Plus c’est long, plus c’est bon

Dans ma série de billets sur la valorisation des noms de domaine, j’insiste entre autres sur la nécessité de privilégier les noms de domaine courts, notamment car ceux-ci sont plus faciles à mémoriser.

Au-delà de l’évidente difficulté à trouver des spécimens courts encore disponibles et de leurs prix souvent élevés sur le second marché, certains n’en font qu’à leur tête. C’est ainsi que je vous propose ma découverte du jour : FautVraimentEtreConPourAvoirUneAdresseInternetAussiLongue.com

En effet, mais il faut surtout ne pas manquer d’humour; et de ténacité pour conserver jalousement ce nom de domaine à rallonge depuis 10 looooooooongues années !

Si mon compteur dit juste, la racine de ce nom de domaine totalise la bagatelle de 57 caractères. Rappelons à cet effet que la limite maximale autorisée est de 63. Six caractères de plus et c’était donc le jackpot pour notre ami. Comment n’a-t’-il pas songé à ajouter un superlatif devant « con » pour que le compte y soit ? Peut-être parce qu’aucun mot de 6 lettres ne lui est venu à l’esprit sur le moment ?

Dans la série des noms de domaine les plus longs, un petit clin d’œil aux habitants d’un charmant village du Pays de Galles répondant au doux nom de…

… orné d’un tiret (seuls les experts comprendront pourquoi) et décliné en .com, il remporte l’oscar du nom de domaine le plus long qui soit, avec 63 caractères tout rond.

Eux ont au moins gagné leur titre à la régulière, là où certains se sont montrés plus sournois pour atteindre les fameux 63 caractères :

  • IAmTheProudOwnerOfTheLongestLongestLongestDomainNameInThisWorld.com
  • TheLongestDomainNameInTheWorldAndThenSomeAndThenSomeMoreAndMore.com
  • WieMenschlichMenschenSindZeigtIhrUmgangMitDerMuttersprachefrsch.de
  • (comme souvent en matière de noms de domaine, les possibilités sont infinies)

A l’opposé, on trouve du côté des noms de domaine les plus courts quelques heureux propriétaires de spécimen en une lettre sous .com, dont Nissan et son z.com et Paypal et son x.com. Il existe un vieux serpent de mer selon lequel le reste du cheptel sera un jour ou l’autre relâché sous la forme d’une mise aux enchères. Une longue histoire.

Le second marché des noms de domaine vu par l’AFNIC

afnicAprès un dernier billet en forme de PoissonDavril.com, c’est encore l’AFNIC qui tient la Une de Blogodomaines !

Le registre du .fr vient en effet de publier l’un des dossiers thématiques dont elle a le secret. Et une fois n’est pas coutume, c’est du second marché des noms de domaine dont il est question. Dans un dossier aussi complet qu’instructif, l’AFNIC livre une analyse du secteur à portée de tous (l’analyse, pas le secteur… quoi que).

L’annonce de l’AFNIC est disponible au lien suivant et le dossier en question est téléchargeable au format .pdf ici.

Selon les termes de l’organisme en charge de la gestion du .fr, ce dossier s’adresse :

– aux entreprises détenant des portefeuilles de noms de domaine, dont certaines sont encore peu conscientes de la valeur que ce portefeuille peut représenter ;

– aux entreprises engagées dans des projets sur internet et confrontées à l’existence de noms de domaine déposés par des tiers, pour les sensibiliser au fait qu’un nom de domaine déjà pris n’est pas nécessairement inaccessible

– à tous ceux qui, pour des raisons professionnelles ou personnelles, veulent en savoir plus sur un aspect méconnu du marché des noms de domaine

Ce dossier se compose en trois parties, traitant essentiellement :

  • de l’origine, du fonctionnement, de la légitimité et des tendances globales du second marché
  • des principes et des critères de valorisation des noms de domaine (auxquels est consacrée pour rappel la rubrique « Valodomaines » de ce blog)
  • des forces en présence du marché (« domaineurs », intermédiaires, prestataires parking etc.)

Sans m’épancher sur le contenu du papier ni me livrer à une analyse endiablée, je dirai simplement qu’il s’agit d’une lecture à mettre entre toutes les mains. Au delà du public de premier rang évoqué plus haut, je pense notamment aux enseignants en webmarketing… et à ceux qui les écoutent avec attention, à savoir les étudiants.

