Ventes Sedo – Semaine 46

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Voici avec un peu de retard la dernière liste hebdomadaire de ventes de noms de domaine chez Sedo.

Avec un modeste butin de 3 prises pour les .com francophones :

– ConcoursQuebec.com, 1 000 USD
– Fete-Des-Meres.com, 1 000 EUR
– RobeDeSoiree.com, 800 EUR (qui pointe vers la boutique e-commerce UneRobe.com)

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Sex.com bat son propre record du nom de domaine le plus cher de tous les temps

sex.com le nom de domaine le plus cherC’est désormais officiel : sex.com est bien le nom de domaine le plus cher jamais vendu publiquement, avec un prix record de 13 millions de dollars US. C’est ce qu’a annoncé Sedo hier en fin de journée par voie d’un communiqué de presse (en anglais)*.

Cette annonce officielle du courtier en charge de la transaction vient confirmer les diverses informations qui avaient transpiré d’un dossier confié au Tribunal Californien des Faillites suite à une incapacité manifeste des propriétaires du nom de domaine à se mettre d’accord sur les conditions d’une cession et la mise en liquidation de la société Escom LLC.

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Liste des ventes de la semaine sur Sedo, le retour

SedoFut un temps où je postais sur ce blog les listes de ventes de noms de domaine enregistrées chaque semaine sur la plateforme Sedo. D’abord publiées à une cadence plus ou moins régulière à l’époque où j’y avais encore mes quartiers, ces listes se sont ensuite faites un peu plus rares au fil du temps. La bonne nouvelle, c’est que je n’ai jamais cessé de les recevoir. Ni même de les lire d’ailleurs, car elles contiennent souvent des informations et tendances intéressantes pour quiconque s’intéresse de près ou de loin au second marché des noms de domaine. On peut même parler d’un outil de travail parmi d’autres, dans mon cas.

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Etude trimestrielle du second marché par Sedo : des volumes d’échange en légère baisse, des valorisations de noms de domaine en légère hausse

Etude de marché SedoSedo a publié ce matin sa traditionnelle étude trimestrielle du second marché des noms de domaine, proposant des statistiques détaillées sur les transactions enregistrées sur sa plateforme au cours des trois derniers mois.

Le rapport en question fait état de plus de 10 000 noms de domaine échangés sur la place de marché leader pour un volume global dépassant les 16 millions d’euros. Des valeurs en légère diminution par rapport au 2ème trimestre, tendance imputable selon Sedo à des mois de juillet/août traditionnellement calmes.

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Sex.com, la saga continue

sex.comComme je l’écrivais dans mon dernier billet sur la vente de sex.com, le Tribunal Californien des Faillites devait rendre hier sa décision dans l’affaire, à savoir essentiellement se prononcer en faveur ou contre l’offre ferme de $13M formulée par la société Clever Holdings dans le cadre de la vente du nom de domaine via Sedo. Sans grande surprise, la juge en charge de l’affaire, Geraldine Mund, a donné son accord pour que soit validée l’offre en question.

Cet article pourrait s’arrêter ici, scellant le record du montant public le plus important jamais payé pour un nom de domaine « nu » (sans site web associé).

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GoDaddy n’est plus à vendre

logo godaddyIl semblerait que j’ai été bien inspiré d’insérer sciemment un point d’interrogation à la fin du titre de mon récent billet sur la mise en vente de GoDaddy. Le Wall Street Journal, qui avait lui-même révélé la mise aux enchères du plus gros registrar au monde, vient d’annoncer que l’intéressé a fait marche arrière la semaine dernière.

Selon des sources proches du dossier (encore elles), le processus de mise aux enchères de GoDaddy était en bonne voie, plusieurs intéressés sérieux s’étant manifestés pour s’aligner sur la somme de 1,5 à 2 milliards de dollars réclamés par le fondateur et CEO Bob Parsons.

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Le nom de domaine sex.com en passe d’être vendu $13M ?

Selon une information toute récente du très sérieux DomainNameWire reprise notamment par TheRegister.co.uk, le nom de domaine prestigieux sex.com serait en passe d’être vendu pour 13 millions de dollars US.

C’est en tous cas le montant d’une offre ferme transmise aujourd’hui au tribunal en charge du dossier (la Cour des Faillites californienne). L’offre en question émane de la société Clover Holdings Limited et a été formulée dans le cadre du mandat de courtage confié à Sedo il y a quelques mois. Selon les documents officiels remis au parquet, Clover aurait proposé la meilleure offre parmi les 12 intéressés en lice.

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Une aiguille dans une botte de foin

Strohballen - Hay baleIl y a près de 200 millions de noms de domaine enregistrés sur Terre, et il y a le vôtre.

