Mar 28

La valorisation des noms de domaine - l’extension

Catégorie : ValorisationRémy @

Après mon billet d’introduction sur la valorisation des noms de domaine, l’heure est venue de prendre le taureau par les cornes et de poser la première pierre d’un édifice dont j’avoue avoir moi-même du mal à estimer l’ampleur.

Comme je l’indiquais à la fin de mon billet initial, je commencerai ce tour d’horizon des critères qui font la valeur d’un nom de domaine sur le second marché par les considérations “géographiques”, c’est à dire l’extension (même si les gTLD n’ont a priori aucune dimension géographique) d’une part, et la langue (si tant est qu’il y en ait une, c’est à dire que le domaine soit générique) associée à la racine du domaine d’autre part. Comme il y a beaucoup à dire sur la question des extensions, les aspects linguistiques purs feront l’objet d’un billet séparé.

Dans la mesure où l’on recense à ce jour des centaines de TLD réparties entre les TLD génériques, géographiques et markétés, il me sera impossible de les passer tous en revue. Je m’efforcerai donc de mettre l’accent sur les plus répandus, les plus controversés et/ou les plus en vogue.

Il est une règle d’or sur laquelle tout le monde - domaineur ou non - devrait pouvoir se mettre à peu près d’accord (profitons-en) : Dot Com is the King. En d’autres termes et à l’échelle mondiale, le .com reste LA référence. Pour les amateurs de comparaisons, le .com est un peu aux noms de domaine ce que le Kleenex est aux mouchoirs de poche : un symbole.

Ceci bien sûr si l’on fait abstraction des considérations locales, qui peuvent amener un ccTLD à avoir plus de valeur qu’un .com dans un pays donné. L’occasion d’introduire la notion de taux de pénétration d’une extension, qui se définit le mieux par un cas d’école en guise d’exemple : pour 100 domaines déposés en France et si l’on ne retient que le .com et le .fr comme base d’analyse, combien de .com et combien de .fr ? Paradoxalement, les études sur la question sont assez difficiles à dénicher, mais en cherchant bien, on trouve des statistiques qui s’en rapprochent. En Allemagne, par exemple, la popularité dont jouit le .de est telle qu’une entreprise locale déposera en première intention le .de, le .com n’étant qu’un second choix remplissant parfois seulement des besoins purement défensifs.

Ainsi, les .com sont non seulement les noms de domaine qui se vendent le plus cher sur le second marché, mais également ceux qui se vendent le plus tout court. Et la tendance ne semble pas prête de s’inverser, même avec le phénomène d’embouteillage constaté sur cette extension et l’avènement incessant de nouvelles extensions dont certaines semblent promises à un bel avenir. J’entends davantage par “bel avenir” le privilège de ne pas tomber dans l’oubli qu’autre chose. Car à force d’enchaîner les nouvelles extensions comme des perles et même si cela est indispensable à la croissance du marché, on finit par atteindre l’inverse de l’effet souhaité. Après les langues mortes, on devrait voir apparaître d’ici quelques années la notion d’extension morte… Je pense notamment au .eu, qui n’a pas su séduire les particuliers et dont je ne vois pas comment il pourra subsister bien longtemps dans les tiroirs des entreprises qui ne l’utilisent pas.

Mais derrière l’indétrônable .com, il reste des places à prendre. Et des prétendants parfois inattendus. Le .de par exemple (encore lui), qui s’apprête à passer la barre des 12 millions de domaines déposés et qui a d’ores et déjà détrôné le gTLD dauphin du .com, le .net. Notons que l’Allemagne est le deuxième pays au monde en termes de dépôts de noms de domaine. Le Royaume-Uni et son .co.uk restent également des valeurs sûres, notamment grâce à la taille déjà considérable et au potentiel encore énorme du marché de la publicité en ligne Outre-Manche. Vous ne vous demanderez plus pourquoi des entreprises comme Sedo ont pris racine en Allemagne, monté une première filiale aux Etats-Unis et a récemment posé pied en Angleterre.