De là à dire que le second marché à gagné en la présence de ce dossier ses lettres de noblesse, je ne pense pas. Mais je note que les efforts d’évangélisation du public francophone engagés  par certains acteurs/spécialistes/experts du second marché des noms de domaine depuis plusieurs années déjà commencent à porter sérieusement leurs fruits. A mon sens, on est en train de passer du stade de la méconnaissance, de la méfiance et des stéréotypes à celui de la curiosité, dans le sens « ouverture d’esprit » du terme. La qualité du travail de recherche et de rédaction de ce dossier en sont la preuve la plus évidente. Les mentalités, quant à elles, ont encore le temps d’évoluer.

La valorisation des noms de domaine – Le potentiel de revente

Il existe à ce jour environ 185 millions de noms de domaine enregistrés dans le monde, toutes extensions confondues. Un chiffre qui croît de plusieurs millions par trimestre (par exemple, +9 millions d’enregistrements au 2ème trimestre 2009 par rapport trimestre précédent, selon le dernier rapport de Verisign)

Parallèlement, on dénombre quelques centaines de ventes publiques dans les sacro-saints tableaux hebdomadaires de DNJournal, chiffre également en croissance. A supposer que les ventes publiques ne représentent que l’infime partie immergée d’un gros iceberg (c’est le cas, mais reste à savoir de quelle taille est la partie du glaçon sous l’eau) et que s’échangent quotidiennement plusieurs milliers de noms de domaine en coulisses, on peut tout au plus chiffrer en dizaines de milliers le nombre de ventes mensuelles sur le second marché, toutes extensions, toutes catégories et toutes langues confondues.

Sans chercher à disserter ici sur le potentiel de croissance du second marché par rapport au premier, quelque chose saute à l’œil à l’étude de ces quelques chiffres : statistiquement, les probabilités de revente d’un nom de domaine sont relativement minces à l’échelle individuelle. Bien sûr et à moins d’être particulièrement maladroit, vous vendrez d’autant plus de noms que vous aurez un portefeuille fourni. Ainsi, BuyDomains – dont l’inventaire doit atteindre à vue de nez les 700 000 noms de domaine, arrive à clore quelques centaines de ventes chaque semaine. Mais soyons clairs : 1. ceux qui jouent dans cette ligue se comptent sur les doigts de la main et 2. ils ont d’autres soucis, notamment celui des coûts d’entretien de leurs portefeuilles (imaginez la facture de frais de renouvellement annuels chez BuyDomains…). Et même pour ces gros poissons, la question centrale n’est pas différente de celle que tout investisseur en noms de domaine, professionnel ou amateur, se pose : comment écouler suffisamment de stock pour que mon activité soit, si ce n’est bénéficiaire, au moins équilibrée/rentable sur le long terme ?

Bref, il faut vendre. Ceux qui vous disent qu’ils ne veulent pas/n’ont pas besoin de vendre ne sont pas des investisseurs, ce sont des collectionneurs. Bien sûr, on peut être un peu les deux à la fois et il est des bouteilles qu’on préfère garder à la cave jusqu’à pourquoi pas les savourer soi-même aux beaux jours de sa retraite. Mais globalement, il faut vendre un minimum pour que les achats et la démarche tout entière soit justifiés.

Toute la difficulté consiste donc à dénicher et à acquérir sur le premier ou le second marché des noms de domaine revendables. Et ce n’est pas une mince affaire. D’abord parce que personne n’est dupe (quoi que) et que mathématiquement, la probabilité de revendre tous ses noms de domaine est quasi nulle. Il va donc dans un premier temps falloir se faire à l’idée qu’une partie du cheptel sera irrémédiablement emportée dans la tombe; cette partie profitera tout au mieux à votre descendance, si encore elle sait préserver ce capital. Et je ne parle pas de le faire fructifier. Bref. Quel pourcentage de votre stock êtes-vous susceptible d’écouler chaque année ? 20% ? Certainement pas. 10% ? Si vous faites un deal de gros, pourquoi pas. 5% ? C’est déjà moins irréaliste. 3% ? Si vous êtes bien rodé, ok. 0% ?! Si vous faites n’importe quoi en termes d’acquisitions et faites en plus la fine bouche sur les rares offres qui se présentent, ce n’est pas impossible. Désolé si j’ai cassé un peu l’ambiance ou fait tomber un mythe.

