avr 29 2010

Une aiguille dans une botte de foin

Catégorie(s) : Foire aux articles, Second marchéAdmin @

Strohballen - Hay baleIl y a près de 200 millions de noms de domaine enregistrés sur Terre, et il y a le vôtre.

Il y a quelques dizaines de milliers de noms de domaine qui s’échangent chaque année sur le second marché, et il y a le vôtre. Les vôtres, tout au plus.

Il y a des douzaines d’extensions représentées dans les listes de ventes hebdomadaires de noms de domaine, et il y a celles sur lesquelles vous êtes positionné. Il y a celles qui marchent bien, mais auxquelles vous n’êtes pas éligible. Et celles dont vous auriez juré qu’elles seraient porteuses, mais qui se révèlent être un fiasco.

Il y a les langues qui reviennent le plus souvent dans les listes de noms de domaine vendus, et il y a votre langue maternelle. Et d’autres que vous maîtrisez plus ou moins, tout au mieux.

Il y a une multitude d’utilisateurs finaux potentiels pour votre nom de domaine, et il y a tous ceux qui n’en ont pas besoin. Il y a aussi ceux qui ignorent ce qu’est un nom de domaine, ceux qui ne savent pas qu’il existe un second marché, ceux qui ignorent ce qu’est un whois et ceux qui ne vous approcheront pas par pur principe, parce qu’ils vous considèrent comme un receleur. Parmi eux, certains auraient pourtant l’envie et les moyens d’acquérir votre nom de domaine.

Il y a foison d’investisseurs en noms de domaine, professionnels ou amateurs. Et il y a vous.

Il y a tous les jours des dizaines d’opportunités d’enrichir judicieusement votre portefeuille de noms de domaine, et il y a celles que vous serez assez présent/perspicace/chanceux pour voir passer. Mais il y a surtout celles que vous raterez, faute de temps, d’argent ou d’autre chose.

Il y a ceux qui ont de la chance, et ceux qui en ont moins. Ceux qui étaient devant leur PC connecté à Internet en 1995, et ceux qui n’avaient même pas conscience de l’existence de ce média révolutionnaire. Il y a ceux qui avaient senti le second marché des noms de domaine mais qui n’avaient pas suffisamment de fonds pour s’y lancer, et ceux qui au contraire avaient l’argent mais pas le flair pour mettre la main sur les meilleurs noms. Il y a même ceux qui avaient les deux, mais qui comme vous ne disposaient que de 24 heures par jour. Tout le monde regrette aujourd’hui, les premiers comme les derniers.

Il y a ceux qui perdent des procès sur des noms de domaine génériques, et d’autre qui empilent les domaines litigieux sans n’être jamais inquiétés.

Il y a ceux qui savent programmer des machines pour les aider dans leur entreprise, et ceux qui n’en ont pas les moyens techniques, intellectuels ou financiers. Il y a ceux que les machines qu’ils ont programmées mènent par le bout du nez et entraînent vers le fond. Et ceux qui se hissent vers le haut à la seule force de leur soif d’apprendre, de leur instinct et de leur perspicacité.

Il y a ceux qui ont de gros budgets et les dilapident en un rien de temps, et ceux qui n’en ont que de très modestes mais les dépensent intelligemment.

Il y a des portefeuilles de plusieurs centaines de milliers de noms de domaine, et il y a le vôtre, fort d’une centaine de brebis tout au plus. Peut-être n’avez-vous même qu’un seul nom de domaine sur lequel vous avez tout misé ?

Il y a des noms de domaine médiocres qui se vendent toutes les semaines, et des domaines de qualité qui dorment dans votre portefeuille depuis des lustres.

Il y a ceux qui enregistrent un nom de domaine et le vendent le lendemain, et ceux qui emporteront la quasi-totalité des leurs dans la tombe.

Il y a les mauvaises affaires qui ont des airs de bonnes, et les bonnes des airs de mauvaises.

Il y a les négociations qui aboutissent, et toutes celles qui échouent.

