Victime de la mode

Little brown bag of Shopping !En suivant des enchères sur une plateforme de snap hier, j’ai eu l’occasion de revisiter les contours d’une notion qu’on n’évoque peut-être pas assez lorsqu’il est question de valorisation de noms de domaine. Cette notion, c’est ce que j’appellerais la « durabilité » du nom de domaine, à savoir sa propension à traverser les années sans prendre une ride.

Or dans un monde qui évolue à 200 à l’heure et un environnement Internet à 500, il est toujours plus difficile de trouver des noms de domaine – disponibles sur le premier marché ou  abordables sur le second – correspondant à des concepts solides et résistants aux effets de mode. Pour peu qu’on soit un adepte du predictive domaining, ça devient carrément compliqué de trouver un équilibre entre les notions qui n’en sont aujourd’hui qu’à l’état de germe mais dont on pense qu’elles feront un carton dans 3/5/10 ans et celles dont on pense qu’elles sont indémodables, mais tomberont inexorablement dans l’oubli au fil des ans.

Un bon exemple de thème indémodable, dont les générations présentes et futures parleront toujours (plus) et qui sera donc toujours générateur de trafic sur Internet : la météo. Qu’il pleuve, neige ou vente, tout est matière à vives discussions sur le temps qu’il fait. D’accord, l’exemple est stéréotypé : y a-t-il seulement un seul jour où nous ne parlons pas de météo avec notre entourage depuis que nous sommes en âge d’avoir une vie sociale (ou pas, pour les plus reclus d’entre vous) ? Par extension, on peut penser qu’il faudra toujours utiliser des thermomètres pour mesurer la température. Certes, l’objet évolue et on est passé du thermomètre à mercure à la démocratisation du thermomètre électronique sans qu’on s’en rende vraiment compte. Mais à terme, qu’est-ce qui peut remplacer le thermomètre ? Sans doute pas grand chose, mais ne sous-estimons pas pour autant l’évolution de la technique et laissons les experts du predictive domaining dénicher avant les autre les noms qui deviendront peut-être les standards de demain. En attendant, la météo, elle, fera nécessairement parler toujours plus de monde, ne serait-ce que pour la simple raison qu’il y a toujours plus de monde sur terre.

Pour en revenir au nom de domaine d’hier, je ne vois aucune raison de ne pas vous le citer puisque les enchères sont terminées : c’est EcranPlat.com. A première vue, c’est un nom tout à fait exquis : court, descriptif, sans équivoque, associé à des volumes de recherche conséquents, correspondant à un produit susceptible d’être acheté sur Internet (et en dehors) et donc logiquement associé à des CPC solides parmi les nombreux annonceurs qu’il intéresse. Bien. Mais à y regarder de près, où en est l’écran plat aujourd’hui ? Il va bien : sans être allé faire de recherches poussées sur le sujet et en me limitant au site de l’INSEE, je pense que plus des trois quarts des foyers français en sont désormais équipés, qu’il soit question d’écrans plats de PC ou de télévision. Là où on parlait de produit de haut de gamme il n’y a encore pas si longtemps de cela, on est désormais face à un produit grand public qui a sa place dans le panier des français moyens. Très bien. Mais dans quel contexte le terme « écran plat » est-il arrivé sur nos lèvres ? Pour nous permettre de distinguer entre le bon viel écran cathodique de notre jeunesse et la nouveauté format feuille de papier que les fabricants nous ont fait miroiter !

Seulement voilà, ceux qui n’auront jamais connu que l’écran plat – les graines d’internautes consommateurs de demain – vont-il devoir recourir à cet artifice linguistique, à l’heure où il n’y a déjà plus que des écrans plats dans les rayons ? Pas si sûr, peut-être qu’ils (re)parleront tout simplement d’écrans, parce qu’il n’auront jamais connu les gros cubes qui encombraient nos bureaux et nos salons.