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Victime de la mode

Little brown bag of Shopping !En suivant des enchères sur une plateforme de snap hier, j’ai eu l’occasion de revisiter les contours d’une notion qu’on n’évoque peut-être pas assez lorsqu’il est question de valorisation de noms de domaine. Cette notion, c’est ce que j’appellerais la « durabilité » du nom de domaine, à savoir sa propension à traverser les années sans prendre une ride.

Or dans un monde qui évolue à 200 à l’heure et un environnement Internet à 500, il est toujours plus difficile de trouver des noms de domaine – disponibles sur le premier marché ou  abordables sur le second – correspondant à des concepts solides et résistants aux effets de mode. Pour peu qu’on soit un adepte du predictive domaining, ça devient carrément compliqué de trouver un équilibre entre les notions qui n’en sont aujourd’hui qu’à l’état de germe mais dont on pense qu’elles feront un carton dans 3/5/10 ans et celles dont on pense qu’elles sont indémodables, mais tomberont inexorablement dans l’oubli au fil des ans.

Un bon exemple de thème indémodable, dont les générations présentes et futures parleront toujours (plus) et qui sera donc toujours générateur de trafic sur Internet : la météo. Qu’il pleuve, neige ou vente, tout est matière à vives discussions sur le temps qu’il fait. D’accord, l’exemple est stéréotypé : y a-t-il seulement un seul jour où nous ne parlons pas de météo avec notre entourage depuis que nous sommes en âge d’avoir une vie sociale (ou pas, pour les plus reclus d’entre vous) ? Par extension, on peut penser qu’il faudra toujours utiliser des thermomètres pour mesurer la température. Certes, l’objet évolue et on est passé du thermomètre à mercure à la démocratisation du thermomètre électronique sans qu’on s’en rende vraiment compte. Mais à terme, qu’est-ce qui peut remplacer le thermomètre ? Sans doute pas grand chose, mais ne sous-estimons pas pour autant l’évolution de la technique et laissons les experts du predictive domaining dénicher avant les autre les noms qui deviendront peut-être les standards de demain. En attendant, la météo, elle, fera nécessairement parler toujours plus de monde, ne serait-ce que pour la simple raison qu’il y a toujours plus de monde sur terre.

Pour en revenir au nom de domaine d’hier, je ne vois aucune raison de ne pas vous le citer puisque les enchères sont terminées : c’est EcranPlat.com. A première vue, c’est un nom tout à fait exquis : court, descriptif, sans équivoque, associé à des volumes de recherche conséquents, correspondant à un produit susceptible d’être acheté sur Internet (et en dehors) et donc logiquement associé à des CPC solides parmi les nombreux annonceurs qu’il intéresse. Bien. Mais à y regarder de près, où en est l’écran plat aujourd’hui ? Il va bien : sans être allé faire de recherches poussées sur le sujet et en me limitant au site de l’INSEE, je pense que plus des trois quarts des foyers français en sont désormais équipés, qu’il soit question d’écrans plats de PC ou de télévision. Là où on parlait de produit de haut de gamme il n’y a encore pas si longtemps de cela, on est désormais face à un produit grand public qui a sa place dans le panier des français moyens. Très bien. Mais dans quel contexte le terme « écran plat » est-il arrivé sur nos lèvres ? Pour nous permettre de distinguer entre le bon viel écran cathodique de notre jeunesse et la nouveauté format feuille de papier que les fabricants nous ont fait miroiter !

Seulement voilà, ceux qui n’auront jamais connu que l’écran plat – les graines d’internautes consommateurs de demain – vont-il devoir recourir à cet artifice linguistique, à l’heure où il n’y a déjà plus que des écrans plats dans les rayons ? Pas si sûr, peut-être qu’ils (re)parleront tout simplement d’écrans, parce qu’il n’auront jamais connu les gros cubes qui encombraient nos bureaux et nos salons.

