujou, sans discuter davantage. Un tiens vaut mieux que deux tu l’auras, aussi bien pour lui que pour vous.

facemash

Vous vous demandez si Mark Zuckerberg en personne a mis ce nom de domaine en vente pour passer le temps, financer sans trop se fouler une petite soirée entre amis ou faire parler les curieux comme moi ? Il n’en est rien. Il semblerait en fait que le fondateur de Facebook ait tout simplement laissé expirer le nom de domaine FaceMash.com il y a plusieurs années. Laisser tomber un collector de ce calibre comme une vieille chaussette, c’en est presque triste. En tous cas, ça n’a pas fait que des malheureux puisque le premier arrivé à l’expiration de ce nom a, comme le veut la règle, été le premier (et le seul) servi. Il a dès lors gagné le droit de disposer librement du nom de domaine. Et après avoir loué celui-ci pendant un temps pour $100/mois à un réseau social alternatif en phase de lancement, il semblerait que notre ami ait décidé d’arrêter l’aventure et de passer à autre chose.

Petit détail sympathique : le nom de domaine FaceMash.com a même joué les premiers rôles dans le film « The Social Network », relatant l’histoire de Facebook. Le long métrage fait notamment la part belle au nom de domaine durant la scène d’ouverture. Selon le vendeur, cette seule exposition bonus aurait causé un pic de trafic quotidien à plus de 1000 visites/jour lors de la sortie du film, contre 600 vues/mois en temps normal. Plutôt bon marchand, le propriétaire attire notamment l’attention des intéressés potentiels sur le fait que Sony Pictures est titulaire de la version équivalente en .net, FaceMash.net.

Comme l’affaire pourrait paraître un peu trop grosse pour être vraie, le vendeur renvoie à l’historique du whois du nom de domaine pour prouver qu’il a bien appartenu un temps au plus jeune milliardaire du monde (selon le classement Forbès 2010).

Bon, puisqu’il faut bien trouver des défauts à ce nom de domaine, notons qu’il n’abritait pas exactement la réplique originelle de Facebook. C’eut été différent pour TheFacebook.com, qui était pour le coup l’ancien nom de Facebook.com version old school. Non, FaceMash était en fait un programme que le petit Mark avait écrit pendant ses années d’errance à Harvard, programme s’apparentant à un « hot or not ? ». Je laisse les plus curieux se délecter de l’intégralité de l’histoire sur http://en.wikipedia.org/wiki/Facebook (§ History)

Souhaitons bonne chance au vendeur ! Et à l’acheteur aussi, car il risque de devoir suer un peu pour arriver à ses fins. Et tant qu’on y est, félicitons Flippa.com pour ce joli coup de pub !

Pour suivre la fin de l’histoire, c’est par ici : enchères FaceMash.com

UPDATE : le nom de domaine a finalement été adjugé pour $30,201 (soit près de 22 900€) à l’issue des enchères le 25 octobre 2010. Il est désormais hébergé chez Network Solutions, avec des coordonnées whois en partie masquées mais laissant transparaître le nom d’un certain Sean Kelly en contact administratif. FaceMash.com redirige actuellement vers une page parking NetSol.

GoDaddy à vendre (?)

Si le sujet n’a pas (encore) été vastement abordé dans la presse spécialisée francophone, la nouvelle a pourtant fait l’effet d’un coup de tonnerre chez nos voisins américains. Et il y a de quoi : GoDaddy.com, le premier registrar au monde par la taille – et de loinest serait à vendre. C’est en tous cas ce qui a été annoncé hier par le très sérieux Wall Street Journal. Sans que l’information n’ait encore été confirmée par du leader mondial de l’enregistrement de noms de domaine, elle semble émaner de personnes proches du dossier, comme il est coutume de les appeler dans ce genre de scénarios improbables. Ces sources affirment que la banque d’investissement Qatalyst Partners a été mandatée par Bob Parsons, fondateur et actionnaire unique de GoDaddy, pour trouver un repreneur à l’issu d’une mise aux enchères qui pourrait générer des offres avoisinant le milliard de dollars (source WSJ)

