juin 04
Le championnat d’Europe des ccTLDs
L’EURO 2008 approche à grands pas et à l’heure des derniers matches amicaux, les spéculations vont bon train sur la forme et les chances des équipes en lice. Grand amateur de football et de noms de domaine, c’est assez naturellement que m’est venue l’idée de combiner les deux dans une analyse décalée. Le but : simuler un championnat d’Europe des ccTLDs sur la base de la configuration de L’EURO 2008.
Groupe A : Suisse, République Tchèque, Portugal, Turquie
Pour le match d’ouverture mettant en scène l’un des deux pays organisateurs et un outsider du tournoi, l’ambiance est à son comble. Les spectateurs suisses, revigorés par la barre du million récemment franchie par le .ch, croient fort dans les chances de la Nati de faire un coup lors de cette compétition. Le résultat les satisfait pleinement, avec un large 1 119 000 (.ch) – 430 300 (.cz) pour leur équipe favorite. Les 3 points sont dans la poche, le tournoi commence bien. Les Tchèques, eux, démarrent l’aventure d’une bien fâcheuse manière.
Quelques heures plus tard à Genève, Portugais et Turques savent qu’ils doivent entamer la compétition par une victoire s’il veulent rester au contact de la Suisse. Les Turques semblent mal supporter la pression de l’enjeu et passent à côté de leur premier match avec un décevant 159 000 (.tr) – 217 000 (.pt). Le Portugal était pourtant à leur portée, mais les barrières instaurées par le registre en matière de second marché ont finalement été fatales à l’attaque turque.
Dans le match entre la République Tchèque et le Portugal, les premiers sont naturellement sous la pression d’une élimination prématurée en cas de seconde défaite d’affilée. Les Portugais se reposent quelque peu sur leurs lauriers et se recroquevillent en défense. La sentence ne se fait pas attendre et avec deux fois plus de domaines, les Tchèques reviennent dans le coup.
Tout cela ne fait pas les affaires de la Turquie, condamnée à battre des Suisses montés sur ressort dans leur stade de Bâle. Poussé par un public en délire, la Nati s’impose sur un score sans appel de 1 119 000 (.ch) à 159 000 (.tr), la défense turque ayant sérieusement pris l’eau face à leur attaque de feu. Avec 0 points en deux matches, les Turcs sortent par la petite porte.
La Suisse compte bien enchaîner sur sa lancée en se qualifiant dans son stade fétiche de Bâle qui l’a vue éliminer les Turques au tour précédent. Pour cela, les Helvétiques n’ont besoin que d’un petit point face au Portugal. Les Portugais, à force de trop compter sur une défaite des Tchèques à Genève, se crispent et rentrent avec une valise pleine. 9 points en trois match pour les Suisses, le pays est en effervescence et attend les quarts de finale de pied ferme. Avec 3 points, les Portugais ne sont plus maîtres de leur destin et doivent compter sur une défaite des Tchèques contre la Turquie pour espérer passer.
Mais cette défaite ne viendra pas. Grâce à une prestation solide, les Tchèques s’imposent facilement par 430 300 (.cz) – 159 000 (.tr) contre des Turcs déjà éliminés.
Classement final du groupe A :
- Suisse, 9 points
- République Tchèque, 6 points
- Portugal, 3 points
- Turquie, 0 points
Groupe B : Autriche, Croatie, Allemagne, Pologne
L’Autriche a la pression : elle doit impérativement faire bonne figure devant ses spectateurs d’une part, et engranger rapidement des points d’autre part car elle sait que derrière l’Allemagne, tout est ouvert dans ce groupe. Cette pression les transcende et n’avait vraiment pas lieu d’être contre un adversaire joueur mais trop désorganisé pour l’emporter. Le score : 758 000 (.at) – 54 000 (.hr). Ça va être dur pour les Croates. Quant aux Autrichiens, ils savent déjà que l’issue du match contre la Pologne sera déterminante pour la suite.
Le second match entre les voisins Allemands et Polonais se résume à une promenade de santé pour la Mannschaft. Défense de fer, attaque de feu, milieu explosif : rien ne peut perturber la machine allemande. Pas même une séduisante équipe polonaise qui s’en sort quand même avec les honneurs grâce à une attaque incisive. Le résultat : 12 080 000 (.de) – 900 000 (.pl). L’Allemagne va être dure à battre…
Le match suivant ne fait d’ailleurs que confirmer cette thèse, avec une Allemagne impitoyable face à la Croatie. 12 080 000 (.de) – 54 000 (.hr). La Croatie est éliminée.
