Mes hommages

C’est vendredi, jour béni pour faire vivre la rubrique Photodomaines du blog !

Le cliché du jour commence à dater un peu, mais qu’importe puisque les noms de domaine sont éternels… sauf quand on oublie de les renouveler bien sûr, même si quelqu’un se chargera souvent de les faire revivre.

La vie, il en est justement question aujourd’hui. Et fatalement, qui dit vie dit mort. Le nom de domaine du jour a été localisé au beau milieu des pages d’un journal suisse, le 24 heures si ma mémoire est bonne. Même si on ne la lit pas toujours en détails, la rubrique nécrologique est un passage incontournable des journaux papiers.  Et ce jour-là, juste après la traditionnelle page des avis de décès – triste en tous points – quelle ne fut pas ma surprise de découvrir une double-page entière ornée de fleurs, de couleurs chatoyantes et de polices de caractères aérées. Pourtant, le sujet lui était toujours aussi grave :

Hommages.ch

Hommages.ch2

La mutation de la presse écrite est bien amorcée : désormais, c’est en ligne qu’on est prié de consulter les avis de décès. Et de se voir proposer des services satellites par divers partenaires et annonceurs. Comme la vie est bien faite. Mes hommages à Edipresse pour celle initiative mortelle !

En somme, hommages.ch, c’est un peu le nom de domaine générique de la mort qui tue.

Une aiguille dans une botte de foin

Strohballen - Hay baleIl y a près de 200 millions de noms de domaine enregistrés sur Terre, et il y a le vôtre.

Il y a quelques dizaines de milliers de noms de domaine qui s’échangent chaque année sur le second marché, et il y a le vôtre. Les vôtres, tout au plus.

Il y a des douzaines d’extensions représentées dans les listes de ventes hebdomadaires de noms de domaine, et il y a celles sur lesquelles vous êtes positionné. Il y a celles qui marchent bien, mais auxquelles vous n’êtes pas éligible. Et celles dont vous auriez juré qu’elles seraient porteuses, mais qui se révèlent être un fiasco.

Il y a les langues qui reviennent le plus souvent dans les listes de noms de domaine vendus, et il y a votre langue maternelle. Et d’autres que vous maîtrisez plus ou moins, tout au mieux.

Il y a une multitude d’utilisateurs finaux potentiels pour votre nom de domaine, et il y a tous ceux qui n’en ont pas besoin. Il y a aussi ceux qui ignorent ce qu’est un nom de domaine, ceux qui ne savent pas qu’il existe un second marché, ceux qui ignorent ce qu’est un whois et ceux qui ne vous approcheront pas par pur principe, parce qu’ils vous considèrent comme un receleur. Parmi eux, certains auraient pourtant l’envie et les moyens d’acquérir votre nom de domaine.

Il y a foison d’investisseurs en noms de domaine, professionnels ou amateurs. Et il y a vous.

Il y a tous les jours des dizaines d’opportunités d’enrichir judicieusement votre portefeuille de noms de domaine, et il y a celles que vous serez assez présent/perspicace/chanceux pour voir passer. Mais il y a surtout celles que vous raterez, faute de temps, d’argent ou d’autre chose.

Il y a ceux qui ont de la chance, et ceux qui en ont moins. Ceux qui étaient devant leur PC connecté à Internet en 1995, et ceux qui n’avaient même pas conscience de l’existence de ce média révolutionnaire. Il y a ceux qui avaient senti le second marché des noms de domaine mais qui n’avaient pas suffisamment de fonds pour s’y lancer, et ceux qui au contraire avaient l’argent mais pas le flair pour mettre la main sur les meilleurs noms. Il y a même ceux qui avaient les deux, mais qui comme vous ne disposaient que de 24 heures par jour. Tout le monde regrette aujourd’hui, les premiers comme les derniers.

Il y a ceux qui perdent des procès sur des noms de domaine génériques, et d’autre qui empilent les domaines litigieux sans n’être jamais inquiétés.

Il y a ceux qui savent programmer des machines pour les aider dans leur entreprise, et ceux qui n’en ont pas les moyens techniques, intellectuels ou financiers. Il y a ceux que les machines qu’ils ont programmées mènent par le bout du nez et entraînent vers le fond. Et ceux qui se hissent vers le haut à la seule force de leur soif d’apprendre, de leur instinct et de leur perspicacité.

Il y a ceux qui ont de gros budgets et les dilapident en un rien de temps, et ceux qui n’en ont que de très modestes mais les dépensent intelligemment.