De prime abord, il me semble qu’il est de mise de prendre cette annonce avec la plus grande prudence : l’information n’a, encore une fois, pas été confirmée par les responsables de GoDaddy. Elle semble par ailleurs en décalage avec l’actualité d’une société dont il était question il n’y a pas si longtemps (en 2006, tout de même) qu’elle s’introduise en bourse. Le fantasque Bob Parsons avait quelques mois plus tard annoncé sur son blog qu’il renonçait à cette manœuvre dont GoDaddy n’avait selon lui `pas besoin´, en raison notamment des excellents résultats de l’entreprise et des conditions de marché loin d’être optimales à l’époque (que faudrait-il dire aujourd’hui ?)

GoDaddy aurait pourtant eu depuis 2006 l’occasion de revenir sur le front de l’introduction en bourse. Bob Parsons lui même avait d’ailleurs laissé entendre que la probabilité de ressortir le dossier des tiroirs n’était pas inexistante. Après tout, toutes les conditions avaient à l’époque été validées par l’autorité de régulation des marchés et la situation financière de GoDaddy ne semble pas s’être dégradée depuis, loin s’en faut. Le registrar, connu pour ses opérations marketing aussi « torrides » que coûteuses (les fameux spots TV à la mi-temps de la finale du Superbowl), possède actuellement une part monstrueuse de plus de 30% du marché ultra-concurrentiel de l’enregistrement de noms de domaine. Aujourd’hui, près d’un  nouveau nom de domaine sur deux est enregistré chez GoDaddy. La société emploie plus d’un milliers de collaborateurs, s’est diversifiée avec succès dans les prestations d’hébergement, les solutions e-commerce et même le second marché des noms de domaine.

Alors pourquoi vendre si tout va bien ? A moins qu’il ne faille retourner la question ainsi pour y voir plus clair : pourquoi attendre pour vendre si GoDaddy a atteint le haut d’une vague dont il ne peut désormais que redescendre ? C’est à vrai dire la seule perspective qui me semble à ce jour permettre de comprendre la situation décrite par le Wall Street Journal. En l’espèce, celle-ci me semble essentiellement dictée par le destin de son fondateur et actionnaire unique. Bob Parsons a aujourd’hui la soixantaine passée. Depuis 1997, il s’est évertué à faire de GoDaddy le leader incontesté de l’enregistrement de noms de domaine et un acteur incontournable sur les secteurs satellites, notamment l’hébergement et la commercialisation de certificats SSL. On peut imaginer que notre ami Bob, qui n’est manifestement pas du genre à faire dans la demi-mesure, ne se sente pas d’attaque pour le challenge de la prochaine décennie. Qui pourrait lui en vouloir ? Après tout, il est seul capitaine à bord et a visiblement mené la barque très convenablement jusque là. Pourquoi ne pas laisser la barre à quelqu’un d’autre, quitte à ce que se soit à un inconnu ?

A supposer qu’il ne s’agisse pas d’un bruit de couloir infondé et que GoDaddy soit effectivement vendu aux enchères dans les mois à venir, une chose est sûre : le paysage du premier marché des noms de domaine s’en trouverait sensiblement changé. Si un concurrent parvenait à faire main basse sur la société, alors ce ne serait vraisemblablement pas un outsider compte tenu du prix en jeu (il est question d’un milliard de dollars, mais cette somme correspondrait davantage à un prix de réserve qu’à un prix de vente d’après moi, compte tenu des $800 millions de chiffre d’affaires déclarés par GoDaddy en 2009); ce qui signifierait une consolidation du « portefeuille » de deux mastodontes et l’avènement d’une sorte de super-puissance des noms de domaine. Si GoDaddy était racheté par un acteur étranger au marché des noms de domaine – je pense notamment à un fonds d’investissement – alors son destin s’en trouverait là aussi grandement modifié. Bob Parsons n’a sans doute pas mené seul GoDaddy au succès, et le capital humain de la société a donc certainement un rôle important à jouer, mais ne dit-on pas qu’un troupeau n’est pas grand chose sans son berger ? Bob peut certes transmettre son bâton et quelques chiens du meilleur pédigrée, mais la transhumance ne sera pas pour autant vouée au succès pour le repreneur. Cela demeurerait un challenge des plus motivants.