Ce n’est pas un mal en soi, ni une critique envers ceux qui se sont positionnés sur les enchères d’EcranPlat.com : j’en ai moi-même fait partie et je suis heureux d’avoir du mettre les mains dans le moteur pour mettre en route mon cerveau. Mais imaginons que l’objectif du gagnant de ces enchères soit de revendre ce nom de domaine dans les 5 ans, celui-ci est-il réalisable ? Comme tout le monde le sait (ou fait mine d’ignorer), il est rare de vendre un nom dans les mois qui suivent son acquisition. D’abord parce que la plupart des investisseurs en noms de domaines aiment bien laisser le temps faire son effet bénéfique sur leurs poussins. A moins de jouer les équilibristes et d’avoir déjà un acheteur final au moment même où on se positionne sur les enchères. Mais dans une configuration classique, celui qui a remporté ces enchères – et dans la mesure où son but de faire une plus-value à la revente et non de le développer – se retrouvera probablement confronté à un dilemme ou pris dans un étau : d’un côté, l’adage qui veut que les domaines génériques gagnent en valeur avec le temps; d’un autre, le dépérissement du terme (selon ma vision exposée plus haut. Je peux tout aussi bien me tromper) et la nécessité qui en découlera de vendre rapidement… au risque de ne pas vendre du tout ou de vendre à perte. On parle quand même d’un investissement à plusieurs centaines d’euros.

Quand vous enregistrez ou rachetez un nom de domaine, posez-vous donc la question de la durabilité du terme qui lui est associé. Si c’est un produit, demandez-vous s’il existera encore dans 3, 5 ou 10 ans (voire plus). Si vous êtes dans le brouillard, vous pouvez utiliser des outils comme Google Trends pour vous orienter. Les noms de domaine à effet de mode ne sont pas mauvais pour autant, ils peuvent même être de bons générateurs de trafic à court terme. Il y a aussi des noms qui ont les deux, comme Noel.com : on fêtera toujours Noël dans 50 ans et Noel.com fera toujours plus de trafic en décembre.

Et si vous n’arrivez pas à vous freiner, forcez-vous à pencher du côté des mauvaises langues qui disent que rien de sert d’investir dans les noms de domaine car une nouvelle technologie les aura remplacé d’ici 10 ans grand maximum !

Creative Commons License Crédit photo : Andy Hay

Annuaire des spammeurs et scammeurs spécialisés dans les noms de domaine

La découverte du jour : une base de données référençant spammeurs et autre scammeurs spécialisés dans les noms de domaine. L’adresse : http://www.domainspammers.com.

Le concept est fort utile pour savoir si un individu qui vous a récemment contacté pour témoigner de son (prétendu ?) intérêt pour un ou plusieurs de vos noms de domaine n’est en fait qu’un sillonneur de whois et un arroseur de boîtes mails.

Grâce à son côté évolutif et participatif – chacun peut enrichir la base de données – DomainSpammers.com permet de partager vos éventuelles mauvaises expériences et donc d’aider la communauté. Ainsi, une simple recherche Google sur un individu mène parfois rapidement sur ce site. C’est alors un premier signe que la personne en question fait l’objet de soupçons de la part d’un ou plusieurs membres de la communauté.

Attention toutefois à ne pas devenir l’arroseur arrosé et à ne pas vous faire cataloguer vous-même comme spammeur/scammeur si vous avez l’habitude de contacter spontanément des titulaires via les whois pour des propositions de rachat. Personnalisez un maximum vos e-mails et expliquez un tant soit peu l’objet de votre démarche ! Vous éviterez ainsi de passer pour un robot mais surtout, augmenterez vos chances d’attirer l’attention de votre interlocuteur. Plus encore que parmi les candidatures professionnelles, une grande majorité des e-mails de proposition de rachat passe directement à la corbeille. Soignez donc votre démarche et surtout, montrez-vous cordiaux et disponibles !

A nos ventes manquées

l'argent vu de prèsEn voulant faire quelques courses sur Sedo aujourd’hui, quelque chose (de pourtant courant) m’a particulièrement marqué. Sans avoir fait suffisamment d’offres pour pouvoir en tirer une statistique parlante, j’ai toutefois été frappé par le nombre de mes ardeurs qui se sont vues refroidies par un prix minimum démesuré. Des noms de domaine sur lesquels j’étais pourtant plein de bonnes intentions et que j’aurais volontiers négocié dans l’intérêt des vendeurs, tout au moins dans les limites raisonnables des valeurs de marché. Cela reste une notion bien suggestive et ma valeur de marché n’est peut-être pas celle qu’entend le vendeur, mais je pense suffisamment connaître le sujet pour ne pas exagérer dans ma définition du terme « démesuré ».