Il y a des portefeuilles de plusieurs centaines de milliers de noms de domaine, et il y a le vôtre, fort d’une centaine de brebis tout au plus. Peut-être n’avez-vous même qu’un seul nom de domaine sur lequel vous avez tout misé ?

Il y a des noms de domaine médiocres qui se vendent toutes les semaines, et des domaines de qualité qui dorment dans votre portefeuille depuis des lustres.

Il y a ceux qui enregistrent un nom de domaine et le vendent le lendemain, et ceux qui emporteront la quasi-totalité des leurs dans la tombe.

Il y a les mauvaises affaires qui ont des airs de bonnes, et les bonnes des airs de mauvaises.

Il y a les négociations qui aboutissent, et toutes celles qui échouent.

Il y a un gâteau manifestement copieux, et la part que vous allez en manger. Une maigre part, dans tous les cas. Pas une miette, dans le pire – et finalement pas si rare – d’entre eux.

Ne vous laissez pas aveugler par le marché, car vous ne l’égalerez jamais. Peu importe à quel point vous pourriez le connaître ou même le prédire.

Observez-le, mais gardez à l’esprit que c’est lui qui vous dictera sa loi.

D’un côté, il y a le marché. De l’autre, vous et vos noms de domaine. Vous êtes comme une aiguille dans une botte de foin.

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Creative Commons License crédit photo : Roberto Verzo

Plus c’est long, plus c’est bon

Dans ma série de billets sur la valorisation des noms de domaine, j’insiste entre autres sur la nécessité de privilégier les noms de domaine courts, notamment car ceux-ci sont plus faciles à mémoriser.

Au-delà de l’évidente difficulté à trouver des spécimens courts encore disponibles et de leurs prix souvent élevés sur le second marché, certains n’en font qu’à leur tête. C’est ainsi que je vous propose ma découverte du jour : FautVraimentEtreConPourAvoirUneAdresseInternetAussiLongue.com

En effet, mais il faut surtout ne pas manquer d’humour; et de ténacité pour conserver jalousement ce nom de domaine à rallonge depuis 10 looooooooongues années !

Si mon compteur dit juste, la racine de ce nom de domaine totalise la bagatelle de 57 caractères. Rappelons à cet effet que la limite maximale autorisée est de 63. Six caractères de plus et c’était donc le jackpot pour notre ami. Comment n’a-t’-il pas songé à ajouter un superlatif devant « con » pour que le compte y soit ? Peut-être parce qu’aucun mot de 6 lettres ne lui est venu à l’esprit sur le moment ?

Dans la série des noms de domaine les plus longs, un petit clin d’œil aux habitants d’un charmant village du Pays de Galles répondant au doux nom de…

… orné d’un tiret (seuls les experts comprendront pourquoi) et décliné en .com, il remporte l’oscar du nom de domaine le plus long qui soit, avec 63 caractères tout rond.

Eux ont au moins gagné leur titre à la régulière, là où certains se sont montrés plus sournois pour atteindre les fameux 63 caractères :

  • IAmTheProudOwnerOfTheLongestLongestLongestDomainNameInThisWorld.com
  • TheLongestDomainNameInTheWorldAndThenSomeAndThenSomeMoreAndMore.com
  • WieMenschlichMenschenSindZeigtIhrUmgangMitDerMuttersprachefrsch.de
  • (comme souvent en matière de noms de domaine, les possibilités sont infinies)

A l’opposé, on trouve du côté des noms de domaine les plus courts quelques heureux propriétaires de spécimen en une lettre sous .com, dont Nissan et son z.com et Paypal et son x.com. Il existe un vieux serpent de mer selon lequel le reste du cheptel sera un jour ou l’autre relâché sous la forme d’une mise aux enchères. Une longue histoire.

Vous avez raté votre mariage… ?

Allez, comme c’est vendredi, je vous propose de nous détendre un peu en cette fin de pause déjeuner. Hein ? On se détend un peu trop souvent à votre goût sur Blogodomaines ? Désolé. On va quand même tâcher de joindre l’utile à l’agréable, avec le deuxième billet de la série Photodomaines.

Je m’excuse, mais je vais encore vous servir du .ch aujourd’hui. Un nom de domaine rencontré au détour d’un bouchon sur l’autoroute. Non, pas sur un camion cette fois-ci. La rencontre s’est faite sur les ondes FM, et le coup de foudre fut total. Pourtant, qui eut crut que je me sente interpelé à l’annonce d’un slogan bien peu de circonstance :

Vous avez raté votre mariage ? Réussissez votre divorce !

Ah ouais… plutôt direct comme ton. Mais c’est la suite qui fit tilter définitivement mon cerveau aussi embouteillé que l’autoroute Genève-Lausanne : Réussissez votre divorce, donc, mais pas n’importe où :

sur divorce.ch !

