Etude trimestrielle du second marché par Sedo : des volumes d’échange en légère baisse, des valorisations de noms de domaine en légère hausse

Etude de marché SedoSedo a publié ce matin sa traditionnelle étude trimestrielle du second marché des noms de domaine, proposant des statistiques détaillées sur les transactions enregistrées sur sa plateforme au cours des trois derniers mois.

Le rapport en question fait état de plus de 10 000 noms de domaine échangés sur la place de marché leader pour un volume global dépassant les 16 millions d’euros. Des valeurs en légère diminution par rapport au 2ème trimestre, tendance imputable selon Sedo à des mois de juillet/août traditionnellement calmes.

Le spécialiste du marché des noms de domaine d’occasion note d’ailleurs que le volume d’affaires des trois premiers trimestres de 2010 est en augmentation de 23% par rapport à la même période l’an dernier.

Alors que les versions précédentes de ces études de marché trimestrielles avaient pris l’habitude de révéler un nombre de transactions en forte hausse contre des prix de vente moyens en légère baisse, le cru « T3 2010 » affiche une tendance inverse. Contrairement au nombre de transactions dont nous avons vu plus haut qu’il a fléchi par rapport au trimestre dernier (de 9,5% pour être exact, contre -4% pour les volumes d’échange), le prix de vente moyen d’un nom de domaine toutes extensions confondues affiche une progression de 6%, à 1 593 €.

Sans surprise, le .com reste l’extension reine sur le second marché des noms de domaine. Elle totalise 74% des échanges sur le segment des gTLD, et 46% des transactions toutes extensions confondues. Son prix de vente moyen (1 967 €) est également en progression par rapport au printemps dernier (+5%) et son prix de vente médian quasiment stable (50% des noms de domaine en .com se sont vendus plus de 408 € au T3 et 50% moins de 408 €, contre 412 € au T2 2010)

Là où les échanges de gTLD représentent 61% du total, les 39% restants vont logiquement aux ccTLDs. Profitons-en pour rappeler au passage à ceux qui prédisent un avenir sombre aux investisseurs « traditionnels »  du second marché avec l’avènement prochain (ou pas) des nTLD (les nouvelles extensions) qu’il a fallu des années aux ccTLDs pour gagner une part du gâteau toujours minoritaire face aux gTLDs, et que la meute d’extensions géographiques est menée par un duo de caïds : le .de (à lui seul 52% des échanges de ccTLD au T3 sur Sedo) et le .co.uk (14%). On voit donc mal comment les nTLDs, parmi lesquels les corpTLDs qui n’auront quoi qu’il en soit aucune résonance sur le second marché (puisque que contrôlés par les titulaires de marques et donc très majoritairement fermées), pourraient raisonnablement venir remettre en cause l’ordre des choses sur le marché des noms de domaine d’occasion. Fin de la parenthèse, désolé de n’avoir pu me retenir de glisser une touche personnelle dans ce billet essentiellement voulu impersonnel pour laisser parler les chiffres !

Pour en revenir aux ccTLD à noter que si le .fr a visiblement du mal à progresser en termes de part des ventes de ccTLD (2%, contre 3% par exemple pour le .ch), l’extension française semble tenir le rythme en matière de prix de vente moyen puisqu’elle conserve sa couronne honorifique « d’extension la plus chère » depuis plusieurs trimestres de suite, flirtant même avec la barre des 4 000 €. Si ce tarif moyen est notamment plus de 3 fois supérieur à celui du mastodonte allemand (.de), il convient d’en relativiser la teneur au vu du faible nombre de transactions enregistrés sur des .fr (environ 80 transactions au cours du trimestre contre plus de 2 000 pour le .de)

Voici les 3 meilleures ventes de noms de domaine au troisième trimestre sur Sedo : jerusalem.com ($510 000), lottery.net ($220 00) et angels.com ($200 000). Le .com truste la liste du top 20 des ventes du trimestre, ne laissant respectivement qu’une maigre place à un .net (le désormais ex lottery.net de Frank Schilling), un .co (e.co, $81 000), un .ch (swisstv.ch, 35 508€) et un .co.uk (sites.co.uk, $35 000). Seul le .de prétend à 3 sièges dans ce club fermé : sec.de (136 850 €), devisen.de (55 930 €) et cloud-computing.de (29 000 €). L’Allemagne place également un représentant en .com dans cette liste : geschenk.com (« cadeau » en allemand) et ses $40 000.

Au niveau structurel, il est intéressant de constater que les ventes à prix fixes continuent de grignoter une part toujours plus grande du gâteau, 28% du total des transactions publiques enregistrées au troisième trimestre émanant de ce canal de ventes en vogue (contre 6% en 2009). Les transactions découlant de négociations classiques (offre/contre-offre) représentent toujours la majeure partie des échanges sur Sedo (42%). Ce sont donc sans surprise les ventes aux enchères qui font les frais de la progression des ventes à prix fixes. On peut aussi (surtout ?) imaginer que les ventes aux enchères ne sont pas vraiment aidées par la nouvelle interface web du site Sedo.com.

Rappelons que les chiffres présentés dans cette étude ne concernent que les transactions publiques enregistrées sur Sedo au cours des trois derniers mois, et que les transactions confidentielles représentent traditionnellement jusqu’à 50% du total (plutôt 30% en moyenne, de mémoire de moineau).

En somme, Sedo sort d’un trimestre tout à fait convenable pour selon qu’il coincide avec une relative « saison creuse » et doit d’ores et déjà se réjouir des résultats du trimestre prochain, qui devrait voir la société engranger les bénéfices financiers de la récente vente de logo.com pour $500 000 mais surtout de la vente de sex.com pour 13 millions de dollars.