Il y a un gâteau manifestement copieux, et la part que vous allez en manger. Une maigre part, dans tous les cas. Pas une miette, dans le pire – et finalement pas si rare – d’entre eux.

Ne vous laissez pas aveugler par le marché, car vous ne l’égalerez jamais. Peu importe à quel point vous pourriez le connaître ou même le prédire.

Observez-le, mais gardez à l’esprit que c’est lui qui vous dictera sa loi.

D’un côté, il y a le marché. De l’autre, vous et vos noms de domaine. Vous êtes comme une aiguille dans une botte de foin.

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Creative Commons License crédit photo : Roberto Verzo







avr 16 2010

Plus c’est long, plus c’est bon

Catégorie(s) : Foire aux articles, Insolite, ValorisationAdmin @

Dans ma série de billets sur la valorisation des noms de domaine, j’insiste entre autres sur la nécessité de privilégier les noms de domaine courts, notamment car ceux-ci sont plus faciles à mémoriser.

Au-delà de l’évidente difficulté à trouver des spécimens courts encore disponibles et de leurs prix souvent élevés sur le second marché, certains n’en font qu’à leur tête. C’est ainsi que je vous propose ma découverte du jour : FautVraimentEtreConPourAvoirUneAdresseInternetAussiLongue.com

En effet, mais il faut surtout ne pas manquer d’humour; et de ténacité pour conserver jalousement ce nom de domaine à rallonge depuis 10 looooooooongues années !

Si mon compteur dit juste, la racine de ce nom de domaine totalise la bagatelle de 57 caractères. Rappelons à cet effet que la limite maximale autorisée est de 63. Six caractères de plus et c’était donc le jackpot pour notre ami. Comment n’a-t’-il pas songé à ajouter un superlatif devant « con » pour que le compte y soit ? Peut-être parce qu’aucun mot de 6 lettres ne lui est venu à l’esprit sur le moment ?

Dans la série des noms de domaine les plus longs, un petit clin d’œil aux habitants d’un charmant village du Pays de Galles répondant au doux nom de…

… orné d’un tiret (seuls les experts comprendront pourquoi) et décliné en .com, il remporte l’oscar du nom de domaine le plus long qui soit, avec 63 caractères tout rond.

Eux ont au moins gagné leur titre à la régulière, là où certains se sont montrés plus sournois pour atteindre les fameux 63 caractères :

  • IAmTheProudOwnerOfTheLongestLongestLongestDomainNameInThisWorld.com
  • TheLongestDomainNameInTheWorldAndThenSomeAndThenSomeMoreAndMore.com
  • WieMenschlichMenschenSindZeigtIhrUmgangMitDerMuttersprachefrsch.de
  • (comme souvent en matière de noms de domaine, les possibilités sont infinies)

A l’opposé, on trouve du côté des noms de domaine les plus courts quelques heureux propriétaires de spécimen en une lettre sous .com, dont Nissan et son z.com et Paypal et son x.com. Il existe un vieux serpent de mer selon lequel le reste du cheptel sera un jour ou l’autre relâché sous la forme d’une mise aux enchères. Une longue histoire.







avr 15 2010

Fablodomaine

Catégorie(s) : Foire aux articlesAdmin @

Quand je vous dit que tout commence par un (bon) nom de domaine…

Celui-ci est fabuleux, au sens littéral du terme : LeCorbeauEtLeRenard.com

La morale, selon vous ?







avr 09 2010

Vous avez raté votre mariage… ?

Catégorie(s) : PhotodomainesAdmin @

Allez, comme c’est vendredi, je vous propose de nous détendre un peu en cette fin de pause déjeuner. Hein ? On se détend un peu trop souvent à votre goût sur Blogodomaines ? Désolé. On va quand même tâcher de joindre l’utile à l’agréable, avec le deuxième billet de la série Photodomaines.

Je m’excuse, mais je vais encore vous servir du .ch aujourd’hui. Un nom de domaine rencontré au détour d’un bouchon sur l’autoroute. Non, pas sur un camion cette fois-ci. La rencontre s’est faite sur les ondes FM, et le coup de foudre fut total. Pourtant, qui eut crut que je me sente interpelé à l’annonce d’un slogan bien peu de circonstance :

Vous avez raté votre mariage ? Réussissez votre divorce !