Il y a quelques dizaines de milliers de noms de domaine qui s’échangent chaque année sur le second marché, et il y a le vôtre. Les vôtres, tout au plus.

Il y a des douzaines d’extensions représentées dans les listes de ventes hebdomadaires de noms de domaine, et il y a celles sur lesquelles vous êtes positionné. Il y a celles qui marchent bien, mais auxquelles vous n’êtes pas éligible. Et celles dont vous auriez juré qu’elles seraient porteuses, mais qui se révèlent être un fiasco.

Il y a les langues qui reviennent le plus souvent dans les listes de noms de domaine vendus, et il y a votre langue maternelle. Et d’autres que vous maîtrisez plus ou moins, tout au mieux.

Il y a une multitude d’utilisateurs finaux potentiels pour votre nom de domaine, et il y a tous ceux qui n’en ont pas besoin. Il y a aussi ceux qui ignorent ce qu’est un nom de domaine, ceux qui ne savent pas qu’il existe un second marché, ceux qui ignorent ce qu’est un whois et ceux qui ne vous approcheront pas par pur principe, parce qu’ils vous considèrent comme un receleur. Parmi eux, certains auraient pourtant l’envie et les moyens d’acquérir votre nom de domaine.

Il y a foison d’investisseurs en noms de domaine, professionnels ou amateurs. Et il y a vous.

Il y a tous les jours des dizaines d’opportunités d’enrichir judicieusement votre portefeuille de noms de domaine, et il y a celles que vous serez assez présent/perspicace/chanceux pour voir passer. Mais il y a surtout celles que vous raterez, faute de temps, d’argent ou d’autre chose.

Il y a ceux qui ont de la chance, et ceux qui en ont moins. Ceux qui étaient devant leur PC connecté à Internet en 1995, et ceux qui n’avaient même pas conscience de l’existence de ce média révolutionnaire. Il y a ceux qui avaient senti le second marché des noms de domaine mais qui n’avaient pas suffisamment de fonds pour s’y lancer, et ceux qui au contraire avaient l’argent mais pas le flair pour mettre la main sur les meilleurs noms. Il y a même ceux qui avaient les deux, mais qui comme vous ne disposaient que de 24 heures par jour. Tout le monde regrette aujourd’hui, les premiers comme les derniers.

Il y a ceux qui perdent des procès sur des noms de domaine génériques, et d’autre qui empilent les domaines litigieux sans n’être jamais inquiétés.

Il y a ceux qui savent programmer des machines pour les aider dans leur entreprise, et ceux qui n’en ont pas les moyens techniques, intellectuels ou financiers. Il y a ceux que les machines qu’ils ont programmées mènent par le bout du nez et entraînent vers le fond. Et ceux qui se hissent vers le haut à la seule force de leur soif d’apprendre, de leur instinct et de leur perspicacité.

Il y a ceux qui ont de gros budgets et les dilapident en un rien de temps, et ceux qui n’en ont que de très modestes mais les dépensent intelligemment.

Il y a des portefeuilles de plusieurs centaines de milliers de noms de domaine, et il y a le vôtre, fort d’une centaine de brebis tout au plus. Peut-être n’avez-vous même qu’un seul nom de domaine sur lequel vous avez tout misé ?

Il y a des noms de domaine médiocres qui se vendent toutes les semaines, et des domaines de qualité qui dorment dans votre portefeuille depuis des lustres.

Il y a ceux qui enregistrent un nom de domaine et le vendent le lendemain, et ceux qui emporteront la quasi-totalité des leurs dans la tombe.

Il y a les mauvaises affaires qui ont des airs de bonnes, et les bonnes des airs de mauvaises.

Il y a les négociations qui aboutissent, et toutes celles qui échouent.

Il y a un gâteau manifestement copieux, et la part que vous allez en manger. Une maigre part, dans tous les cas. Pas une miette, dans le pire – et finalement pas si rare – d’entre eux.

Ne vous laissez pas aveugler par le marché, car vous ne l’égalerez jamais. Peu importe à quel point vous pourriez le connaître ou même le prédire.

Observez-le, mais gardez à l’esprit que c’est lui qui vous dictera sa loi.

D’un côté, il y a le marché. De l’autre, vous et vos noms de domaine. Vous êtes comme une aiguille dans une botte de foin.

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Creative Commons License crédit photo : Roberto Verzo

Le second marché des noms de domaine vu par l’AFNIC

afnicAprès un dernier billet en forme de PoissonDavril.com, c’est encore l’AFNIC qui tient la Une de Blogodomaines !

Le registre du .fr vient en effet de publier l’un des dossiers thématiques dont elle a le secret. Et une fois n’est pas coutume, c’est du second marché des noms de domaine dont il est question. Dans un dossier aussi complet qu’instructif, l’AFNIC livre une analyse du secteur à portée de tous (l’analyse, pas le secteur… quoi que).