L’Autriche et la Pologne vont donc se disputer à Vienne le deuxième strapontin derrière l’ogre allemand. Dans une rencontre serrée où les Autrichiens transcendés par leur public auront même mené au score par deux fois, ce sont les Polonais qui s’imposent au finish par 900 000 (.pl) à 758 000 (.at). Les Autrichiens savent que tout se jouera sur le dernier match contre les impressionnants voisins Allemands. Les Polonais ne se font que peu de soucis au vu du résultat connu d’avance de cette rencontre et des 6 points qu’ils ont déjà engrangés : en cas de défaite de l’Autriche face à l’Allemagne, ils seront automatiquement qualifiés pour les quarts.
Et leurs calculs étaient fondés. L’Autriche ne fait pas le poids face à l’Allemagne lors du match suivant et sort par la petite porte devant un public en deuil et avec un sérieux complexe d’infériorité face à leurs deux voisins germanophones.
Les Polonais jouent donc leur dernier match contre la Croatie avec l’assurance de se qualifier, et leur équipe B fait le boulot avec sérieux. Comme la Turquie, la Croatie finit les phases de poule avec 0 points.
Classement final du groupe B :
- Allemagne, 9 points
- Pologne, 6 points
- Autriche, 3 points
- Croatie, 0 points
Groupe C : Pays-Bas, Italie, Roumanie, France
Alias le groupe de la mort, où tout faux-pas sera fatal et où au moins un pilier du football/des noms de domaine européen(s) – sinon deux – rentrera chez lui la queue basse. La France ne rate pas son entrée en matière et forte d’un .fr en vogue qui après avoir joué le catenacio pendant des années s’est enfin trouvé une attaque digne de ce nom, domine facilement la Roumanie par 1 150 000 (.fr) à 250 000 (.ro).
Entre la Hollande et l’Italie, ça sent déjà le match couperet. Les Bataves créent une petite sensation en s’imposant assez largement par 2 853 000 (.nl) à 1 540 000 (.it). Leur prochain match contre la France s’annonce chaud, avec une possible qualification à la clé pour le vainqueur. Pour l’Italie, il s’agira de revenir dans la course après ce faux-pas.
Les Italiens et leur réalisme à tout épreuve ne font pas dans la dentelle et renvoient par la même les outsiders roumains à la maison grâce à une large victoire 1 540 000 (.it) à 250 000 (.ro). Il prennent également un ascendant psychologique sur le perdant éventuel de Hollande-France.
Et ce perdant, c’est la France qui malgré un ballotage favorable sur les derniers résultats doit s’incliner 1 150 000 (.fr) à 2 853 000 (.nl) face aux Oranje, qui avec 6 points en deux matches se positionnent idéalement pour la suite.
Même si Zidane n’est plus là pour distiller les coups de tête dont il a le secret et même si Trézégol est resté à la maison avec un sérieux coup de barre (transversale), le match remake de la finale de la Coupe du Monde 2006 sent la poudre. Et l’histoire se répète. Incapable de refaire son retard suite à un but encaissé bien trop tôt et un départ poussif, la France se casse les dents sur la défense à 9 des Italiens. Luca Toni en profite pour faire une mauvaise blague à son coéquipier du Bayern Ribéry, en marquant d’un lob de 50 mètres suite à un énième dégagement raté de Coupet. La France et son .fr regarderont les quarts à la maison et rongeront leur frein en attendant 2012.
Ce résultat fait les affaires des Pays-Bas, qui met au repos ses meilleurs joueurs pour un dernier match sans enjeu contre la Roumanie. Sans enjeu mais remporté, histoire d’affirmer ses ambitions pour les quarts.
Classement final du groupe C :
- Pays-Bas, 9 points
- Italie, 6 points
- France, 3 points
- Roumanie, 0 points
Groupe D : Grèce, Suède, Espagne, Russie
Ce groupe est sans doute le plus ouvert et les équipes qui le composent le savent. La clé sera donc là encore un bon départ, ou tout du moins d’éviter un faux-départ. C’est gagné pour les Russes et raté pour les Espagnols, avec un premier match disputé se soldant par un 1 280 000 (.ru) – 941 600 (.es) pour la Russie.
Les Grecs, tenants du titre, retombent vite sur terre face aux Suédois et leurs 710 000 domaines. 2004 et la combinaison défense à 10/attaque ultra-réaliste risquent de ne pas faire mouche cette année.
La Suède ne parvient pas à capitaliser sur cette première victoire encourageante et s’incline sur le fil 710 000 (.se) à 941 600 (.es) lors de son deuxième match face à l’Espagne, qui se relance par la même en engrangeant les 3 points laissés contre les Russes.
Ces mêmes Russes qui ne font pas de détails face à des Grecs en perdition et signent leur deuxième victoire d’affilée.
L’Espagne sait qu’elle doit impérativement remporter son dernier match contre les Grecs et espérer une défaite des Suédois face aux Russes pour valider son billet pour les quarts. Le .es, galvanisé par l’approche du million et la grande fête populaire qui s’annonce, ne tremble pas et prend les trois points. Les jeunes sont à la fête avec notamment un Fernando Torres qui n’a plus grand chose à envier au dinosaure Raúl.