Ah ouais… plutôt direct comme ton. Mais c’est la suite qui fit tilter définitivement mon cerveau aussi embouteillé que l’autoroute Genève-Lausanne : Réussissez votre divorce, donc, mais pas n’importe où :

sur divorce.ch !

Tout heureux de ma découverte inutile, je ne pus m’empêcher de taper le nom de domaine magique en rentrant à la maison. Et là, boucle bouclée : nom de domaine placardé bien en gros en haut à droite de la page (curieux), savamment (bien qu’un peu maladroitement, à mon goût) entrecoupé d’une bonne ligne (de rupture) et slogan ressassé comme il faut. Pour couronner le tout, des teintes rose bonbon qui feraient presque oublier la noirceur du sujet :

DivorcePointCH

Méfiez-vous, j’ai trouvé encore plus sombre pour alimenter mon prochain billet de la série Photodomaines !

Je vous rappelle d’ailleurs que vos photos sont toujours les bienvenues. Ne me dites pas que vous ne croisez pas un joli domaine de temps en temps ! Allez, envoyez les clichés !







avr 07 2010

Le second marché des noms de domaine vu par l’AFNIC

Catégorie(s) : Second marché, ValorisationAdmin @

afnicAprès un dernier billet en forme de PoissonDavril.com, c’est encore l’AFNIC qui tient la Une de Blogodomaines !

Le registre du .fr vient en effet de publier l’un des dossiers thématiques dont elle a le secret. Et une fois n’est pas coutume, c’est du second marché des noms de domaine dont il est question. Dans un dossier aussi complet qu’instructif, l’AFNIC livre une analyse du secteur à portée de tous (l’analyse, pas le secteur… quoi que).

L’annonce de l’AFNIC est disponible au lien suivant et le dossier en question est téléchargeable au format .pdf ici.

Selon les termes de l’organisme en charge de la gestion du .fr, ce dossier s’adresse :

- aux entreprises détenant des portefeuilles de noms de domaine, dont certaines sont encore peu conscientes de la valeur que ce portefeuille peut représenter ;

- aux entreprises engagées dans des projets sur internet et confrontées à l’existence de noms de domaine déposés par des tiers, pour les sensibiliser au fait qu’un nom de domaine déjà pris n’est pas nécessairement inaccessible

- à tous ceux qui, pour des raisons professionnelles ou personnelles, veulent en savoir plus sur un aspect méconnu du marché des noms de domaine

Ce dossier se compose en trois parties, traitant essentiellement :

  • de l’origine, du fonctionnement, de la légitimité et des tendances globales du second marché
  • des principes et des critères de valorisation des noms de domaine (auxquels est consacrée pour rappel la rubrique « Valodomaines » de ce blog)
  • des forces en présence du marché (« domaineurs », intermédiaires, prestataires parking etc.)

Sans m’épancher sur le contenu du papier ni me livrer à une analyse endiablée, je dirai simplement qu’il s’agit d’une lecture à mettre entre toutes les mains. Au delà du public de premier rang évoqué plus haut, je pense notamment aux enseignants en webmarketing… et à ceux qui les écoutent avec attention, à savoir les étudiants.

De là à dire que le second marché à gagné en la présence de ce dossier ses lettres de noblesse, je ne pense pas. Mais je note que les efforts d’évangélisation du public francophone engagés  par certains acteurs/spécialistes/experts du second marché des noms de domaine depuis plusieurs années déjà commencent à porter sérieusement leurs fruits. A mon sens, on est en train de passer du stade de la méconnaissance, de la méfiance et des stéréotypes à celui de la curiosité, dans le sens « ouverture d’esprit » du terme. La qualité du travail de recherche et de rédaction de ce dossier en sont la preuve la plus évidente. Les mentalités, quant à elles, ont encore le temps d’évoluer.







avr 01 2010

L’AFNIC et SEDO joignent leurs forces dans un partenariat d’envergure

Catégorie(s) : Foire aux articlesAdmin @

logologo_refInformation exclusive Blogodomaines ! L’AFNIC (Association Française pour le Nommage Internet en Coopération, en charge de la gestion de la gestion administrative et technique des noms de domaine en .fr et en .re) et SEDO (Search Engine for Domain Offers, première plate-forme mondiale d’achat-vente de noms de domaine) organiseront prochainement, dans le cadre d’un partenariat exceptionnel, la mise aux enchères des noms de domaine de la liste des termes fondamentaux AFNIC.