L’annonce de l’AFNIC est disponible au lien suivant et le dossier en question est téléchargeable au format .pdf ici.

Selon les termes de l’organisme en charge de la gestion du .fr, ce dossier s’adresse :

– aux entreprises détenant des portefeuilles de noms de domaine, dont certaines sont encore peu conscientes de la valeur que ce portefeuille peut représenter ;

– aux entreprises engagées dans des projets sur internet et confrontées à l’existence de noms de domaine déposés par des tiers, pour les sensibiliser au fait qu’un nom de domaine déjà pris n’est pas nécessairement inaccessible

– à tous ceux qui, pour des raisons professionnelles ou personnelles, veulent en savoir plus sur un aspect méconnu du marché des noms de domaine

Ce dossier se compose en trois parties, traitant essentiellement :

  • de l’origine, du fonctionnement, de la légitimité et des tendances globales du second marché
  • des principes et des critères de valorisation des noms de domaine (auxquels est consacrée pour rappel la rubrique « Valodomaines » de ce blog)
  • des forces en présence du marché (« domaineurs », intermédiaires, prestataires parking etc.)

Sans m’épancher sur le contenu du papier ni me livrer à une analyse endiablée, je dirai simplement qu’il s’agit d’une lecture à mettre entre toutes les mains. Au delà du public de premier rang évoqué plus haut, je pense notamment aux enseignants en webmarketing… et à ceux qui les écoutent avec attention, à savoir les étudiants.

De là à dire que le second marché à gagné en la présence de ce dossier ses lettres de noblesse, je ne pense pas. Mais je note que les efforts d’évangélisation du public francophone engagés  par certains acteurs/spécialistes/experts du second marché des noms de domaine depuis plusieurs années déjà commencent à porter sérieusement leurs fruits. A mon sens, on est en train de passer du stade de la méconnaissance, de la méfiance et des stéréotypes à celui de la curiosité, dans le sens « ouverture d’esprit » du terme. La qualité du travail de recherche et de rédaction de ce dossier en sont la preuve la plus évidente. Les mentalités, quant à elles, ont encore le temps d’évoluer.

L’histoire sans fin

De VoltaireOn a coutume de dire que le premier marché (celui de l’enregistrement de noms de domaine disponibles) est victime d’un phénomène de saturation grandissant, a fortiori sur les extensions les plus prisées. Aujourd’hui, c’est un fait : il devient de plus en plus difficile de trouver un nom de domaine libre pour quiconque aspire à un minimum de qualité. La croissance du second marché est d’ailleurs la conséquence directe de l’engorgement du premier. Certains vont même jusqu’à invoquer le principe des vases communicants : plus le premier marché se rétrécit (ou croît, selon la perspective choisie), plus le second marché se développe.

Les extrémistes du second marché – des spécimens rares qui n’ont même pas  cherché à enregistrer un nom de domaine à la main depuis le milieu des années 2000 car ils savent que c’est peine perdue dans 99% des cas – se réjouissent donc des courbes de croissance sportives du premier marché, dans lesquelles ils voient un asséchement garanti des inventaires de qualité encore disponibles. Certains vieux roublards du second marché voient même plutôt d’un bon œil la prolifération de wanna be domainers, car c’est en quelque sorte cette relève qui assure la cannibalisation des étages inférieurs des inventaires : au début de sa quête, un domaineur débutant va en effet souvent jeter son dévolu sur des domaines libres, car cela reste le meilleur moyen de se constituer un fond de cale pour une mise de départ raisonnable. Même une fois les bases du métier apprises et maîtrisées, il se nourrira principalement de domaines débusqués sur le premier marché, sauf que la qualité de la marchandise tendra a être sensiblement meilleure (typiquement des noms échangés entre 100 et 500 euros sur le second marché). Ce n’est souvent que plus tard que ce type d’investisseur viendra faire de l’ombre aux vieux dinosaures du second marché, qui ne se nourrissent presque plus que de rachats de noms de domaine déjà pris ou de drops (noms de domaine tout juste expirés). La crainte des anciens ne se situe donc pas là, puisque ce jeu des forces fait davantage vivre le marché qu’il ne l’assèche.

Quant au premier marché, la principale réponse au phénomène d’étranglement trouvée/souhaitée par ses acteurs institutionnels et commerciaux (essentiellement le triptyque ICANN/registres/registrars) reste pour l’heure la fameuse (semi)-libéralisation des TLDs; avec à la clé une possible multiplication de nouvelles extensions de tous bords et de tous genres – et donc autant de relais de croissance pour les acteurs impliqués.