Pour ceux qui ne sont pas familiers avec l’interface Sedo, la plateforme propose à ses vendeurs de noms de domaine différentes options de prix. Vous pouvez par exemple fixer un prix indicatif et ainsi laisser les acheteurs potentiels / le système de négociations automatisé Sedo vous transmettre toutes les offres, fussent-elles inférieures à ce montant. Ou vous pouvez fixer un prix minimum que je qualifierais de « plancher », prix en-dessous duquel les offres sont systématiquement refusées par l’interface Sedo et les intéressés invités à augmenter leur mise jusqu’à atteindre la somme fatidique.

Seulement voilà, en utilisant la deuxième option, vous vous privez potentiellement de ventes. Bien sûr, son but premier est de vous garantir de ne pas être dérangé pour rien. Je ne vais pas le cacher : il m’arrive moi-même d’utiliser cette option. Mais pas à outrance. Elle se montre par exemple adaptée lorsque vous venez d’acheter – disons 500 EUR – un nom de domaine que vous êtes prêt a remettre sans trop attendre sur le marché mais que vous n’allez pas, cela va de soi, vendre moins que le prix auquel vous l’avez obtenu. Vous allez me dire, peut-être que tous les noms sur lesquels j’ai fait des offres aujourd’hui étaient dans ce cas de figure. Honnêtement, je ne pense pas, ou alors les vendeurs ex-acheteurs ont été bien mal inspirés de mettre autrefois à l’achat un prix équivalent à celui qu’ils fixent comme prix minimum à la vente aujourd’hui.

Vous allez aussi me dire que je n’ai qu’à outrepasser Sedo et tenter une offre via le whois, ne risquant a priori pas de me prendre une porte automatique. Certes, mais de nos jours, 1 whois sur 2 (j’exagère à peine) est anonyme d’une part, et je dispose pas non plus d’un temps illimité pour courir après des vendeurs d’autre part; si j’utilise les systèmes de négociations en ligne de Sedo et consorts, c’est aussi pour gagner en sécurité, en temps et en anonymat.

Le comble est que la plupart des prix de plancher constatés étaient supérieurs à 10 000 EUR/USD/GBP. Là encore, ça ne parlera sans doute pas à tous ceux qui me lisent, mais il faut savoir qu’il n’est permis aux vendeurs de ne fixer de prix minimum qu’à concurrence de 10 000 EUR/USD/GBP. Au-delà, il faut l’approbation de Sedo. En théorie en commandant une évaluation qui déterminera la valeur estimative du nom de domaine et transposera celle-ci sur le prix minimum. Mais en pratique, la manœuvre est également réalisable en contactant le support Sedo ou son Account Manager dédié. Je ne critique bien entendu pas le fait qu’un « raccourci » soit possible : un client SedoPro qui souhaite mettre en vente un nom de domaine premium n’a pas besoin de commander une évaluation sur Sedo pour faire attester de la valeur de son actif. Mais la plupart des noms que je visais aujourd’hui n’étaient pas des premiums.

Il serait donc amusant d’évaluer le nombre et le volume de ventes « perdues » par des vendeurs d’une part trop gourmands, mais aussi trop bornés pour s’offrir la chance d’une négociation tout à fait correcte. Je ne parle même pas de l’obtention d’un accord, je parle de discussions.

Si vous êtes vendeur, attention donc à ne pas tomber amoureux de vos domaines en vente à un point d’en devenir aveugle. Certains domaines ne recevront jamais de première offre à mid €€ €€€; même des noms francophones premiums qui les valent ne reçoivent pas de premières offres dans ces eaux. Ça ne les empêche pas de pouvoir finir haut, seulement il faut savoir accepter de partir de bas. Et s’il vous faut absolument un plancher, arrêtez-vous à 5000 EUR grand max et souvenez-vous que le prix de vente moyen d’un nom de domaine ne culmine pas à 30 000 EUR, mais se situe au contraire dans les 2000 EUR.  Si vous souhaitez simplement ne pas être dérangé pour pas grand chose, un prix minimum de 500 EUR devrait suffir pour le commun des domaines.

Et si vous êtes acheteur, ne désespérez pas pour autant ;o)

Creative Commons License crédit photo : 1suisse

Interlude

Vue Balcon Rolle 1

Bonjour à tous !

Bon, je vous avoue que j’ai un peu honte quand je regarde la date de mon dernier billet, mais on mettra ça sur le compte des vacances et de mes nouvelles occupations professionnelles, hein ?