Ce n’est pas un mal en soi, ni une critique envers ceux qui se sont positionnés sur les enchères d’EcranPlat.com : j’en ai moi-même fait partie et je suis heureux d’avoir du mettre les mains dans le moteur pour mettre en route mon cerveau. Mais imaginons que l’objectif du gagnant de ces enchères soit de revendre ce nom de domaine dans les 5 ans, celui-ci est-il réalisable ? Comme tout le monde le sait (ou fait mine d’ignorer), il est rare de vendre un nom dans les mois qui suivent son acquisition. D’abord parce que la plupart des investisseurs en noms de domaines aiment bien laisser le temps faire son effet bénéfique sur leurs poussins. A moins de jouer les équilibristes et d’avoir déjà un acheteur final au moment même où on se positionne sur les enchères. Mais dans une configuration classique, celui qui a remporté ces enchères – et dans la mesure où son but de faire une plus-value à la revente et non de le développer – se retrouvera probablement confronté à un dilemme ou pris dans un étau : d’un côté, l’adage qui veut que les domaines génériques gagnent en valeur avec le temps; d’un autre, le dépérissement du terme (selon ma vision exposée plus haut. Je peux tout aussi bien me tromper) et la nécessité qui en découlera de vendre rapidement… au risque de ne pas vendre du tout ou de vendre à perte. On parle quand même d’un investissement à plusieurs centaines d’euros.

Quand vous enregistrez ou rachetez un nom de domaine, posez-vous donc la question de la durabilité du terme qui lui est associé. Si c’est un produit, demandez-vous s’il existera encore dans 3, 5 ou 10 ans (voire plus). Si vous êtes dans le brouillard, vous pouvez utiliser des outils comme Google Trends pour vous orienter. Les noms de domaine à effet de mode ne sont pas mauvais pour autant, ils peuvent même être de bons générateurs de trafic à court terme. Il y a aussi des noms qui ont les deux, comme Noel.com : on fêtera toujours Noël dans 50 ans et Noel.com fera toujours plus de trafic en décembre.

Et si vous n’arrivez pas à vous freiner, forcez-vous à pencher du côté des mauvaises langues qui disent que rien de sert d’investir dans les noms de domaine car une nouvelle technologie les aura remplacé d’ici 10 ans grand maximum !

Creative Commons License Crédit photo : Andy Hay

La valorisation des noms de domaine – l’ancienneté – acte 2

Le monde est petit et les nouvelles vont vite. A peine posté mon dernier billet relatif à l’influence de l’ancienneté d’un nom de domaine sur sa valorisation, j’ai eu la bonne surprise de voir Barry Goggin y réagir sur son excellent blog PredictiveDomaining (en anglais). Barry est biologiste de métier, membre de l’Académie des Sciences de New-York et webmaineur à ses heures perdues. Son blog se consacre, comme son nom l’indique, au predictive domaining, un art (ou faudrait-il dire une science ?) qui consiste à déterminer quels noms de domaine ont une grande probabilité de « percer » dans le futur. Un exemple tout bête et fictif (je ne suis pas allé voir les whois): bien malin celui qui a pensé à enregistrer PanneauSolaire.com au milieu des années 90, quand le produit/le concept existait mais que beaucoup étaient loin de se douter de l’ampleur qu’allait prendre le phénomène à partir du milieu des années 2000. Et je ne parle pas de l’état des lieux en 2020 ;o)

A vrai dire, Barry a trouvé pas mal de choses à redire sur mon billet et c’est tant mieux, car cela apporte de l’eau au moulin et permet de confronter les idées. Un certain nombre de réactions intéressantes également sur ForumNDD.com, que je vous invite à visiter à cette occasion. Il faut dire que le thème intéresse tout particulièrement les référenceurs si l’on part de l’idée qu’on nom de domaine ancien à statistiquement plus de chances d’avoir une histoire beaucoup plus riche qu’un domaine fraîchement débarqué. A condition qu’il ait été indexé par les moteurs de recherche courants, a priori. Faute de quoi un nom de domaine ancien restera toutefois intéressant, mais plutôt pour l’aspect « bonne bouteille » (forme de prestige et de crédibilité).

Pour faire simple et avec son accord/encouragement, je vais reprendre les termes employés par Barry dans son billet (dont on pourrait traduire le titre par « Importance de l’âge du nom de domaine, mythes et réalités ») et laisser le manège des opinons faire le reste en commentaires ou ailleurs.