Exception faite des noms des communes françaises et d’une liste noire non-exhaustive établie par l’AFNIC à son entière discrétion, l’ensemble de la liste des termes fondamentaux téléchargeable au lien suivant (réservé aux adhérents AFNIC) sera proposé dans le cadre d’enchères en ligne organisées par la société SEDO. En raison du volume non-négligeable de l’inventaire (plusieurs centaines de noms de domaine), l’opération devrait être répartie sur un trimestre et la liste scindée en plusieurs séries d’enchères hebdomadaires. Pour l’occasion, les sites internet www.sedo.fr et www.afnic.fr devraient arborer un design spécial. Il s’agit là d’un signe fort envoyé par les deux acteurs, le site de SEDO venant tout juste de faire peau neuve au prix de plusieurs centaines de milliers d’euros de budget marketing et celui de l’AFNIC n’ayant pour ainsi dire pas évolué depuis 10 ans.

Autre fait exceptionnel : les enchères seront ouvertes à tous (y compris aux Français de l’étranger et aux étrangers de France). Cette décision a été motivée par la présence dans la liste de noms de pays en .fr et par la volonté d’éviter toute discrimination. Nul doute que la bataille devrait être rude entre les milliardaires russes sur un federation-derussie.fr et que la Maison Blanche ne devrait pas laisser passer l’occasion de mettre la main sur « son » etats-unis-d-amerique.fr. Et que dire de l’attrait de noms prestigieux comme jamahiriya-arabe-libyenne.fr (الجماهيريةالعربية الليبية الشعبية الإشتراكية العظمى, en arabe)

Dans cette liste également, de nombreux noms de domaine premium tels que :

  • avocat.fr (nom d’un fruit gras à la peau verte),
  • barreau.fr (Cf. barreau de chaise, ou de prison),
  • docteurs.fr (j’ai le .com, il me FAUT la paire !),
  • presse.fr (les agrumes apprécieront),
  • email.fr (en attendant la version IDN),
  • whois.fr (j’imagine mal M. Ano Nymous laisser passer sa chance sur celui-là),
  • poudre.fr (excellente typo de poutre.fr)
  • travesti.fr (idéal pour une boutique de déguisements)
  • schnouf.fr (je n’ai pas retrouvé la signification de celui-ci, mais c’est un bon brandable)

Mais aussi des blockbusters comme internet.fr, webmaster.fr, dieu.fr, elections.fr, com.fr ou france.fr (le projet en cours ne devrait donc pas aboutir malgré une charte graphique déjà avalisée)

En accord avec l’Etat français, les noms de domaine liberte.fr, egalite.fr et fraternite.fr ne seront pas proposés dans le cadre de ces enchères spéciales. Greve.fr ne devrait pas non plus obtenir son bon de sortie, en vertu du droit fondamental qu’il symbolise en France.

Afin de garantir la meilleure activité possible, tous ces noms de domaine seront mis aux enchères sans prix de réserve. A moins qu’ils ne reçoivent aucune offre (pas à exclure pour certains navets comme cadavre.fr), ils trouveront donc preneur dans tous les cas.

Pour assurer la bonne marche des transferts des noms de domaine vendus, SEDO et l’AFNIC ont choisi de faire appel au registrar OVH, qui devra pour l’occasion revoir l’intégralité de sa procédure technico-administrative et son interface client d’un autre âge.