Tout heureux de ma découverte inutile, je ne pus m’empêcher de taper le nom de domaine magique en rentrant à la maison. Et là, boucle bouclée : nom de domaine placardé bien en gros en haut à droite de la page (curieux), savamment (bien qu’un peu maladroitement, à mon goût) entrecoupé d’une bonne ligne (de rupture) et slogan ressassé comme il faut. Pour couronner le tout, des teintes rose bonbon qui feraient presque oublier la noirceur du sujet :

DivorcePointCH

Méfiez-vous, j’ai trouvé encore plus sombre pour alimenter mon prochain billet de la série Photodomaines !

Je vous rappelle d’ailleurs que vos photos sont toujours les bienvenues. Ne me dites pas que vous ne croisez pas un joli domaine de temps en temps ! Allez, envoyez les clichés !

Le second marché des noms de domaine vu par l’AFNIC

afnicAprès un dernier billet en forme de PoissonDavril.com, c’est encore l’AFNIC qui tient la Une de Blogodomaines !

Le registre du .fr vient en effet de publier l’un des dossiers thématiques dont elle a le secret. Et une fois n’est pas coutume, c’est du second marché des noms de domaine dont il est question. Dans un dossier aussi complet qu’instructif, l’AFNIC livre une analyse du secteur à portée de tous (l’analyse, pas le secteur… quoi que).

L’annonce de l’AFNIC est disponible au lien suivant et le dossier en question est téléchargeable au format .pdf ici.

Selon les termes de l’organisme en charge de la gestion du .fr, ce dossier s’adresse :

– aux entreprises détenant des portefeuilles de noms de domaine, dont certaines sont encore peu conscientes de la valeur que ce portefeuille peut représenter ;

– aux entreprises engagées dans des projets sur internet et confrontées à l’existence de noms de domaine déposés par des tiers, pour les sensibiliser au fait qu’un nom de domaine déjà pris n’est pas nécessairement inaccessible

– à tous ceux qui, pour des raisons professionnelles ou personnelles, veulent en savoir plus sur un aspect méconnu du marché des noms de domaine

Ce dossier se compose en trois parties, traitant essentiellement :

  • de l’origine, du fonctionnement, de la légitimité et des tendances globales du second marché
  • des principes et des critères de valorisation des noms de domaine (auxquels est consacrée pour rappel la rubrique « Valodomaines » de ce blog)
  • des forces en présence du marché (« domaineurs », intermédiaires, prestataires parking etc.)

Sans m’épancher sur le contenu du papier ni me livrer à une analyse endiablée, je dirai simplement qu’il s’agit d’une lecture à mettre entre toutes les mains. Au delà du public de premier rang évoqué plus haut, je pense notamment aux enseignants en webmarketing… et à ceux qui les écoutent avec attention, à savoir les étudiants.

De là à dire que le second marché à gagné en la présence de ce dossier ses lettres de noblesse, je ne pense pas. Mais je note que les efforts d’évangélisation du public francophone engagés  par certains acteurs/spécialistes/experts du second marché des noms de domaine depuis plusieurs années déjà commencent à porter sérieusement leurs fruits. A mon sens, on est en train de passer du stade de la méconnaissance, de la méfiance et des stéréotypes à celui de la curiosité, dans le sens « ouverture d’esprit » du terme. La qualité du travail de recherche et de rédaction de ce dossier en sont la preuve la plus évidente. Les mentalités, quant à elles, ont encore le temps d’évoluer.

L’AFNIC et SEDO joignent leurs forces dans un partenariat d’envergure

logologo_refInformation exclusive Blogodomaines ! L’AFNIC (Association Française pour le Nommage Internet en Coopération, en charge de la gestion de la gestion administrative et technique des noms de domaine en .fr et en .re) et SEDO (Search Engine for Domain Offers, première plate-forme mondiale d’achat-vente de noms de domaine) organiseront prochainement, dans le cadre d’un partenariat exceptionnel, la mise aux enchères des noms de domaine de la liste des termes fondamentaux AFNIC.

Exception faite des noms des communes françaises et d’une liste noire non-exhaustive établie par l’AFNIC à son entière discrétion, l’ensemble de la liste des termes fondamentaux téléchargeable au lien suivant (réservé aux adhérents AFNIC) sera proposé dans le cadre d’enchères en ligne organisées par la société SEDO. En raison du volume non-négligeable de l’inventaire (plusieurs centaines de noms de domaine), l’opération devrait être répartie sur un trimestre et la liste scindée en plusieurs séries d’enchères hebdomadaires. Pour l’occasion, les sites internet www.sedo.fr et www.afnic.fr devraient arborer un design spécial. Il s’agit là d’un signe fort envoyé par les deux acteurs, le site de SEDO venant tout juste de faire peau neuve au prix de plusieurs centaines de milliers d’euros de budget marketing et celui de l’AFNIC n’ayant pour ainsi dire pas évolué depuis 10 ans.