Pour (bien) commencer, l’auteur plante le décor en posant ouvertement la question de savoir s’il est juste d’intégrer la notion d’âge d’un nom de domaine à la liste des critères de valorisation. En clair, a-t-on ici affaire à un mythe ou à une réalité ?

Barry nous propose ensuite un listing des thèmes directement ou indirectement liés à l’ancienneté d’un nom de domaine :

Âge d’un nom de domaine (temps écoulé depuis son enregistrement)

Pour l’auteur, le simple fait qu’un nom de domaine soit plus ou moins vieux ne lui confère aucun avantage en soi, et ne doit par conséquent pas être considéré comme susceptible d’avoir un impact sur sa valeur. Mais Barry me rejoint finalement sur la notion de « cachet » d’un nom de domaine enregistré aux prémices d’Internet. Comparons cela à une 2CV : ce qui fait la valeur de ces voitures de nos jours, ce sont bien plus leur cachet que leur mécanique a proprement parler, car convenez que pour faire Paris-Nice sur 4 roues, on a inventé un peu mieux depuis. Quoi que la mécanique d’une 2CV, c’est quelque chose à ce qu’il paraît !

Âge d’un nom de domaine (présence dans les index des moteurs de recherche)

La durée d’indexation d’un nom de domaine dans les moteurs de recherche – et tout particulièrement Google – est à n’en point douter un facteur positif. Un nom de domaine indexé depuis des années est en quelques sortes la garantie d’un actif fiable et pérenne. Un « sceau de confiance », en quelques sortes. Pour Barry (et pour d’autres), c’est la durée d’indexation dans les moteurs qui valorise le plus un nom de domaine, plus en tout cas que sa date d’enregistrement initiale.

Âge d’un nom de domaine et pages parking

Les pages parking ne sont en général pas indexées dans les moteurs de recherche. Si certaines parviennent à s’y glisser – et c’est possible – elles n’y restent en principe jamais pour bien longtemps, car elles n’ont que peu de contenu et en général peu de liens entrants. En conséquence, elle n’ont établi aucune relation de confiance avec le moteur de recherche et ce indépendamment de leur durée de présence.

Je rajouterai ici un point important à mes yeux, car la question m’est souvent posée : non, un ancien nom de domaine parqué n’est pas condamné au bagne des index ! En lui associant un site de qualité, le domaine, a fortiori s’il est générique, trouvera aussi aisément que rapidement son rythme de croisière dans les moteurs.

Âge d’un nom de domaine et domaines expirés

En toute logique, un nom de domaine est appelé à disparaître des SERP quelques temps après son expiration. Il perd ainsi ses liens et sera, en cas de reprise, traité comme un nouveau venu par les moteurs de recherche. Sa valeur viendra alors de la qualité intrinsèque du nom de domaine et d’un potentiel trafic résiduel.

Âge d’un nom de domaine et historique (au sens d’histoire)

Un nom de domaine ancien ayant été désindexé d’un moteur de recherche pour en avoir violé ses conditions d’utilisation se retrouvera pénalisé et perdra par la même les bénéfices que lui avait conféré son listing dans l’index. Si vous êtes sur le point d’enregistrer ou de racheter un nom de domaine, vérifiez donc les Archives Internet (Wayback Machine, Cf. Archive.org) pour éviter les mauvaises suprises.

Âge d’un nom de domaine et thématique

Ou la question sujette à débat de savoir si un nom de domaine – a fortiori générique – doit héberger ou avoir hébergé un ou des sites en rapport direct avec sa thématique pour conserver toute sa valeur aux yeux des moteurs de recherche. L’exemple pris par Barry m’a d’ailleurs fait sourire car il risque de ne pas plaire à quelqu’un que je ne citerai pas et qui se reconnaîtra peut-être : « par exemple, utiliser mercure.com pour la planète ou l’élément chimique « mercure »« … CQFD. Sur le fond, Barry se soucierait davantage de savoir si les liens existants resteraient pertinents dans le cas où le site associé au nom de domaine viendrait à changer de thématique.

