avr 07 2010

Le second marché des noms de domaine vu par l’AFNIC

Catégorie : Second Marché,ValorisationRémy @

afnicAprès un dernier billet en forme de PoissonDavril.com, c’est encore l’AFNIC qui tient la Une de Blogodomaines !

Le registre du .fr vient en effet de publier l’un des dossiers thématiques dont elle a le secret. Et une fois n’est pas coutume, c’est du second marché des noms de domaine dont il est question. Dans un dossier aussi complet qu’instructif, l’AFNIC livre une analyse du secteur à portée de tous (l’analyse, pas le secteur… quoi que).

L’annonce de l’AFNIC est disponible au lien suivant et le dossier en question est téléchargeable au format .pdf ici.

Selon les termes de l’organisme en charge de la gestion du .fr, ce dossier s’adresse :

- aux entreprises détenant des portefeuilles de noms de domaine, dont certaines sont encore peu conscientes de la valeur que ce portefeuille peut représenter ;

- aux entreprises engagées dans des projets sur internet et confrontées à l’existence de noms de domaine déposés par des tiers, pour les sensibiliser au fait qu’un nom de domaine déjà pris n’est pas nécessairement inaccessible

- à tous ceux qui, pour des raisons professionnelles ou personnelles, veulent en savoir plus sur un aspect méconnu du marché des noms de domaine

Ce dossier se compose en trois parties, traitant essentiellement :

  • de l’origine, du fonctionnement, de la légitimité et des tendances globales du second marché
  • des principes et des critères de valorisation des noms de domaine (auxquels est consacrée pour rappel la rubrique « Valodomaines » de ce blog)
  • des forces en présence du marché (« domaineurs », intermédiaires, prestataires parking etc.)

Sans m’épancher sur le contenu du papier ni me livrer à une analyse endiablée, je dirai simplement qu’il s’agit d’une lecture à mettre entre toutes les mains. Au delà du public de premier rang évoqué plus haut, je pense notamment aux enseignants en webmarketing… et à ceux qui les écoutent avec attention, à savoir les étudiants.

De là à dire que le second marché à gagné en la présence de ce dossier ses lettres de noblesse, je ne pense pas. Mais je note que les efforts d’évangélisation du public francophone engagés  par certains acteurs/spécialistes/experts du second marché des noms de domaine depuis plusieurs années déjà commencent à porter sérieusement leurs fruits. A mon sens, on est en train de passer du stade de la méconnaissance, de la méfiance et des stéréotypes à celui de la curiosité, dans le sens « ouverture d’esprit » du terme. La qualité du travail de recherche et de rédaction de ce dossier en sont la preuve la plus évidente. Les mentalités, quant à elles, ont encore le temps d’évoluer.


oct 18 2009

La valorisation des noms de domaine – Le potentiel de revente

Catégorie : ValorisationRémy @

Il existe à ce jour environ 185 millions de noms de domaine enregistrés dans le monde, toutes extensions confondues. Un chiffre qui croît de plusieurs millions par trimestre (par exemple, +9 millions d’enregistrements au 2ème trimestre 2009 par rapport trimestre précédent, selon le dernier rapport de Verisign)

Parallèlement, on dénombre quelques centaines de ventes publiques dans les sacro-saints tableaux hebdomadaires de DNJournal, chiffre également en croissance. A supposer que les ventes publiques ne représentent que l’infime partie immergée d’un gros iceberg (c’est le cas, mais reste à savoir de quelle taille est la partie du glaçon sous l’eau) et que s’échangent quotidiennement plusieurs milliers de noms de domaine en coulisses, on peut tout au plus chiffrer en dizaines de milliers le nombre de ventes mensuelles sur le second marché, toutes extensions, toutes catégories et toutes langues confondues.