9 réflexions au sujet de « Etude trimestrielle du second marché par Sedo : des volumes d’échange en légère baisse, des valorisations de noms de domaine en légère hausse »

  1. Bonjour,
    malgré tes efforts et ton grand talent, Rémy, je ne suis pas sûr que tu aies réussi dans ce billet à tirer d’une publication aussi pauvre un quelconque enseignement.
    Les compte-rendus de Sedo me font penser aux travaux des étudiants de 1er cycle qui manipulent des outils statistiques sans vraiment bien comprendre leurs portées et leurs limites. En l’occurrence, les statistiques de ventes de noms de domaine par Sedo ne peuvent pas être interprétées, dans le sens où les objets sont tous différents, que Sedo monitore un infime partie des transactions du secteur et surtout que celles-ci ne résultent pas d’arbitrages de marché mais de décisions ponctuelles d’achat et de vente.
    En plus, ces compte-rendus de Sedo sont avant tout des instruments de communication externe qui ont autant d’objectivité et de pertinence que des slogans de supermarché.

  2. Pas mieux, bon topo :)
    « On peut aussi (surtout ?) imaginer que les ventes aux enchères ne sont pas vraiment aidées par la nouvelle interface web du site Sedo.com. »
    Litote ?


  3. @David : je vois où tu veux en venir et je suis d’accord avec le fait que Sedo n’est pas le marché, mais peut-on raisonnablement 1. ignorer les stats du leader mondial du secteur ? et 2. se retrouver ainsi devant une feuille blanche en matière de pouls du marché (puisque les autres acteurs ont soit une part de marché très modeste, soit ne publient pas de stats, soit les deux).


    Que la vaste majorité des transactions se passent hors plateformes ou alors en privé sur lesdites plateformes, OK, mais je ne pense pas qu’on puisse complètement fermer les yeux sur les rapports d’activité Sedo si on veut faire un minimum de veille sur l’état du marché. C’est comme si on ignorait les rapports trimestriels de Verisign en avançant comme argument que la vérité est ailleurs, pour citer un bon ami à moi.


    Pour résumer, je trouve que ces études ont le mérite d’exister et compensent un peu l’impression d’opacité qui se dégage du second marché, dont je n’ose imaginer la prévalence chez les personnes peu familières avec le secteur si nous-mêmes qui en sommes des habitués avons parfois du mal à avancer dans cette relative obscurité.

  4. Hello Rémy, David, Ruben and CO :)

    Merci pour ce billet toujours lu avec plaisir. Si le .ch passe devant le .fr je vois d’ici un nouveau cheveu blanc en plus qui se dresse sur mon crane :(, la grosse vente du début d’année en .fr n’aura pas l’effet escompté si ce n’est fausser les stats pendant un trimestre, bien triste le domaineur que je suis de voir qu’on est pas encore les pieds dans le sable comme un certain domaineur suisse  . Je vais donc acheter corde.fr et poteau.fr comme je l’avais annoncé sur un certain forum.. jadis… Heureusement que les ventes hors sedo sont bien au-dessus des chiffres annoncés ici, un bon « 0 » en plus en général sur le .Fr, mais j’en vends pas un toutes les semaines… snirf… va falloir vraiment vendre les produits correspondant aux NDD si on ne veut pas devoir inscrire sur notre testament la succession de notre cher patrimoine virtuel… A bientôt, GENERIQUE

  5. @ remy : je suis d’accord que Sedo est une source d’information de premier plan pour comprendre le marché. C’est instructif de voir comment évoluent les enchères, les types de ndd qui se vendent bien et ceux qui ne reçoivent pas d’offres, la part d’utilisateurs finaux dans les achats, etc. Maintenant, vouloir en tirer des statistiques comme cela est fait dans l’étude trimestrielle de Sedo n’a ahma ni validité ni intérêt. D’une part, les statistiques en tant que sciences ne peuvent s’appliquer que pour les ensembles homogènes et d’autre part, Sedo présentera toujours les chiffres de la manière la plus favorable possible. Ca n’est pas choquant, on le voit tous les jours dans la recherche où les chercheurs arrivent à répondre aux doubles objectifs de rigueur scientifique et de résultats conformes aux exigences des commanditaires des études.

    Donc, au risque d’être en léger désaccord avec le pape intergalactique du secteur, je maintiens que ces études ne servent à rien. Pour appréhender au mieux le marché, le meilleur moyen à mon avis est de collecter et d’échanger un maximum d’informations, comme nous sommes quelques-uns à le faire de manière informelle en permanence, puis de confronter nos analyses. C’est grâce à ce travail quotidien que nous savons plus ou moins précisément où en est aujourd’hui le marché, quelles sont les extensions à privilégier, les types de domaines prisés, etc.

    @ generique : on n’en a pas parlé je crois, mais je suis 100 % d’accord avec toi. Plutôt que d’attendre indéfiniment des offres de rachat qui ne viennent jamais ou sont très décevantes, le développement commercial de sites professionnels est aujourd’hui le plus rentable. Ca ôte une partie du confort du domaining (pas de stock, pas d’employé, pas de client et de fournisseur…), mais c’est une des rares portes de sortie qu’il nous reste, maintenant que le parking est mort (n’est-ce pas Rémy ;-), que les MFA et les minisites prennent le même chemin et que l’éclosion d’un réel second marché n’est à mon avis pas pour demain, vu la période actuelle (et peut-être encore plus future) de récession économique durable.

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