Quoi qu’il en soit, il s’agit à n’en point douter d’un dossier à suivre de près pour les acteurs du premier comme du second marché des noms de domaine. J’ose demander qui d’entre vous n’a pas au moins un nom de domaine en gestion chez GoDaddy ?

Mes hommages

C’est vendredi, jour béni pour faire vivre la rubrique Photodomaines du blog !

Le cliché du jour commence à dater un peu, mais qu’importe puisque les noms de domaine sont éternels… sauf quand on oublie de les renouveler bien sûr, même si quelqu’un se chargera souvent de les faire revivre.

La vie, il en est justement question aujourd’hui. Et fatalement, qui dit vie dit mort. Le nom de domaine du jour a été localisé au beau milieu des pages d’un journal suisse, le 24 heures si ma mémoire est bonne. Même si on ne la lit pas toujours en détails, la rubrique nécrologique est un passage incontournable des journaux papiers.  Et ce jour-là, juste après la traditionnelle page des avis de décès – triste en tous points – quelle ne fut pas ma surprise de découvrir une double-page entière ornée de fleurs, de couleurs chatoyantes et de polices de caractères aérées. Pourtant, le sujet lui était toujours aussi grave :

Hommages.ch

Hommages.ch2

La mutation de la presse écrite est bien amorcée : désormais, c’est en ligne qu’on est prié de consulter les avis de décès. Et de se voir proposer des services satellites par divers partenaires et annonceurs. Comme la vie est bien faite. Mes hommages à Edipresse pour celle initiative mortelle !

En somme, hommages.ch, c’est un peu le nom de domaine générique de la mort qui tue.

Plus c’est long, plus c’est bon

Dans ma série de billets sur la valorisation des noms de domaine, j’insiste entre autres sur la nécessité de privilégier les noms de domaine courts, notamment car ceux-ci sont plus faciles à mémoriser.

Au-delà de l’évidente difficulté à trouver des spécimens courts encore disponibles et de leurs prix souvent élevés sur le second marché, certains n’en font qu’à leur tête. C’est ainsi que je vous propose ma découverte du jour : FautVraimentEtreConPourAvoirUneAdresseInternetAussiLongue.com

En effet, mais il faut surtout ne pas manquer d’humour; et de ténacité pour conserver jalousement ce nom de domaine à rallonge depuis 10 looooooooongues années !

Si mon compteur dit juste, la racine de ce nom de domaine totalise la bagatelle de 57 caractères. Rappelons à cet effet que la limite maximale autorisée est de 63. Six caractères de plus et c’était donc le jackpot pour notre ami. Comment n’a-t’-il pas songé à ajouter un superlatif devant « con » pour que le compte y soit ? Peut-être parce qu’aucun mot de 6 lettres ne lui est venu à l’esprit sur le moment ?

Dans la série des noms de domaine les plus longs, un petit clin d’œil aux habitants d’un charmant village du Pays de Galles répondant au doux nom de…

… orné d’un tiret (seuls les experts comprendront pourquoi) et décliné en .com, il remporte l’oscar du nom de domaine le plus long qui soit, avec 63 caractères tout rond.