Pour me faire pardonner un peu de ces semaines d’absence, j’ai offert à mon blog un léger relifting. Les jeunes aux yeux bioniques et en pleine forme n’auront certainement rien remarqué mais les vieux comme moi, oui. Vous ne voyez pas ? cherchez un peu ! Vous ne trouvez pas la lecture des billets un peu plus confortable qu’avant ? Si ? Alors c’est que la modification apportée eu eu les effets souhaités ; j’ai réduit la largeur des colonnes, essentiellement pour raccourcir la longueur des lignes des billets et donner un effet un peu plus aéré au tout. Comme ça, plus besoin d’écrire des tartines pour occuper l’espace maintenant : quelques lignes suffiront à donner l’impression d’un article bien fourni. Ceux qui me connaissent savent que je n’aurais pu réaliser seul cette prouesse technique vu mes compétences en webdesign. Merci donc à celles et à ceux qui ont transformé en minutes les heures qu’il m’en aurait coûté pour m’en sortir en solitaire.  Je comprends aussi que vous ayez tenu à rester anonymes ^^

Alors, quoi de neuf, allez-vous me demander ? Que du vieux, la trentaine en ligne de mire. Mon installation en Suisse se passe bien. Après deux semaines dans un B&B de Nyon que je recommande d’ailleurs à ceux qui sont de passage dans la région, j’ai finalement réussi à ne pas être une victime de la pénurie de logements et du marché immobilier tendu qui règnent en région lémanique.  Le hasard m’a mené à Rolle, charmante petite ville de 5000 habitants en bord de lac, à mi-chemin entre Genève et Lausanne environ. Rien de bien passionnant à faire à Rolle mis à part d’interminables balades au milieu des vignobles et en bord de lac, mais je voulais du calme après 5 ans passés en centre-ville de Cologne et je l’ai. Quoi de spécial à Rolle ? La ville devrait accueillir le siège européen de Yahoo mais il se dit que la crise (chez Yahoo, pas à Rolle…) aura raison du projet. Cisco et Nissan, eux, y ont leurs quartiers depuis plus longtemps. Niveau personnalités, Wikipédia nous annonce le cinéaste Jean-Luc Godard et le champion du monde de rallye Sébastien Loeb. Je ne suis pas aller frapper chez eux, ces informations sont donc à vérifier. Il se dit que Patrick Juvet, natif de Montreux, vit dans le coin. Mais alors, où sont les femmes ? Peut-être au château de Rolle. Pour le reste, l’été en Suisse, c’est la saison des festivals divers. Si je n’ai pas eu la chance de tester celui de Montreux et que je ne serai sans doute pas non plus de la fête au Paleo à Nyon, j’ai quand même pu goûter à un bien sympathiques Festival de la Cité à Lausanne.

Côté boulot, pas mal de choses à apprendre bien entendu, comme dans tout nouveau travail. Heureux de croiser la route de certains anciens clients, en tous cas, ne serait-ce qu’au détour d’un whois ou d’une enchère ! Apprentissage oblige, j’ai déjà fait quelques erreurs de débutant desquelles vous rigoleriez bien, j’en suis sûr. Mais aussi d’honorables opérations à l’achat pour un début. Malgré l’été et la crise, j’ai l’impression d’un marché assez dynamique, avec beaucoup d’acteurs actuellement sur le pied de guerre, tant sur le plan des ventes que des rachats, mais aussi des projets de plus grande envergure. Bref, de quoi s’occuper ! Vue Balcon Rolle 2

Je ne compte pas vous arroser de billets pendant l’été, donc roupillez tranquille et profitez de vos vacances ! Je vais toutefois tâcher de venir poster de temps à autres, mais surtout de donner à Blogodomaines un ton et une direction légèrement différents de ce que j’ai pu faire jusque là. En l’occurrence, on va essayer d’être un peu plus personnel et léger dans l’approche. Parce qu’un blog est aussi fait pour parler de tout et de n’importe quoi, il se peut même que j’y poste des choses  qui n’ont guère à voir avec les noms de domaine. Tout en sachant pertinemment que je pourrai difficilement m’empêcher de faire des analogies.

Voilà, cette petite interlude touche à sa fin. Vous allez pouvoir éteindre votre cerveau et retourner à des occupations moins productives. Et si voulez emmener un peu de lecture à la plage, imprimez donc la liste des ventes de la semaine dernière sur Sedo ci-dessous ! Bonnes vacances à ceux qui y sont ou s’y dirigent, et désolé pour les autres ^^

Rémy

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