Fait important, tous les noms de domaine rachetés dans le cadre de ces enchères feront l’objet – à l’instar des méthodes pratiquées par Verisign sur le .TV – d’une trarification annuelle variable fixée après-coup par l’AFNIC en fonction de l’identité de l’acquéreur. Un nom comme notaire.fr devrait donc faire l’objet d’une facturation supérieure à un huissier.fr, jugé moins noble. En cas de rachats multiples par un même acquéreur, d’autres noms comme marijuana.fr pourraient être facturés au poids.

L’AFNIC et Sedo espèrent générer grâce à ces enchères plus de 10 millions d’euros de volume de ventes, là où la société INDOM – conseillère privilégiée de l’AFNIC depuis l’avènement du dossier .paris – a valorisé l’ensemble du portefeuille à 45 532 EUR (quarante cinq mille cinq cent trente deux euros). Exceptionnellement, Sedo ne touchera pas 10 mais 20% de commission sur les ventes réalisées. La société s’engage en échange à augmenter de 500% ses effectifs francophones et à bannir le titulaire du nom de domaine afnique.fr de sa plate-forme.

Cette collaboration faite suite à la récente réelection de l’AFNIC pour la gestion du .fr, et au prochain changement d’appelation du Groupe AdLINK pour Sedo Holding.

La date symbolique du 14 juillet devrait finalement être retenue pour le lancement de cette opération, au détriment de celle du 3 octobre initialement proposée par la société de droit allemand Sedo. Le jour de la Fête Nationale française aurait en outre été vivement conseillé par Bob Parsons à Matthieu Weill, le Président de GoDaddy lui ayant vanté les retombées exceptionnelles qu’entraîneraient un spot publicitaire télévisé passé à la mi-temps de la finale de la Coupe du Monde de football 2010.







mar 27 2010

L’histoire sans fin

Catégorie(s) : Premier marché, Second marchéAdmin @

De VoltaireOn a coutume de dire que le premier marché (celui de l’enregistrement de noms de domaine disponibles) est victime d’un phénomène de saturation grandissant, a fortiori sur les extensions les plus prisées. Aujourd’hui, c’est un fait : il devient de plus en plus difficile de trouver un nom de domaine libre pour quiconque aspire à un minimum de qualité. La croissance du second marché est d’ailleurs la conséquence directe de l’engorgement du premier. Certains vont même jusqu’à invoquer le principe des vases communicants : plus le premier marché se rétrécit (ou croît, selon la perspective choisie), plus le second marché se développe.

Les extrémistes du second marché – des spécimens rares qui n’ont même pas  cherché à enregistrer un nom de domaine à la main depuis le milieu des années 2000 car ils savent que c’est peine perdue dans 99% des cas – se réjouissent donc des courbes de croissance sportives du premier marché, dans lesquelles ils voient un asséchement garanti des inventaires de qualité encore disponibles. Certains vieux roublards du second marché voient même plutôt d’un bon œil la prolifération de wanna be domainers, car c’est en quelque sorte cette relève qui assure la cannibalisation des étages inférieurs des inventaires : au début de sa quête, un domaineur débutant va en effet souvent jeter son dévolu sur des domaines libres, car cela reste le meilleur moyen de se constituer un fond de cale pour une mise de départ raisonnable. Même une fois les bases du métier apprises et maîtrisées, il se nourrira principalement de domaines débusqués sur le premier marché, sauf que la qualité de la marchandise tendra a être sensiblement meilleure (typiquement des noms échangés entre 100 et 500 euros sur le second marché). Ce n’est souvent que plus tard que ce type d’investisseur viendra faire de l’ombre aux vieux dinosaures du second marché, qui ne se nourrissent presque plus que de rachats de noms de domaine déjà pris ou de drops (noms de domaine tout juste expirés). La crainte des anciens ne se situe donc pas là, puisque ce jeu des forces fait davantage vivre le marché qu’il ne l’assèche.

Quant au premier marché, la principale réponse au phénomène d’étranglement trouvée/souhaitée par ses acteurs institutionnels et commerciaux (essentiellement le triptyque ICANN/registres/registrars) reste pour l’heure la fameuse (semi)-libéralisation des TLDs; avec à la clé une possible multiplication de nouvelles extensions de tous bords et de tous genres – et donc autant de relais de croissance pour les acteurs impliqués.