Eux ont au moins gagné leur titre à la régulière, là où certains se sont montrés plus sournois pour atteindre les fameux 63 caractères :

  • IAmTheProudOwnerOfTheLongestLongestLongestDomainNameInThisWorld.com
  • TheLongestDomainNameInTheWorldAndThenSomeAndThenSomeMoreAndMore.com
  • WieMenschlichMenschenSindZeigtIhrUmgangMitDerMuttersprachefrsch.de
  • (comme souvent en matière de noms de domaine, les possibilités sont infinies)

A l’opposé, on trouve du côté des noms de domaine les plus courts quelques heureux propriétaires de spécimen en une lettre sous .com, dont Nissan et son z.com et Paypal et son x.com. Il existe un vieux serpent de mer selon lequel le reste du cheptel sera un jour ou l’autre relâché sous la forme d’une mise aux enchères. Une longue histoire.

L’histoire sans fin

De VoltaireOn a coutume de dire que le premier marché (celui de l’enregistrement de noms de domaine disponibles) est victime d’un phénomène de saturation grandissant, a fortiori sur les extensions les plus prisées. Aujourd’hui, c’est un fait : il devient de plus en plus difficile de trouver un nom de domaine libre pour quiconque aspire à un minimum de qualité. La croissance du second marché est d’ailleurs la conséquence directe de l’engorgement du premier. Certains vont même jusqu’à invoquer le principe des vases communicants : plus le premier marché se rétrécit (ou croît, selon la perspective choisie), plus le second marché se développe.

Les extrémistes du second marché – des spécimens rares qui n’ont même pas  cherché à enregistrer un nom de domaine à la main depuis le milieu des années 2000 car ils savent que c’est peine perdue dans 99% des cas – se réjouissent donc des courbes de croissance sportives du premier marché, dans lesquelles ils voient un asséchement garanti des inventaires de qualité encore disponibles. Certains vieux roublards du second marché voient même plutôt d’un bon œil la prolifération de wanna be domainers, car c’est en quelque sorte cette relève qui assure la cannibalisation des étages inférieurs des inventaires : au début de sa quête, un domaineur débutant va en effet souvent jeter son dévolu sur des domaines libres, car cela reste le meilleur moyen de se constituer un fond de cale pour une mise de départ raisonnable. Même une fois les bases du métier apprises et maîtrisées, il se nourrira principalement de domaines débusqués sur le premier marché, sauf que la qualité de la marchandise tendra a être sensiblement meilleure (typiquement des noms échangés entre 100 et 500 euros sur le second marché). Ce n’est souvent que plus tard que ce type d’investisseur viendra faire de l’ombre aux vieux dinosaures du second marché, qui ne se nourrissent presque plus que de rachats de noms de domaine déjà pris ou de drops (noms de domaine tout juste expirés). La crainte des anciens ne se situe donc pas là, puisque ce jeu des forces fait davantage vivre le marché qu’il ne l’assèche.

Quant au premier marché, la principale réponse au phénomène d’étranglement trouvée/souhaitée par ses acteurs institutionnels et commerciaux (essentiellement le triptyque ICANN/registres/registrars) reste pour l’heure la fameuse (semi)-libéralisation des TLDs; avec à la clé une possible multiplication de nouvelles extensions de tous bords et de tous genres – et donc autant de relais de croissance pour les acteurs impliqués.

Dès lors, les adeptes de la théorie des vases communicants exposée en introduction de ce billet doivent-ils se faire du souci ? Et si des centaines de nouvelles extensions venaient à voir le jour ? Et si en plus de la quantité, la qualité était au rendez-vous ? Et si les entreprises et les internautes délaissaient peu à peu les extensions historiques pour ces nouveaux venus de l’espace de nommage ? Et si ce big bang venait diluer la valeur du .com ? Si celui-ci, las d’avoir été aux noms de domaine ce que le Kleenex est aux mouchoirs de poche, ne devenait plus qu’une vulgaire feuille de papier toilette ? Et si les piliers du second marché étaient contraints de faire leurs valises et d’aller chercher ailleurs leur réussite, minés par ce renouveau du premier marché et son excédent d’inventaires de qualité ?

