sept 29
Patience
S’il n’existe pas de recette miracle pour réussir en tant qu’investisseur en noms de domaine, il est toutefois des vertus qui peuvent rendre la route vers le succès moins tortueuse. Je pourrais certainement vous en citer des dizaines si nous cherchions absolument à en dresser une liste mais s’il ne fallait retenir qu’une seule qualité parmi tant d’autres, c’est de loin sur la patience que se porterait mon choix. Le temps joue en effet un rôle crucial à de nombreux niveaux en matière de domaining : qu’il s’agisse de négocier un rachat ou une vente, de trouver à force de tests le meilleur mot-clé pour un nom de domaine en parking, d’attendre patiemment qu’une offre se présente pour les moins prisés de vos poulains ou de choisir le bon moment pour vous positionner sur une thématique particulière, tout est souvent question de timing.
Ironiquement, le second marché des noms de domaine est également un marché ultra-dynamique ou il faut savoir faire preuve de réactivité pour ne pas rater certaines affaires, en débusquer d’autres ou même se couper un bras avant de courir à sa perte. Le fait de devoir être constamment à l’affût sur le court terme (conséquence logique de la règle du « premier arrivé, premier servi ») fait parfois perdre de vue que pour réussir et s’imposer sur le long terme, il faut faire preuve d’endurance plus que d’opportunisme.
On perçoit parfois les investisseurs en noms de domaine comme des prédateurs tapis dans l’ombre et prêts à bondir au moindre moment de distraction d’un bonhomme ou d’une machine. Mais en vérité, les acteurs à qui revient le vrai mérite sont ceux qui ont su s’imposer sur la durée. Et si l’on cherche à tout prix à comparer le domaining à une course à je-ne-sais-quoi, alors cette course est un marathon, certainement pas un sprint. Quiconque a approché la réussite sur ce marché l’a fait à force de patience. Avec le peu de recul que me confèrent mes 5 ans d’expérience du marché, je crois même que les investisseurs les plus chevronnés sont ceux qui ont su passer maîtres dans l’art de la maîtrise du temps, de tous points de vue.
En fin de compte, j’aurais tendance à dire qu’il faut prendre le temps d’aller vite pour réussir dans ce milieu. Ou savoir vite prendre son temps, selon l’humeur. Être impatient n’est pas un mal en soi, à moins que cela ne soit chronique chez vous, auquel cas je vous souhaite beaucoup de courage. L’impatience est aussi synonyme d’adrénaline, précisément celle dont vous aurez besoin pour vous montrer alerte et spontané dans certaines situations. Il ne faut donc pas refouler son impatience, mais savoir l’écouter et la décrypter. Sentir l’impatience qui monte en vous est une étape indispensable à la maîtrise de ses effets. Si vous vous sentez impatient, commencez donc par vous demander pourquoi.
Êtes-vous impatient d’enregistrer ce domaine parce qu’il est si bon… ou parce qu’il est si libre ? S’il est libre, il y a sûrement une raison. Demandez-vous laquelle : dans plus de 80%, c’est un problème de qualité. Prenez-le si vous en êtes tombé amoureux et voulez satisfaire votre égo de chasseur, mais ne le prenez pas s’il est mauvais et que vous savez au fond de vous que les chances de revente sont infimes. Êtes-vous impatient de racheter ce domaine bon marché au regard du trafic qu’il est sensé générer ? S’il est si bon marché alors que le trafic de qualité se paie (cher), demandez-vous plutôt pourquoi ! Peut-être que les statistiques ont été gonflées artificiellement par le vendeur. Peut-être que le trafic est au rendez-vous, mais pas la conversion. Posez-vous, mettez votre cœur sur pause, allumez vos neurones et réfléchissez calmement. Au besoin, allez faire un tour et plutôt que de réfléchir absolument à une action de type « go/no go », réfléchissez à d’autres questions qui vous permettraient d’avancer plus efficacement dans votre quête de vérité. Par exemple et pour rester sur le cas d’un achat-trafic : le plus simple ne serait-il pas de demander des statistiques plus détaillés au vendeur et de le questionner ouvertement sur l’origine du trafic avant d’acheter (ou de renoncer) sur un coup de tête.
Côté négociations – à l’achat comme à la vente – savoir vous montrer patient vous rendra également de grands services. Les meilleurs négociateurs sont d’ailleurs ceux qui, à la manière de chefs d’orchestre, savent brillamment accorder leur tempo et diriger à leur avantage les effets du temps sur les pourparlers et sur la partie « adverse ». Il n’est pas pour autant question d’en rajouter et de faire durer inutilement les négociations ou de faire languir l’autre partie; il est question de dosage. Souvenez-vous que c’est en prenant votre temps que vous pourrez prendre le plus de recul par rapport aux questions que l’impatience d’un accord avait peut-être subrepticement reléguées au second plan. Si vous êtes vendeur et que vous avez sous les yeux une offre largement suffisante à votre bonheur, temporisez : peut-être avez-vous en stock un autre domaine qui conviendrait parfaitement à l’acheteur, qui pourrait justement avoir un peu de budget sous le coude et vous remerciera de l’offre de package que vous saurez lui faire. Bien sûr, le célèbre conseil « take the money and run » est parfois de mise. Sachez dès lors courir assez lentement pour ne pas éveiller les soupçons. Si vous êtes au contraire dans la position de l’acheteur et que l’offre d’un vendeur est arrivée étonnamment vite à un niveau qui vous satisfait pleinement, ne signez pas pour autant des deux mains. Il reste peut-être des points à creuser ou des opportunités cachées à découvrir.