Dès lors, les adeptes de la théorie des vases communicants exposée en introduction de ce billet doivent-ils se faire du souci ? Et si des centaines de nouvelles extensions venaient à voir le jour ? Et si en plus de la quantité, la qualité était au rendez-vous ? Et si les entreprises et les internautes délaissaient peu à peu les extensions historiques pour ces nouveaux venus de l’espace de nommage ? Et si ce big bang venait diluer la valeur du .com ? Si celui-ci, las d’avoir été aux noms de domaine ce que le Kleenex est aux mouchoirs de poche, ne devenait plus qu’une vulgaire feuille de papier toilette ? Et si les piliers du second marché étaient contraints de faire leurs valises et d’aller chercher ailleurs leur réussite, minés par ce renouveau du premier marché et son excédent d’inventaires de qualité ?

Qu’on se rassure, un tel scénario n’est pas prêt d’arriver. C’est en tous cas mon avis.

D’abord parce qu’il faudra encore des années avant l’avènement des premiers enfants de l’ouverture des TLDs. Comme le processus prend du retard au niveau de l’ICANN d’une part et que les dossiers sont longs à monter pour les aspirants d’autre part, je m’attends à une première vague de lancements plutôt modeste. Pendant ce temps-là, certains candidats indécis suivront en tribunes le départ de la course, se réservant l’occasion de faire marche arrière en cas de scénario du pétard mouillé. Mais comme les entrepreneurs en herbe sont souvent plein d’espoir et que même les plus prudents ne pourront pas se permettre de rater le bon (?) wagon, je prédis une seconde vague de lancements à J+1 an, plus grosse celle-là. Tout comme les baby-boomeurs de l’après-guerre que l’on retrouve papy-boomeurs 60 ans plus tard, les surfeurs de cette 2ème vague de nouvelles extensions se retrouveront tous plus ou moins confrontés à la dure épreuve du reality check au même moment, soit environ 2-3 ans après le lancement initial de « leurs » extensions.

C’est alors qu’une (grande) partie de cette progéniture rejoindra le cimetière des extensions mort-nées, sous respiration artificielle ou grabataires (.coop, .museum, .aero, ou plus récemment .mobi).

Ensuite, parce que même un succès mesuré de ces nouvelles extensions à court terme pourrait signifier à moyen et long terme un renforcement de la valeur des extensions historiques. C’est d’ailleurs le scénario que je retiendrais : un apparent départ en fanfare des nouvelles extensions, une euphorie parmi leurs créateurs voire même chez certains apprentis-domaineurs, des débuts prometteurs (les taux de croissance sont forcément meilleurs lorsqu’on part de 0) … puis un essoufflement, les premiers comptes à rendre, une perte d’orientation chez les internautes… et un retour aux valeurs sûres; les valeurs refuges des investisseurs du second marché, en quelque sorte : .com, .net et extensions géographiques fortes (.de. .co.uk…). Les extensions actuellement « marginales » du second marché (.info, .org…) feront les frais de ce scénario ou au contraire, en tireront un second souffle.

Mais alors, qu’est-ce qui pourrait bien arrêter – ou ne serait-ce qu’enrayer – la marche en avant du second marché ? J’imagine que le détracteur que vous êtes peut-être veut enfin savoir !