Qu’on se rassure, un tel scénario n’est pas prêt d’arriver. C’est en tous cas mon avis.

D’abord parce qu’il faudra encore des années avant l’avènement des premiers enfants de l’ouverture des TLDs. Comme le processus prend du retard au niveau de l’ICANN d’une part et que les dossiers sont longs à monter pour les aspirants d’autre part, je m’attends à une première vague de lancements plutôt modeste. Pendant ce temps-là, certains candidats indécis suivront en tribunes le départ de la course, se réservant l’occasion de faire marche arrière en cas de scénario du pétard mouillé. Mais comme les entrepreneurs en herbe sont souvent plein d’espoir et que même les plus prudents ne pourront pas se permettre de rater le bon (?) wagon, je prédis une seconde vague de lancements à J+1 an, plus grosse celle-là. Tout comme les baby-boomeurs de l’après-guerre que l’on retrouve papy-boomeurs 60 ans plus tard, les surfeurs de cette 2ème vague de nouvelles extensions se retrouveront tous plus ou moins confrontés à la dure épreuve du reality check au même moment, soit environ 2-3 ans après le lancement initial de « leurs » extensions.

C’est alors qu’une (grande) partie de cette progéniture rejoindra le cimetière des extensions mort-nées, sous respiration artificielle ou grabataires (.coop, .museum, .aero, ou plus récemment .mobi).

Ensuite, parce que même un succès mesuré de ces nouvelles extensions à court terme pourrait signifier à moyen et long terme un renforcement de la valeur des extensions historiques. C’est d’ailleurs le scénario que je retiendrais : un apparent départ en fanfare des nouvelles extensions, une euphorie parmi leurs créateurs voire même chez certains apprentis-domaineurs, des débuts prometteurs (les taux de croissance sont forcément meilleurs lorsqu’on part de 0) … puis un essoufflement, les premiers comptes à rendre, une perte d’orientation chez les internautes… et un retour aux valeurs sûres; les valeurs refuges des investisseurs du second marché, en quelque sorte : .com, .net et extensions géographiques fortes (.de. .co.uk…). Les extensions actuellement « marginales » du second marché (.info, .org…) feront les frais de ce scénario ou au contraire, en tireront un second souffle.

Mais alors, qu’est-ce qui pourrait bien arrêter – ou ne serait-ce qu’enrayer – la marche en avant du second marché ? J’imagine que le détracteur que vous êtes peut-être veut enfin savoir !

J’ai ma petite idée sur la question, aussi farfelue soit-elle : dans un futur (lointain, n’exagérons rien), les entreprises auront bien compris et intégré les enjeux des noms de domaine en général, et les avantages concurrentiels procurés par les noms de domaine génériques de qualité en particulier. L’heure de la Grande Bataille aura alors sonné. Fortes d’un savoir et de moyens plus conséquents, les entreprises rentreront dans l’ère de l’arbitrage. Elles hausseront leur niveau de jeu, affûteront leurs méthodes et deviendront plus malines que le plus malin des domaineurs. A la manière de mantes religieuses, elles se délecteront d’abord les domaineurs les plus digestes. Après en avoir fait certains prisonniers et avoir étudié leur comportement en captivité pendant quelques années, elles les imiteront jusqu’à atteindre un degré de perfection qui entraînera l’extinction de cette espèce. Puis, ayant parallèlement capitalisé sur la valeur du trésor de guerre ainsi amassé, elles s’attaqueront aux butins et aux terrains de chasse des domaineurs intermédiaires, puis à ceux des plus expérimentés. Dans la tourmente, les prix flamberont un instant, puis une fois tout l’espace occupé par les entreprises, le calme règnera sur le second marché. Un calme de courte durée, car annonciateur de l’ère la plus meurtrière : celle ou les entreprises se battront entre elles pour défendre leurs terrains et conquérir ceux de leurs voisines.