Pour le dernier match de ces poules à Innsbruck dans le Tyrol, les Russes terminent le boulot en éliminant par la même les Sudédois un peu pâles malgré une expérience internationale solide. Résultat : 1 280 000 (.ru) à 710 000 (.se).
Classement final du groupe D :
- Russie, 9 points
- Espagne, 6 points
- Suède, 3 points
- Grèce, 0 points
1/4 de finale
Les poules ont accouché (pondu) de 4 résultats parfaitement identiques en termes de répartition finale des points : 9-6-3-0. Les 4 équipes ayant réalisé un carton plein lors du premier tour ne pouvant s’affronter entre elles en quarts, ces dernières peuvent donc a priori envisager ce deuxième round avec sérénité. Les deuxièmes des groupes, quant à eux, vont devoir cravacher dur pour se qualifier pour les demies.
Suisse – Pologne
Dans ce match entre le vainqueur du groupe A et le deuxième du groupe B, la Suisse peut à la fois être transcendée par son fidèle public et paralysée par l’enjeu : la Nati en demi-finale d’un EURO, on n’a jamais vu ça de mémoire d’Helvète. Ce match entre la Suisse et la Pologne, c’est un peu celui de la stabilité contre la nouvelle vague. Deux acteurs actifs à leur manière, l’un plutôt axé marketing et l’autre commercial. L’un qui affiche fièrement la répartition géographique de ses déposants sur une carte innovante et l’autre qui travaille plutôt dans l’ombre avec un site a priori amateur mais une vision innovante et résolument axée second marché. Les domaineurs polonais sont parmi les plus actifs d’Europe. La Suisse est plus orientée utilisateurs finaux, avec une moyenne de prix de vente du .ch sur le second marché assez haute pour le trafic limité dont jouit l’extension.
On s’attendait à un match serré, on l’a eu. La Suisse s’impose en prolongations sur le score de 1 119 000 (.ch) – 900 000 (.pl). Alexander Frei marque le but de la victoire à la 119ème et envoie tout un peuple au paradis. La demi-finale dans le stade fétiche de Bâle s’annonce d’ores et déjà comme l’évènement de l’année après la mise aux enchères d’america.com.
Allemagne – République Tchèque
Circulez, il n’y a rien à voir. Les Tchèques, équipe à priori la plus faible des quarts-de-finalistes, ne refusent pas le combat physique et tactique imposé par la Mannschaft mais s’inclinent lourdement 12 080 000 (.de) à 430 300 (.cz). La bière coule déjà à flot de Hambourg à Munich. Le public allemand repense à la Coupe du Monde 2006 et compte bien recroiser les fers contre leurs bourreaux italiens.
Pays-Bas – Espagne
Un peu semblable à Suisse – Pologne en termes de choc des générations. La force tranquille contre l’explosivité. Et comme ce n’est pas au vieux singe qu’on apprend à faire la grimace, la Hollande et son attaque-canon Robben/Van Nistelroy font le travail et s’imposent 2 853 000 (.nl) à 941 600 (.es). Soit l’équivalent d’un bon 3-1. L’Espagne confirme l’idée reçue que les individualités ne font pas une équipe et ne peut que prendre rendez-vous pour les prochaines joutes de 2012.
Russie – Italie
Un match joué d’avance sur le papier mais à la manière du Zénith Saint-Petersbourg en UEFA, la Russie pourrait bien créer la sensation de ce tournoi. Et contrairement à Chelsea, l’équipe nationale Russe ne doit pas son salut à de richissimes oligarques. Les Russes jouent d’ailleurs crânement leurs chances durant la première mi-temps, qui les voit rentrer au vestiaire avec un léger avantage. Avantage qu’il tiendront comme beaucoup jusqu’à la 80ème minute et un coup de tête rageur de Materazzi. Le reste a des airs de vieux disque rayé : 89ème minute, l’arbitre siffle un coup franc a priori banal pour une faute imaginaire sur Gattuso dans le rond central. Maldini, qu’on pensait mort mais qu’un dernier lifting à sans doute revigoré, distille une transversale dans le paquet aux six mètres. Toni saute plus haut que tout le monde (sans sauter) et place une tête hasardeuse sur la barre transversale. Le ballon revient sur la cuisse de l’inévitable Pipo Inzaghi qui propulse le ballon entre les jambes du gardien russe bien gêné par Del Piero. 2-1 pour la Squaddra Azzura (soit 1 540 000 (.it) – 1 280 000 (.ru) pour la petite histoire)
1/2 finale
Suisse – Allemagne
La Suisse est à la fête pour cette demi-finale germanique. Les Helvètes s’inclinent largement sur un sévère 12 080 000 (.de) – 1 119 000 (.ch) mais repartent avec un sentiment de fierté, un sens de l’humour et un accent intacts. Leur fromage et leur PIB restent quoi qu’il en soit supérieurs à ceux de leurs voisins allemands et un jour, qui sait… En tous cas, merci aux Suisses pour leur accueil chaleureux et leur football champagne !