J’ai ma petite idée sur la question, aussi farfelue soit-elle : dans un futur (lointain, n’exagérons rien), les entreprises auront bien compris et intégré les enjeux des noms de domaine en général, et les avantages concurrentiels procurés par les noms de domaine génériques de qualité en particulier. L’heure de la Grande Bataille aura alors sonné. Fortes d’un savoir et de moyens plus conséquents, les entreprises rentreront dans l’ère de l’arbitrage. Elles hausseront leur niveau de jeu, affûteront leurs méthodes et deviendront plus malines que le plus malin des domaineurs. A la manière de mantes religieuses, elles se délecteront d’abord les domaineurs les plus digestes. Après en avoir fait certains prisonniers et avoir étudié leur comportement en captivité pendant quelques années, elles les imiteront jusqu’à atteindre un degré de perfection qui entraînera l’extinction de cette espèce. Puis, ayant parallèlement capitalisé sur la valeur du trésor de guerre ainsi amassé, elles s’attaqueront aux butins et aux terrains de chasse des domaineurs intermédiaires, puis à ceux des plus expérimentés. Dans la tourmente, les prix flamberont un instant, puis une fois tout l’espace occupé par les entreprises, le calme règnera sur le second marché. Un calme de courte durée, car annonciateur de l’ère la plus meurtrière : celle ou les entreprises se battront entre elles pour défendre leurs terrains et conquérir ceux de leurs voisines.

Les domaineurs repentis contempleront ce champ de bataille d’un œil mi-amusé, mi-terrifié. Le second marché dans toute sa splendeur. Une histoire sans fin.

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Creative Commons License Crédit photo : Simon Bonaventure








fév 24 2010

Photodomaines.com

Catégorie(s) : Foire aux articles, PhotodomainesAdmin @

Les noms de domaine sont devenus omniprésents dans la communication des entreprises, si bien que les consommateurs (malgré nous) permanents de publicité que nous sommes sont confrontés quotidiennement à des dizaines de visuels dans lesquels sont mis en scène d’une manière ou d’une autre des noms de domaine. Certains, à force de rabâchage ou tout simplement parce qu’ils sortent du lot, restent ancrés dans nos petites têtes (qui n’a jamais vu un mangerbouger.fr ou un hotels.com ?), d’autres en revanche ont beaucoup plus de mal à ne pas rentrer par une oreille (un œil) et à sortir par l’autre (qui retient plus de 10 minutes les sous-domaines en .gouv.fr utilisés par le gouvernement français ?).

Le fanatique des noms de domaine que je suis a une fâcheuse tendance a faire une fixation sur les noms de domaine affichés dans les pubs. Sur Internet, à la télé, dans la rue… comme si je n’en ingurgitais pas assez comme ça tous les jours au boulot. Et certains monopolisent davantage mon attention que d’autres. Souvent, je me contente de regarder et de sourire. Et puis parfois, je vois passer des choses un peu plus insolites que j’ai envie d’immortaliser. Comme l’attardé des nouvelles technologies que je suis n’est équipé d’un téléphone portable avec appareil photo intégré que depuis quelques mois (ça doit pourtant être la norme depuis des années maintenant), c’est devenu bien plus facile pour moi de dégainer mon objectif qu’avant.

De là m’est venue l’idée d’une nouvelle série de billets sur Blogodomaines. Une série qui ferait parler l’adage « parce qu’une petite image vaut mieux qu’un long discours« , en somme. Le concept est donc de photographier à la volée et en toutes saisons des noms de domaine insolites, accrocheurs, inspirants, funky, tarabiscotés, délirants – tout ce qui fait qu’il peut valoir le coup d’appuyer sur le déclencheur – et de venir les poster ici.

Parce que je n’ai que deux yeux et pas encore le don d’ubiquité, j’aurai besoin de votre soutien pour m’aider à enrichir cette photothèque spéciale « noms de domaine ». Je compte donc sur vous pour m’envoyer à remy[at]blogodomaines.com tout cliché mettant en scène un ou des  noms de domaine qui aura(ront) retenu votre attention. Rien à gagner pour le moment, si ce n’est un peu de gloire et un petit backlink, cela va de soi ;o)

J’inaugure la rubrique avec une photo prise hier sur le parking du boulot :

Ce camion ne pouvait pas mieux choisir son parking !

Alors, de quel nom de domaine vous souviendrez-vous dans 2 jours ? Moi, je sais duquel je me souviendrai quand la clim’ tombera en panne l’été prochain ;o)

A vos objectifs !







fév 19 2010

Sex.com en route vers un nouveau record ?