Les domaineurs repentis contempleront ce champ de bataille d’un œil mi-amusé, mi-terrifié. Le second marché dans toute sa splendeur. Une histoire sans fin.

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Creative Commons License Crédit photo : Simon Bonaventure


Sex.com en route vers un nouveau record ?

ThreesomeLa nouvelle aurait presque passé sous silence la récente vente de poker.org pour un million de dollars. Dans un peu moins d’un mois, une légende des noms de domaine va remonter sur scène. Pour la énième fois dira-t-on, après moultes aventures rocambolesques parmi lesquelles des changements de mains multiples, des vols, des procès à rallonge et même un livre. Aucun doute, ce nom de domaine est une histoire à lui tout seul. Mais pourrait-il en être autrement pour LE nom de domaine générique non-développé (il redirige actuellement vers une page parking) qui selon moi reçoit le plus de type-in sur la planète et symbolise à lui seul l’une des industries les plus anciennes, les plus innovantes et les plus performantes sur le Web ?

Cette fois-ci, c’est dans le cadre d’une vente aux enchères sur saisie que sex.com sera remis en jeu. En effet, il semblerait que la société ESCOM LLC, qui avait aurait racheté ce nom de domaine en janvier 2006 pour 14 millions de dollars (un montant qui n’a jamais été confirmé officiellement, contrairement à la transaction elle-même), doive aujourd’hui faire face a des difficultés financières telles que la seule issue soit la liquidation d’actifs tels que sex.com. Preuve – si besoin est – que les noms de domaine sont bien considérés comme des actifs à part entière puisque les huissiers les saisissent pour rembourser les créanciers le cas échéant.

La vente aux enchères se tiendra le 18 mars prochain dans les locaux de Windels Marx Lane & Mittendorf LLP à New York.

Le ticket d’entrée n’est certes pas donné, mais somme toute logique pour un nom de domaine de ce calibre : $1,000,000. Les intéressés sont invités à se présenter sur place avec un chèque certifié de ce montant, garantie sine qua non pour s’asseoir dans la salle d’enchères. Pour peu que ledit chèque soit présenté, la vente est publique.

Ce sera à n’en point douter un des évènements de l’année dans le microcosme des noms de domaine. De là à savoir si le record de $14 millions prétendument établi il y a quelques années peut à nouveau être battu…

La légende est (à nouveau) en marche. Faites vos jeux !

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Creative Commons Licensecrédit photo : Mycael

Blogodomaines à la Une sur ITespresso.fr !

bePOINTcomLorsque Nicolas, rédacteur pour le compte d’ITespresso.fr, découvre le lancement par le Groupe Doctissimo (Lagardère Active) du site be.comla première communauté 100% mode – il se dit que son éditeur n’a certainement pas sorti un nom de domaine d’une telle trempe de sa cave personnelle. Lorsqu’on sait qu’à ce jour, tous les noms de domaine en 3 caractères sont réservés depuis belle lurette sous l’extension .com (et peut-être même tous les domaines de 4 caractères, à vérifier), que dire des pièces de collection que représentent ceux en 2 caractères – les fameux LL.com, NN.com ou LN/NL.com* dans le jargon des investisseurs en noms de domaine – ? Ce nom de domaine n’a donc pu qu’être racheté sur le second marché, pour la raison première qu’il avait été auparavant exploité par BEoS avant d’être repris par un investisseur.

Nicolas décide alors de prendre sa souris et son téléphone pour mener sa petite enquête sur l’acqusition de ce nom de domaine. Son instinct le mène d’abord tout naturellement au service presse de Lagardère, qui se montre sans surprise peu loquace sur le sujet, tout en avouant indirectement avoir racheté ce nom de domaine de grand cru sur le second marché. De nous jours, il est amusant de constater qu’il reste encore délicat pour les entreprises françaises de révéler les sommes déboursées sur le second marché pour acquérir (pardon, il faut dire « sécuriser » pour les Grandes Marques) des noms de domaine de qualité. Il est même ironiquement malvenu d’avouer qu’on a recouru au second marché tout court, sans doute pour des raisons d’égo. Alors qu’au contraire, cela peut se révéler tout à fait judicieux en termes de communication. Passons.