Sans chercher à disserter ici sur le potentiel de croissance du second marché par rapport au premier, quelque chose saute à l’œil à l’étude de ces quelques chiffres : statistiquement, les probabilités de revente d’un nom de domaine sont relativement minces à l’échelle individuelle. Bien sûr et à moins d’être particulièrement maladroit, vous vendrez d’autant plus de noms que vous aurez un portefeuille fourni. Ainsi, BuyDomains – dont l’inventaire doit atteindre à vue de nez les 700 000 noms de domaine, arrive à clore quelques centaines de ventes chaque semaine. Mais soyons clairs : 1. ceux qui jouent dans cette ligue se comptent sur les doigts de la main et 2. ils ont d’autres soucis, notamment celui des coûts d’entretien de leurs portefeuilles (imaginez la facture de frais de renouvellement annuels chez BuyDomains…Wink. Et même pour ces gros poissons, la question centrale n’est pas différente de celle que tout investisseur en noms de domaine, professionnel ou amateur, se pose : comment écouler suffisamment de stock pour que mon activité soit, si ce n’est bénéficiaire, au moins équilibrée/rentable sur le long terme ?

Bref, il faut vendre. Ceux qui vous disent qu’ils ne veulent pas/n’ont pas besoin de vendre ne sont pas des investisseurs, ce sont des collectionneurs. Bien sûr, on peut être un peu les deux à la fois et il est des bouteilles qu’on préfère garder à la cave jusqu’à pourquoi pas les savourer soi-même aux beaux jours de sa retraite. Mais globalement, il faut vendre un minimum pour que les achats et la démarche tout entière soit justifiés.

Toute la difficulté consiste donc à dénicher et à acquérir sur le premier ou le second marché des noms de domaine revendables. Et ce n’est pas une mince affaire. D’abord parce que personne n’est dupe (quoi que) et que mathématiquement, la probabilité de revendre tous ses noms de domaine est quasi nulle. Il va donc dans un premier temps falloir se faire à l’idée qu’une partie du cheptel sera irrémédiablement emportée dans la tombe; cette partie profitera tout au mieux à votre descendance, si encore elle sait préserver ce capital. Et je ne parle pas de le faire fructifier. Bref. Quel pourcentage de votre stock êtes-vous susceptible d’écouler chaque année ? 20% ? Certainement pas. 10% ? Si vous faites un deal de gros, pourquoi pas. 5% ? C’est déjà moins irréaliste. 3% ? Si vous êtes bien rodé, ok. 0% ?! Si vous faites n’importe quoi en termes d’acquisitions et faites en plus la fine bouche sur les rares offres qui se présentent, ce n’est pas impossible. Désolé si j’ai cassé un peu l’ambiance ou fait tomber un mythe.

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juil 29 2009

Victime de la mode

Catégorie : ValorisationRémy @

Little brown bag of Shopping !En suivant des enchères sur une plateforme de snap hier, j’ai eu l’occasion de revisiter les contours d’une notion qu’on n’évoque peut-être pas assez lorsqu’il est question de valorisation de noms de domaine. Cette notion, c’est ce que j’appellerais la « durabilité » du nom de domaine, à savoir sa propension à traverser les années sans prendre une ride.

Or dans un monde qui évolue à 200 à l’heure et un environnement Internet à 500, il est toujours plus difficile de trouver des noms de domaine – disponibles sur le premier marché ou  abordables sur le second – correspondant à des concepts solides et résistants aux effets de mode. Pour peu qu’on soit un adepte du predictive domaining, ça devient carrément compliqué de trouver un équilibre entre les notions qui n’en sont aujourd’hui qu’à l’état de germe mais dont on pense qu’elles feront un carton dans 3/5/10 ans et celles dont on pense qu’elles sont indémodables, mais tomberont inexorablement dans l’oubli au fil des ans.

Un bon exemple de thème indémodable, dont les générations présentes et futures parleront toujours (plus) et qui sera donc toujours générateur de trafic sur Internet : la météo. Qu’il pleuve, neige ou vente, tout est matière à vives discussions sur le temps qu’il fait. D’accord, l’exemple est stéréotypé : y a-t-il seulement un seul jour où nous ne parlons pas de météo avec notre entourage depuis que nous sommes en âge d’avoir une vie sociale (ou pas, pour les plus reclus d’entre vous) ? Par extension, on peut penser qu’il faudra toujours utiliser des thermomètres pour mesurer la température. Certes, l’objet évolue et on est passé du thermomètre à mercure à la démocratisation du thermomètre électronique sans qu’on s’en rende vraiment compte. Mais à terme, qu’est-ce qui peut remplacer le thermomètre ? Sans doute pas grand chose, mais ne sous-estimons pas pour autant l’évolution de la technique et laissons les experts du predictive domaining dénicher avant les autre les noms qui deviendront peut-être les standards de demain. En attendant, la météo, elle, fera nécessairement parler toujours plus de monde, ne serait-ce que pour la simple raison qu’il y a toujours plus de monde sur terre.