Autre fait exceptionnel : les enchères seront ouvertes à tous (y compris aux Français de l’étranger et aux étrangers de France). Cette décision a été motivée par la présence dans la liste de noms de pays en .fr et par la volonté d’éviter toute discrimination. Nul doute que la bataille devrait être rude entre les milliardaires russes sur un federation-derussie.fr et que la Maison Blanche ne devrait pas laisser passer l’occasion de mettre la main sur « son » etats-unis-d-amerique.fr. Et que dire de l’attrait de noms prestigieux comme jamahiriya-arabe-libyenne.fr (الجماهيريةالعربية الليبية الشعبية الإشتراكية العظمى, en arabe)

Dans cette liste également, de nombreux noms de domaine premium tels que :

  • avocat.fr (nom d’un fruit gras à la peau verte),
  • barreau.fr (Cf. barreau de chaise, ou de prison),
  • docteurs.fr (j’ai le .com, il me FAUT la paire !),
  • presse.fr (les agrumes apprécieront),
  • email.fr (en attendant la version IDN),
  • whois.fr (j’imagine mal M. Ano Nymous laisser passer sa chance sur celui-là),
  • poudre.fr (excellente typo de poutre.fr)
  • travesti.fr (idéal pour une boutique de déguisements)
  • schnouf.fr (je n’ai pas retrouvé la signification de celui-ci, mais c’est un bon brandable)

Mais aussi des blockbusters comme internet.fr, webmaster.fr, dieu.fr, elections.fr, com.fr ou france.fr (le projet en cours ne devrait donc pas aboutir malgré une charte graphique déjà avalisée)

En accord avec l’Etat français, les noms de domaine liberte.fr, egalite.fr et fraternite.fr ne seront pas proposés dans le cadre de ces enchères spéciales. Greve.fr ne devrait pas non plus obtenir son bon de sortie, en vertu du droit fondamental qu’il symbolise en France.

Afin de garantir la meilleure activité possible, tous ces noms de domaine seront mis aux enchères sans prix de réserve. A moins qu’ils ne reçoivent aucune offre (pas à exclure pour certains navets comme cadavre.fr), ils trouveront donc preneur dans tous les cas.

Pour assurer la bonne marche des transferts des noms de domaine vendus, SEDO et l’AFNIC ont choisi de faire appel au registrar OVH, qui devra pour l’occasion revoir l’intégralité de sa procédure technico-administrative et son interface client d’un autre âge.

Fait important, tous les noms de domaine rachetés dans le cadre de ces enchères feront l’objet – à l’instar des méthodes pratiquées par Verisign sur le .TV – d’une trarification annuelle variable fixée après-coup par l’AFNIC en fonction de l’identité de l’acquéreur. Un nom comme notaire.fr devrait donc faire l’objet d’une facturation supérieure à un huissier.fr, jugé moins noble. En cas de rachats multiples par un même acquéreur, d’autres noms comme marijuana.fr pourraient être facturés au poids.

L’AFNIC et Sedo espèrent générer grâce à ces enchères plus de 10 millions d’euros de volume de ventes, là où la société INDOM – conseillère privilégiée de l’AFNIC depuis l’avènement du dossier .paris – a valorisé l’ensemble du portefeuille à 45 532 EUR (quarante cinq mille cinq cent trente deux euros). Exceptionnellement, Sedo ne touchera pas 10 mais 20% de commission sur les ventes réalisées. La société s’engage en échange à augmenter de 500% ses effectifs francophones et à bannir le titulaire du nom de domaine afnique.fr de sa plate-forme.

Cette collaboration faite suite à la récente réelection de l’AFNIC pour la gestion du .fr, et au prochain changement d’appelation du Groupe AdLINK pour Sedo Holding.

La date symbolique du 14 juillet devrait finalement être retenue pour le lancement de cette opération, au détriment de celle du 3 octobre initialement proposée par la société de droit allemand Sedo. Le jour de la Fête Nationale française aurait en outre été vivement conseillé par Bob Parsons à Matthieu Weill, le Président de GoDaddy lui ayant vanté les retombées exceptionnelles qu’entraîneraient un spot publicitaire télévisé passé à la mi-temps de la finale de la Coupe du Monde de football 2010.