Âge d’un nom de domaine et linking

Les liens entrants sont un facteur déterminant dans le positionnement sur les moteurs de recherche, notamment Google. En outre, l’âge des liens est important et on peut aisément imaginer que plus un nom de domaine aura été indexé depuis longtemps, plus la probabilité pour qu’il aît accumulé des liens anciens est grande.

Conclusion

La valeur d’un nom de domaine est avant tout le prix qu’un acheteur est disposé à payer pour se l’offrir (et que le vendeur est disposé à concéder pour s’en séparer). La valorisation des noms de domaine se base sur des faits, mais également sur des mythes et des idées préconçues. Si un acheteur considère qu’un nom de domaine lambda enregistré il y a de cela plusieurs années et laissé depuis en parking est de meilleure qualité qu’un nom de domaine déposé il y a quelques mois mais déjà indexé par les moteurs, alors rien ni personne ne lui empêchera de proposer davantage pour le premier.

En resumé, voici donc les points à considérer par tout acheteur de nom de domaine en matière d’ancienneté :

  • durée de présence éventuelle dans l’index des moteurs de recherche de référence
  • indexation continue ou interrompue/saccadée
  • absence d’enfreinte aux règles des moteurs de recherche
  • âge des liens entrants

Pour finir, Barry ajoute qu’il a fait d’excellentes expériences de rachat de noms de domaine anciens associés à des sites pérennes, même si ceux-ci ont en toute logique un prix d’acquisition plus élevé.

L’auteur nous donne d’ores et déjà rendez-vous pour un prochain billet destiné à donner des pistes pour trouver des noms de domaine anciens d’une part, et des conseils pour préserver leur valeur d’autre part.

Je ne peux que recommander d’avance cette lecture et remercie Barry de m’avoir encouragé à rédiger cette V2 de mon billet initial !

La valorisation des noms de domaine – l’ancienneté

Ma liste de critères de valorisation des noms de domaine n’est pas terminée, loin s’en faut, mais je constate que nous rentrons au fil du temps dans des considérations plus spécifiques, accessoires voire sujettes à débat. Les spécialistes du sujet ont ainsi pour habitude de parler de hard factors et de soft factors.

Les hard factors sont ceux dont l’importance, indépendamment des vents et marées, reste identique au fil du temps. Un exemple parmi d’autres : la longueur d’un nom de domaine. En effet, les domaines les plus courts sont et resteront les mieux valorisés car pénurie de noms disponibles oblige, leur longueur moyenne augmente inexorablement. Autre exemple de hard factor, le trafic entrant. Un nom de domaine générant des vues naturelles via navigation directe sera nécessairement meilleur qu’un nom dépourvu de type-in.

Les soft factors sont quant à eux enclins à varier en fonction du cas d’espèce ou de l’air du temps. Ainsi, un nom de domaine peut avoir un potentiel commercial limité aujourd’hui mais appelé à donner sa pleine mesure demain. C’est en général l’un des terrains de jeux (de chasse ?) des predictive domainers, qui misent sur une prise de valeur de leurs acquisitions présentes en fonction de l’évolution future d’une thématique donnée.

Au programme du jour, l’un des derniers hard factors qu’il nous reste à étudier : l’impact de l’ancienneté d’un nom de domaine. Et comme pour tout hard factor, une règle simple : plus la date d’enregistrement initiale d’un nom de domaine remonte loin dans le passé, plus la valeur du nom de domaine en question s’en retrouve augmentée.

Petite parenthèse pour les novices, il suffit pour connaître l’ancienneté d’un nom de domaine d’effectuer une requête whois et de relever la date de création du nom de domaine en question. Exemple :

http://www.whois.de/whois/search/blogodomaines.com

Domain Name: BLOGODOMAINES.COM
Registrar: 1 & 1 INTERNET AG
Whois Server: whois.schlund.info
Referral URL: http://REGISTRAR.SCHLUND.INFO
Name Server: NS61.1AND1.FR
Name Server: NS62.1AND1.FR
Status: ok (j’en ai profité pour le verrouiller, même s’il est tout jeune on ne sait jamais ^^)
Updated Date: 05-mar-2008
Creation Date: 05-mar-2008
Expiration Date: 05-mar-2009

Plusieurs raisons à la règle-de-la-bonne-bouteille-de-vin, dont certaines a priori plus logiques que d’autres et dont la plus évidente se résumerait par l’adage suivant : « premier arrivé, mieux servi« . En d’autres termes et indépendamment des nouvelles opportunités (nouvelles extensions ou assouplissement de leurs règles d’attribution, niches sémantiques etc.), les meilleurs noms de domaine sont toujours partis et partiront toujours plus vite que les moins bons. S’opère donc une sorte de sélection naturelle par laquelle la qualité s’égraine au fur et à mesure que le temps passe.