Pour en revenir au nom de domaine d’hier, je ne vois aucune raison de ne pas vous le citer puisque les enchères sont terminées : c’est EcranPlat.com. A première vue, c’est un nom tout à fait exquis : court, descriptif, sans équivoque, associé à des volumes de recherche conséquents, correspondant à un produit susceptible d’être acheté sur Internet (et en dehors) et donc logiquement associé à des CPC solides parmi les nombreux annonceurs qu’il intéresse. Bien. Mais à y regarder de près, où en est l’écran plat aujourd’hui ? Il va bien : sans être allé faire de recherches poussées sur le sujet et en me limitant au site de l’INSEE, je pense que plus des trois quarts des foyers français en sont désormais équipés, qu’il soit question d’écrans plats de PC ou de télévision. Là où on parlait de produit de haut de gamme il n’y a encore pas si longtemps de cela, on est désormais face à un produit grand public qui a sa place dans le panier des français moyens. Très bien. Mais dans quel contexte le terme « écran plat » est-il arrivé sur nos lèvres ? Pour nous permettre de distinguer entre le bon viel écran cathodique de notre jeunesse et la nouveauté format feuille de papier que les fabricants nous ont fait miroiter !

Seulement voilà, ceux qui n’auront jamais connu que l’écran plat – les graines d’internautes consommateurs de demain – vont-il devoir recourir à cet artifice linguistique, à l’heure où il n’y a déjà plus que des écrans plats dans les rayons ? Pas si sûr, peut-être qu’ils (re)parleront tout simplement d’écrans, parce qu’il n’auront jamais connu les gros cubes qui encombraient nos bureaux et nos salons.

Ce n’est pas un mal en soi, ni une critique envers ceux qui se sont positionnés sur les enchères d’EcranPlat.com : j’en ai moi-même fait partie et je suis heureux d’avoir du mettre les mains dans le moteur pour mettre en route mon cerveau. Mais imaginons que l’objectif du gagnant de ces enchères soit de revendre ce nom de domaine dans les 5 ans, celui-ci est-il réalisable ? Comme tout le monde le sait (ou fait mine d’ignorer), il est rare de vendre un nom dans les mois qui suivent son acquisition. D’abord parce que la plupart des investisseurs en noms de domaines aiment bien laisser le temps faire son effet bénéfique sur leurs poussins. A moins de jouer les équilibristes et d’avoir déjà un acheteur final au moment même où on se positionne sur les enchères. Mais dans une configuration classique, celui qui a remporté ces enchères – et dans la mesure où son but de faire une plus-value à la revente et non de le développer – se retrouvera probablement confronté à un dilemme ou pris dans un étau : d’un côté, l’adage qui veut que les domaines génériques gagnent en valeur avec le temps; d’un autre, le dépérissement du terme (selon ma vision exposée plus haut. Je peux tout aussi bien me tromper) et la nécessité qui en découlera de vendre rapidement… au risque de ne pas vendre du tout ou de vendre à perte. On parle quand même d’un investissement à plusieurs centaines d’euros.

Quand vous enregistrez ou rachetez un nom de domaine, posez-vous donc la question de la durabilité du terme qui lui est associé. Si c’est un produit, demandez-vous s’il existera encore dans 3, 5 ou 10 ans (voire plus). Si vous êtes dans le brouillard, vous pouvez utiliser des outils comme Google Trends pour vous orienter. Les noms de domaine à effet de mode ne sont pas mauvais pour autant, ils peuvent même être de bons générateurs de trafic à court terme. Il y a aussi des noms qui ont les deux, comme Noel.com : on fêtera toujours Noël dans 50 ans et Noel.com fera toujours plus de trafic en décembre.