Toujours est-il qu’il ne fallait pas espérer lancer un nouveau site sous la langoureuse appellation be.com et passer totalement inaperçu aux yeux de quelques irréductibles passionnés de noms de domaine.

Sans se décourager, Nicolas poursuit son enquête. Est-ce par hasard ou parce que le monde est petit? Toujours est-il qu’elle le mène sur les traces de Blogodomaines et des tartines indigestes servies sporadiquement par son drôle d’auteur. S’en suivent quelques lignes échangées sur Twitter et par e-mail dans un déroutant jargon domainesque, puis une épique conversation sur Skype lors de laquelle Nicolas s’efforce de me faire expliquer dans des termes enfantins les plus obscures ficelles du domain marketing, de la valorisation des noms de domaine, de la « brandabilité » et de la navigation directe.

Un jour plus tard, me voici multi-cité dans un article dont l’angle d’approche est ma foi aussi original (d’habitude, on voudrait me faire parler de cybersquatting, de scandales et d’histoires de domaines à l’eau de rose, ce que je refuse le plus souvent pour ne pas faire perdre leur temps aux pauvres lecteurs à qui l’on servirait ça) que réussi.

Merci donc à Nicolas et à ITespresso.fr d’avoir pensé à moi pour cette bien modeste contribution, et bienvenue à vous qui découvrez ce blog grâce à eux :o)

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* L = Letter (lettre) et N = Number (nombre). Par exemple : ab.com, 12.com, 1a.com, b2.com

55.com currently auctioned at Sedo – reserve met – now it’s your chance!

55.comWe at Virtual Network decided to start an auction for our domain 55.com after receiving a 200,000 EUR offer through Sedo (ca. 287,000 USD).

This was not an easy decision to make because we deeply believe that this gem is worth more and are aware that there is a risk that the name actually sells for 200k€. But we think the possible outcome is worth the risk. As domain investors, we are dealing with risk management on a daily basis. Sometimes you win, sometimes you lose but bigger risks usually have bigger rewards, isn’t it?

We also thought the beginning of the year was a good timing to shake up the market with a 6 figure auction/sale.

55.com is not only one of our best NN.com, it probably counts among our most valuable online properties because it is universal. I often write about the language factor when it comes to domain valuation. Although we specialized on French domains over the time because French is our mother tongue and so the language we have the best feeling for, we always aim to bring the best possible linguistic diversity in our domain portfolio. In this sense, numeric domains are probably among the best investments you can make. Numbers are universal, you need  them and use them everywhere and everytime. Numbers are one of the first things children learn at school.

The number 5 has various symbolic applications across the globe, as you can read from Wikipedia. Because 5.com has been locked for registration by Verisign, 55.com is probably the best choice by nature for someone wishing to capitalize on the number 5.

I will stop the introductions here and let the domain finish the job. I guess it doesn’t need me much to find its way to success.

The auction takes place at Sedo and will end on January 12th at10 10:33 PM EST, or maybe a bit later if offers arise in the last minutes. Here’s the full link to the auction page: http://www.sedo.com/auction/detail/55.com/95205_us__

The reserve price has already been met, so the name will be sold in any case. If you want to participate in this auction, please note that you will need to go through the Sedo Premium Certification process! If you need a dedicated contact at Sedo, let me know and I will personnaly provide the best I know.

Thanks in advance to all of you that will spread the word. 55.com can cross any border, so let’s do the market a favour and make the news reach every single corner of the world!

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Image Source : thesunblog.com