En tant qu’acheteur, rappelez-vous également qu’il faut parfois des mois voire des années pour convaincre un vendeur de vous céder son bien. Tenez bon, restez courtois et positif. Envoyez-lui des piqûres de rappel à des moments subtilement choisis. Montrez que vous vous intéressez à ses activités, sans donner l’impression de l’avoir mis sur écoute pour autant. Une remarque bien placée, du genre « j’ai remarqué que vous aviez récemment acquis xzy.com. C’est un bel achat, félicitations » peut se révéler du meilleur goût. De même qu’une petite carte de Noël pour les plus coriaces, pourquoi pas ? C’est parfois lorsqu’on croit une négociation enterrée et définitivement perdue que, tel un Phœnix, elle renaît de ces cendres par un dimanche pluvieux d’automne. Le vendeur pourtant présumé si aisé peut avoir besoin de lever des fonds pour un projet. Il peut repenser à vos arguments, les exposer à un ami connaisseur, et revoir son opinion. Il peut vous trouver sympathique (finalement).
Mais à n’en point douter, la plus grande patience qui vous sera demandée sera celle qui vous donnera la foi suffisante pour croire en votre stratégie d’investissement. Cela doit toutefois rester une conviction saine et lucide. Si vous pensez pouvoir vendre tous vos domaines d’ici vos 50 ans pour vous payer une retraite dorée aux Bahamas, désolé de vous décevoir mais cela n’arrivera probablement pas. Si vous pensez faire des bénéfices dès la première année, les chances que cela se produise sont également très minces. Si vous pensez marcher allègrement sur les traces de ceux qui ont vu une improbable vente à 6 chiffres changer leur vie, oubliez également vos rêves. Mais si vous êtes suffisamment discipliné pour vous inscrire dans la durée et que vous prenez du plaisir à investir dans les noms de domaine, alors sachez vous comporter en bon pêcheur : repérez les bons coins, levez-vous tôt, préparez vous-mêmes vos appâts, respectez votre environnement et savourez le plaisir qu’on trouve parfois dans l’attente des premières touches ou dans la remontée de sa plus belle prise.
Si vous sentez l’impatience monter en vous et avez du mal à vous discipliner, il existe heureusement des remèdes (étonnamment) simples : allez faire un tour, ne répondez pas à un e-mail « titillant » le jour même mais attendez plutôt le lendemain, prenez un café (ou un whisky pour les plus téméraires), allez flâner sur un site qui vous détend… ou criblez votre écran de post-it sur lesquels vous aurez mentionnés quelques unes des citations suivantes :
- pour les avares : « Combien pauvres sont ceux qui n’ont point de patience » (William Shakespeare)
- pour les maris relativistes : « On a dit que le génie était une longue patience. Et le mariage donc ! » (Alphonse Allais)
- pour les désespérés : « La patience est l’art d’espérer » (Vauvenargues)
- pour les nombrilistes : « On a besoin de patience avec tout le monde, mais tout particulièrement avec soi-même » (Saint François de Sales)
- pour les randonneurs : « Il n’y a point de chemin trop long à qui marche lentement et sans se presser » (Jean de la Bruyère)
- pour les défaitistes « Il faut une infinie patience pour attendre toujours ce qui n’arrive jamais » (Pierre Dac)
- pour les pragmatiques : « L’homme sans patience, c’est comme une lampe sans huile » (Alfred de Musset)
- pour les rancuniers : « Plus la patience est grande et plus belle est la vengeance » (Massa Makan Diabaté)
- pour les gourmands : « La patience, c’est comme le chocolat… on n’en a jamais assez » (Christelle Heurtault)
Et ma préférée : « La patience est une vertu qui s’acquiert avec de la patience » (Alessandro Marandotti)
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Quand y’en a plus, y’en a encore :
- A nos ventes manquées
- Record mondial : sexe.org vendu plus de 150 000 USD
- Porn.fr vendu 30 000 EUR sur Sedo
- Rentabiliweb lance son portail de jeux, jeu.org
- La valorisation des noms de domaine – Le potentiel de revente














29 septembre 2009 à
Amusant, juste ce matin j’écrivai sur FB:
« Impatience, you are my enemy. »
29 septembre 2009 à
Oui j’ai vu ça, François.
Disons donc qu’à ta manière, tu m’as convaincu de finir d’écrire ce billet qui traînait depuis un moment dans mes archives poussiéreuses. Merci
29 septembre 2009 à
Francois merci pour avoir ajouté blogodomaines.com sur domaining.com
Anthony
29 septembre 2009 à
+1
30 septembre 2009 à
Ah! Enfin un blog francophone sur Domaining.com!
Article bien interessant.
a la prochaine..
Amitiés,
Ritesh.
30 septembre 2009 à
J’ai bien aussi « Tout vient à point à qui sait attendre. ». Merci pour se billet.