A quand la France, me direz-vous ? Hum, pas si simple… outre les considérations stratégiques et pour rester sur notre sujet qui est celui de l’extension, le .fr paye encore à mes yeux le retard accumulé au niveau de ses conditions d’attribution. Rappelons qu’il n’y a encore pas si longtemps, il était impossible pour un particulier de déposer un .fr (voire même difficile pour une entreprise). Cependant, je pense que le .fr reste l’extension “naturelle” et qu’il va très rapidement refaire son retard sur un .com encore bien présent. A long terme, le taux de pénétration du .fr en France pourrait être semblable à celui du .de en Allemagne, c’est à dire de l’ordre des 90%. Pour les plus visionnaires, cela signifie que le .fr pourrait bien s’avérer un excellent choix d’investissement pour le futur. Les bonnes affaires se font d’ailleurs de plus en plus rares sur le premier marché, mais le second marché offre encore de belles opportunités avec des prix plus que raisonnables qu’il soit question de moyennes ou de records.

Pour finir sur les ccTLD et en rappelant que je ne pourrai malheureusement donner mon avis sur tous, je ferai une “spéciale dédicace” à deux chouchous : le .nl et le .it. Ils sont associés à deux des marchés à plus forte croissance au niveau mondial - exception faite bien entendu du .cn, tant il semble inévitable que la Chine bouleverse encore plus la hiérarchie globale qu’elle ne l’a fait rien qu’en 2007. Au niveau européen, le .es se pose en outsider, poussé il est vrai par une communauté de domaineurs parmi les plus actives au monde.

Et pour finir sur les gTLD, j’indiquerai que leur côte sur le second marché est sensiblement la même que sur le premier, à la différence près que le .info semble mieux tirer son épingle du jeu que le .org.

Je ne m’attarderai pas sur les extensions dites “marketées” (.tv, .dj, .fm etc.), qui n’accouchent qu’à de rares exceptions de noms de domaine capables de belles suprises sur le second marché. Quelques exemples de noms de domaine accrocheurs toutefois : programm.tv, techno.dj, radio.fm.

Une dernière règle de base en guise de conclusion : plus un terme donné sera déposé dans de nombreuses extensions (génériques et géographiques), plus le nom de domaine correspondant aura de valeur. A l’inverse, ne sautez pas trop vite de joie à la découverte d’un nom de domaine libre et vérifiez tout d’abord s’il est déposé sous les extensions les plus classiques. Si c’est le cas, c’est sans doute une bonne pêche. Si ce n’est pas le cas, c’est que le nom de domaine n’est pas si bon que vous le pensiez.

L’extension reste un critère de référence dans la valorisation d’un nom de domaine, si ce n’est le critère le plus important. Nous verrons toutefois dans un prochain billet que l’appréciation de la valeur d’un nom de domaine par son extension ne peut se faire sans une analyse simultanée des critères linguistiques et phonétiques du terme-racine.

Quand y’en a plus, y’en a encore :

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4 réponses à “La valorisation des noms de domaine - l’extension”

  1. david chelly a dit :

    Merci pour cet article !
    je note que tu continues à croire au .fr et c’est une info essentielle. Pour ma part, je ne trouvais que des défauts (formalisme du dépôt et du transfert, difficulté de paramétrage des sites, risques de confisquation…) à cette extension, jusqu’au jour où je t’ai entendu dire que tu y voyais un excellent potentiel. Ca fait environ 6 mois et je dois dire que tu as le nez creux, les .fr sont de plus en plus recherchés. Merci pour ces conseils qui nous ont fait réaliser de jolis coups et mieux comprendre le fonctionnement de ce marché passionnant.

  2. La valorisation des noms de domaine / l’extension par Remy Sahuc - Le forum du domaining francophone a dit :

    [...] directe de l’article sur le site blogodomaines.com La valorisation des noms de domaine - l’extension | Blogodomaines __________________ [...]

  3. La valorisation des noms de domaine (Blogodomaines.com) - Le forum du domaining francophone a dit :

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  4. Francois a dit :

    Bon article Rémy.

    Ma note perso:

    Je ne pense pas que le bon indicateur de la santé d’une extension soit le nombre de noms de domaines enregistrés, mais plutôt le nombre de sites online utilisant l’extension.
    C’est pourquoi, comme Rémy le souligne, le .eu est virtuellement “mort” malgré tous les .eu enregistrés.
    Pour avoir une bonne appréciation de cette valeur on peu calculer le nombre de sites indexés pour une extension particulière en questionnant Yahoo ou Google.

    PS:
    A l’époque j’avais fait ma petite étude sur la valeur des extensions dans la valorisation des noms de domaines:
    DomainExtensions.com

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