Dès lors, les adeptes de la théorie des vases communicants exposée en introduction de ce billet doivent-ils se faire du souci ? Et si des centaines de nouvelles extensions venaient à voir le jour ? Et si en plus de la quantité, la qualité était au rendez-vous ? Et si les entreprises et les internautes délaissaient peu à peu les extensions historiques pour ces nouveaux venus de l’espace de nommage ? Et si ce big bang venait diluer la valeur du .com ? Si celui-ci, las d’avoir été aux noms de domaine ce que le Kleenex est aux mouchoirs de poche, ne devenait plus qu’une vulgaire feuille de papier toilette ? Et si les piliers du second marché étaient contraints de faire leurs valises et d’aller chercher ailleurs leur réussite, minés par ce renouveau du premier marché et son excédent d’inventaires de qualité ?

Qu’on se rassure, un tel scénario n’est pas prêt d’arriver. C’est en tous cas mon avis.

D’abord parce qu’il faudra encore des années avant l’avènement des premiers enfants de l’ouverture des TLDs. Comme le processus prend du retard au niveau de l’ICANN d’une part et que les dossiers sont longs à monter pour les aspirants d’autre part, je m’attends à une première vague de lancements plutôt modeste. Pendant ce temps-là, certains candidats indécis suivront en tribunes le départ de la course, se réservant l’occasion de faire marche arrière en cas de scénario du pétard mouillé. Mais comme les entrepreneurs en herbe sont souvent plein d’espoir et que même les plus prudents ne pourront pas se permettre de rater le bon (?) wagon, je prédis une seconde vague de lancements à J+1 an, plus grosse celle-là. Tout comme les baby-boomeurs de l’après-guerre que l’on retrouve papy-boomeurs 60 ans plus tard, les surfeurs de cette 2ème vague de nouvelles extensions se retrouveront tous plus ou moins confrontés à la dure épreuve du reality check au même moment, soit environ 2-3 ans après le lancement initial de « leurs » extensions.

C’est alors qu’une (grande) partie de cette progéniture rejoindra le cimetière des extensions mort-nées, sous respiration artificielle ou grabataires (.coop, .museum, .aero, ou plus récemment .mobi).

Ensuite, parce que même un succès mesuré de ces nouvelles extensions à court terme pourrait signifier à moyen et long terme un renforcement de la valeur des extensions historiques. C’est d’ailleurs le scénario que je retiendrais : un apparent départ en fanfare des nouvelles extensions, une euphorie parmi leurs créateurs voire même chez certains apprentis-domaineurs, des débuts prometteurs (les taux de croissance sont forcément meilleurs lorsqu’on part de 0) … puis un essoufflement, les premiers comptes à rendre, une perte d’orientation chez les internautes… et un retour aux valeurs sûres; les valeurs refuges des investisseurs du second marché, en quelque sorte : .com, .net et extensions géographiques fortes (.de. .co.uk…). Les extensions actuellement « marginales » du second marché (.info, .org…) feront les frais de ce scénario ou au contraire, en tireront un second souffle.

Mais alors, qu’est-ce qui pourrait bien arrêter – ou ne serait-ce qu’enrayer – la marche en avant du second marché ? J’imagine que le détracteur que vous êtes peut-être veut enfin savoir !

J’ai ma petite idée sur la question, aussi farfelue soit-elle : dans un futur (lointain, n’exagérons rien), les entreprises auront bien compris et intégré les enjeux des noms de domaine en général, et les avantages concurrentiels procurés par les noms de domaine génériques de qualité en particulier. L’heure de la Grande Bataille aura alors sonné. Fortes d’un savoir et de moyens plus conséquents, les entreprises rentreront dans l’ère de l’arbitrage. Elles hausseront leur niveau de jeu, affûteront leurs méthodes et deviendront plus malines que le plus malin des domaineurs. A la manière de mantes religieuses, elles se délecteront d’abord les domaineurs les plus digestes. Après en avoir fait certains prisonniers et avoir étudié leur comportement en captivité pendant quelques années, elles les imiteront jusqu’à atteindre un degré de perfection qui entraînera l’extinction de cette espèce. Puis, ayant parallèlement capitalisé sur la valeur du trésor de guerre ainsi amassé, elles s’attaqueront aux butins et aux terrains de chasse des domaineurs intermédiaires, puis à ceux des plus expérimentés. Dans la tourmente, les prix flamberont un instant, puis une fois tout l’espace occupé par les entreprises, le calme règnera sur le second marché. Un calme de courte durée, car annonciateur de l’ère la plus meurtrière : celle ou les entreprises se battront entre elles pour défendre leurs terrains et conquérir ceux de leurs voisines.

Les domaineurs repentis contempleront ce champ de bataille d’un œil mi-amusé, mi-terrifié. Le second marché dans toute sa splendeur. Une histoire sans fin.

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Creative Commons License Crédit photo : Simon Bonaventure