Pays-Bas – Italie
Le groupe de la mort portait bien son nom… revoici les deux premiers du groupe C face à face. Et les Pays-Bas, réputés comme l’Espagne comme une équipe nationale maudite en Coupe, font mentir les statistiques en renvoyant les Italiens de l’autre côté des Alpes grâce à une organisation sans faille à tous les niveaux. Maldini jure de revenir en 2054 et Gattuso, fou de rage, mord un supporter. Pourtant, l’arbitre était curieusement italien et Zidane était dans les gradins. Trézéguet, naturalisé de dernière minute, à bien essayé de redresser la barre mais il allait justement frapper le poteau à 3 reprises dans le match. Nistelroy est encore une fois froid comme la glace et sur 4 ballons touchés, en envoie 3 au fond. Edgar Davids, de retour de cure de désintoxication et nostalgique des années Van Basten, y va même de son but personnel. 2 853 000 (.nl) – 1 540 000 (.it); Les Bataves affronteront les Allemands en finale !
Finale
En une phrase : « le football est un sport qui se joue à 11 contre 11 et où les Allemands gagnent toujours à la fin »
Les noms de domaine aussi.
Pour vivre en Allemagne, je peux dire que le .de est partout, que ça ne date pas d’hier et que ce n’est pas prêt de s’arrêter demain. Ici, tout le monde connaît la portée du nom de domaine. C’est enseigné dans les écoles, prêché dans les entreprises, en vogue auprès des jeunes comme des moins jeunes.
Grosses enseignes qui communiquent sur des termes génériques, start-up aux noms ronfleurs, campagnes de pub flash, site bidouillé en 3 minutes pour un enterrement de vie de garçon… tout y passe.
Bien sûr, les domaineurs suivent allègrement et alimentent les tuyaux, mais ce ne sont pas les fondations de l’extension.
Les fondations, c’est la mentalité. Les fondations, ce sont les registrars qui font vivre l’extension. Les fondations, c’est un registre à la fois pérenne, responsable et dynamique.


5 juin 2008 à
Tu reviens de quelle ville Rémy déjà ?

Bon article, comme d’hab !
++
5 juin 2008 à
Et dire que malgré leurs 6 880 775 .uk (tous sous-domaines compris), les Anglais regarderont l’Euro à la TV…
http://www.nominet.org.uk/intelligence/statistics/registration/
5 juin 2008 à
lol inonuffin il m’a fallu 3 heures pour comprendre le sens profond de ton commentaire… j’avais lu « tu viens de quelle ville Rémy déjà ? »
Je t’assure j’étais parfaitement lucide quand j’ai rédigé ce billet. Eh oui, on dirait pas comme ça
5 juin 2008 à
Bravo Rémy ! Excellente approche, cela fait du sens et Thierry Roland approuverait.
Je serai samedi au stade de Genève pour Portugal-Turquie. Je ne suis pas certain de revenir vivant.
6 juin 2008 à
Très bel article !
Etant actuellement dans une réunion du CENTR avec mes collègues ccTLDs, je leur aurais bien fait suivre… Dommage qu’ils ne parlent pas français.
6 juin 2008 à
Merci Mathieu ! Pour vos collègues non-francophones, vous pouvez utiliser le widget Google Traduction intégré à mon blog. C’est certes assez imparfait mais ça suffit souvent pour comprendre le contenu… et éventuellement se payer une bonne tranche de rire car les résultats sont parfois loufoques
Voici le lien vers la traduction Google en anglais.
12 juin 2008 à
Désolé Rémy, c’était sans doute un peu trop *capillotracté* comme commentaire ^^
@Picsou : la Nati out malheureusement… presque trois buts turcs avec celui de Yakin !
Ps : preneur de toute place gratuite en VIP pour la finale
12 juin 2008 à
Bonne inspi Rémy !
)
Allemagne – PaysBas ça peut le faire
Amitiés aux Suisses, à bientôt dans la sandbox ( demain peut-être
15 juin 2008 à
Tout faux sur le premier groupe
16 juin 2008 à
1 sur 2 sur le deuxième groupe… l’Allemagne est là !
17 juin 2008 à
2 sur 2 sur le 3ème groupe
De mieux en mieux…
18 juin 2008 à
2 sur 2 sur le groupe D, dans le désordre
19 juin 2008 à
1er quart de finale… gagnant : l’Allemagne est encore là