Si vous faites une requête whois sur un nom de domaine francophone premium en .com, il y a donc de très fortes chances que vous remontiez assez loin dans le temps, en général au milieu des années 90.

Pour un .fr et en raison de la relative jeunesse de l’extension, vous allez nécessairement trouver des traces plus fraîches, début des années 2000 tout au mieux.

Et ainsi de suite…

Tout cela pour dire qu’un nom de domaine récemment déposé n’est pas nécessairement mauvais, mais qu’il faut savoir replacer l’acte d’enregistrement dans un certain contexte. Et attention à la tentation de sortir le champagne dès que l’on vient de trouver un nom de domaine a priori bon disponible à l’enregistrement : s’il est resté libre jusqu’à présent, il y a certainement une raison…

On compare souvent (ou pas assez souvent, en fait) les domaineurs à des collectionneurs. L’une des raisons à ce parallèle réside justement dans la notion d’ancienneté de leurs biens. D’ailleurs, l’une des répliques aussi classique que frustrante à laquelle se heurtent les acheteurs potentiels ou les courtiers lorsqu’ils approchent un titulaire n’est-elle pas « je ne suis pas vendeur au jour d’aujourd’hui » ou « je ne suis pas pressé de vendre » ? Et pour cause ! La valeur des noms de domaine – à quelques exceptions près à rechercher du côté des flops du second marché (le .eu par exemple) – n’a jusque là cessé d’augmenter dans le temps. Ce qui en fait un actif de plus en plus apprécié des investisseurs de tous bords.

Mais alors si les domaines anciens sont favorisés, les domaines récents sont-ils pénalisés ? Il est d’usage de dire que les moteurs de recherche feront davantage confiance à un nom de domaine de plus d’un an d’âge. Pourquoi ? Car la plupart des domaines déposés spécialement pour des campagnes de spam sont abandonnés au bout d’un an. Il semble donc sage pour Google et consorts d’attendre que les petits derniers aient soufflé leur première bougie pour leur faire une place au soleil. La question étant : les moteurs accordent-il tant d’importance au nom de domaine qu’ils vont jusqu’à crawler les whois ? Et si c’est le cas, serions-nous arrivés à un point tel qu’il serait judicieux de leur faire un clin d’œil en réservant d’emblée pour deux ans un nouveau domaine ? La question mérite à mes yeux d’être posée et si quelqu’un dans l’assemblée a la réponse preuve à l’appui, qu’il nous en fasse profiter en commentaires !

Comme quoi la vieillesse a (parfois) du bon !

PS : cet article se joue en deux actes. Vous trouverez le second ici

La valorisation des noms de domaine (prélude)

Cela fait déjà un petit bout de temps que je songe à mettre en ligne un tutoriel sur les critères de valorisation des noms de domaine sur le second marché, autrement dit tenter de répondre à l’éternelle question « Qu’est-ce qui détermine la valeur d’un domaine sur le marché des noms d’occasion ?« . Mais l’étendue et la complexité du sujet m’ont souvent ralenti dans mes ardeurs.

Premier constat : vu le nombre (croissant) d’aspects entrant en ligne de compte et l’évolution constante de ce marché encore jeune – abstraction faite de l’évolution d’Internet en elle-même – il y a du boulot. Deuxième constat : compte tenu du fait que le second marché est exclusivement régi par la loi de l’offre et de la demande et qu’une vente ne se fait que lorsque un acheteur A est disposé à accepter le prix demandé par un vendeur V, la part de subjectivité est énorme.

Bien malin donc celui qui pourrait pondre un référentiel exhaustif sur la question. Aussi n’ai-je pas la prétention de rédiger en un tour de main la Bible de la valorisation des noms de domaine, mais simplement de publier sur ce blog une série d’articles sur ce thème central du second marché.

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