Et si vous n’arrivez pas à vous freiner, forcez-vous à pencher du côté des mauvaises langues qui disent que rien de sert d’investir dans les noms de domaine car une nouvelle technologie les aura remplacé d’ici 10 ans grand maximum !

Creative Commons License Crédit photo : Andy Hay


oct 18 2008

La valorisation des noms de domaine – l’ancienneté – acte 2

Catégorie : ValorisationRémy @

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Le monde est petit et les nouvelles vont vite. A peine posté mon dernier billet relatif à l’influence de l’ancienneté d’un nom de domaine sur sa valorisation, j’ai eu la bonne surprise de voir Barry Goggin y réagir sur son excellent blog PredictiveDomaining (en anglais). Barry est biologiste de métier, membre de l’Académie des Sciences de New-York et webmaineur à ses heures perdues. Son blog se consacre, comme son nom l’indique, au predictive domaining, un art (ou faudrait-il dire une science ?) qui consiste à déterminer quels noms de domaine auront une grande probabilité de « percer » dans le futur. Un exemple tout bête et fictif (je ne suis pas allé voir les whois): bien malin celui qui a pensé à enregistrer PanneauSolaire.com au milieu des années 90, quand le produit/le concept existait mais que beaucoup étaient loin de se douter de l’ampleur qu’allait prendre le phénomène à partir du milieu des années 2000. Et je ne parle pas de l’état des lieux en 2020 ;o)

A vrai dire, Barry a trouvé pas mal de choses à redire sur mon billet et c’est tant mieux, car cela apporte de l’eau au moulin et permet de confronter les idées. Un certain nombre de réactions intéressantes également sur ForumNDD.com, que je vous invite à visiter à cette occasion. Il faut dire que le thème intéresse tout particulièrement les référenceurs si l’on part de l’idée qu’on nom de domaine ancien à statistiquement plus de chances d’avoir une histoire beaucoup plus riche qu’un domaine fraîchement débarqué. A condition qu’il ait été indexé par les moteurs de recherche courants, a priori. Faute de quoi un nom de domaine ancien restera toutefois intéressant, mais plutôt pour l’aspect « bonne bouteille » (forme de prestige et de crédibilité).

Pour faire simple et avec son accord/encouragement, je vais reprendre les termes employés par Barry dans son billet (dont on pourrait traduire le titre par « Importance de l’âge du nom de domaine, mythes et réalités« Wink et laisser le manège des opinons faire le reste en commentaires ou ailleurs Shock)

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oct 15 2008

La valorisation des noms de domaine – l’ancienneté

Catégorie : ValorisationRémy @

Ma liste de référentiels de valorisation des noms de domaine n’est pas terminée, loin s’en faut, mais je constate que nous rentrons au fil du temps dans des considérations plus spécifiques, accessoires voire sujettes à débat. Les spécialistes du sujet ont ainsi pour habitude de parler de hard factors et de soft factors.

Les hard factors sont ceux dont l’importance, indépendamment des vents et marées, reste identique au fil du temps. Un exemple parmi d’autres : la longueur du nom de domaine. En effet, les noms de domaine les plus courts sont et resteront les mieux valorisés car pénurie de noms disponibles oblige, leur longueur moyenne augmente inexorablement. Autre exemple, le trafic. Un nom de domaine générant des vues naturelles via navigation directe sera nécessairement meilleur à prendre qu’un nom dépourvu de type-in.

Les soft factors sont, eux, enclins à varier en fonction du cas d’espèce ou de l’air du temps. Ainsi, un nom de domaine peut avoir un potentiel commercial limité aujourd’hui mais appelé à donner sa pleine mesure demain. C’est en général l’un des terrains de jeux (de chasse ?) des predictive domainers, qui misent sur une prise de valeur de leurs acquisitions présentes en fonction de l’évolution d’une thématique dans le futur.

Au programme du jour, l’un des derniers hard factors qu’il nous reste à étudier : l’ancienneté du nom de domaine. Et comme avec tout hard factor, une règle simple : plus le dépôt initial d’un nom de domaine remonte loin dans le passé, plus sa valeur s’en retrouve augmentée.

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