Catégorie(s) : Enchères, Meilleures ventes, Second marchéAdmin @

ThreesomeLa nouvelle aurait presque passé sous silence la récente vente de poker.org pour un million de dollars. Dans un peu moins d’un mois, une légende des noms de domaine va remonter sur scène. Pour la énième fois dira-t-on, après moultes aventures rocambolesques parmi lesquelles des changements de mains multiples, des vols, des procès à rallonge et même un livre. Aucun doute, ce nom de domaine est une histoire à lui tout seul. Mais pourrait-il en être autrement pour LE nom de domaine générique non-développé (il redirige actuellement vers une page parking) qui selon moi reçoit le plus de type-in sur la planète et symbolise à lui seul l’une des industries les plus anciennes, les plus innovantes et les plus performantes sur le Web ?

Cette fois-ci, c’est dans le cadre d’une vente aux enchères sur saisie que sex.com sera remis en jeu. En effet, il semblerait que la société ESCOM LLC, qui avait aurait racheté ce nom de domaine en janvier 2006 pour 14 millions de dollars (un montant qui n’a jamais été confirmé officiellement, contrairement à la transaction elle-même), doive aujourd’hui faire face a des difficultés financières telles que la seule issue soit la liquidation d’actifs tels que sex.com. Preuve – si besoin est – que les noms de domaine sont bien considérés comme des actifs à part entière puisque les huissiers les saisissent pour rembourser les créanciers le cas échéant.

La vente aux enchères se tiendra le 18 mars prochain dans les locaux de Windels Marx Lane & Mittendorf LLP à New York.

Le ticket d’entrée n’est certes pas donné, mais somme toute logique pour un nom de domaine de ce calibre : $1,000,000. Les intéressés sont invités à se présenter sur place avec un chèque certifié de ce montant, garantie sine qua non pour s’asseoir dans la salle d’enchères. Pour peu que ledit chèque soit présenté, la vente est publique.

Ce sera à n’en point douter un des évènements de l’année dans le microcosme des noms de domaine. De là à savoir si le record de $14 millions prétendument établi il y a quelques années peut à nouveau être battu…

La légende est (à nouveau) en marche. Faites vos jeux !

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Creative Commons Licensecrédit photo : Mycael







fév 09 2010

Le rapport Sedo du marché des noms de domaine en 2009 est dans les bacs

Catégorie(s) : Second marchéAdmin @

Oyé oyé braves gens, l’édition 2009 du traditionnel rapport Sedo du marché des noms de domaine est dans les bacs ! C’est ce que je viens d’apprendre par un communiqué de presse dont voici un extrait :

Cologne, le 09 février 2010 – malgré la crise économique, le second marché des noms de domaine a poursuivi sa croissance en 2009 [...] Le nombre de transactions a connu une hausse de 4,6% et le volume transactionnel a progressé de 1,6 M.


Voici les faits marquants de ce rapport annuel :

  • 38.675 noms de domaine ont été échangés sur Sedo en 2009, soit une progression de 4,6% par rapport à l´année 2008.
  • Le .com est demeuré en tête des échanges de domaines génériques de premier niveau, représentant une part de 74% des échanges de gTLDs.

  • Les noms de domaine géographiques ont constitué une belle surprise, atteignant pour certains des prix de vente très élevés, comme russia.com (1,1 million de dollars US), brazil.com (500.000 dollars US), ou encore sudan.com (120.000 dollars US).
  • Le prix d’achat le plus élevé en 2009 pour un nom de domaine s’est établit à 1,6 million de dollars US et a été atteint par le domaine fly.com.

Le communiqué de presse en question est disponible dans son intégralité au lien suivant; pour consulter le rapport, c’est par ici que ça se passe.

Sain(t)e lecture pour quiconque s’intéresse de près ou de loin au second marché des noms de domaine ! Pour les plus courageux et méticuleux d’entre vous qui voudront sortir calculettes et tableaux statistiques pour recouper dans les détails les résultats de cette étude avec la mouture de 2008, voici de quoi bien débuter.

J’en fais d’ores et déjà une lecture de chevet pour les prochains jours et tâche de venir poster pour vous une petite analyse personnelle ici-même.