Comme promis, voici le deuxième volet de mon topo sur les fraudes en tous genres affectant le second marché des noms de domaine. Après un premier billet sur celles qui touchent à l’achat-vente, passons au parking. Là encore, il y a de quoi faire et surtout – nous allons le voir – les enjeux dépassent largement le cadre du second marché.
Pour schématiser, les techniques de fraude répertoriées sur le segment du parking correspondent aux indicateurs-clés du modèle : trafic, clics, et revenu par clic. Les 3 indicateurs restants – à savoir le taux de clic, le RPM et le revenu – ne sont finalement que des « conséquences » des 3 premiers leviers évoquées. Passons-les donc en revue un par un et voyons les techniques de fraude les plus courantes.
Le trafic est sans doute le levier préféré des malfaiteurs. Et pour cause, il est au sommet de la chaîne de monétisation et on peut partir du fait que plus celui-ci sera important, plus les possibilités d’en tirer un bénéfice seront grandes. Partant de là, deux possibilités : soit ne tricher que sur le trafic et laisser la nature faire le reste, soit tricher en aval sur les clics voire le revenu par clic pour démultiplier l’effet. Heureusement, ceux qui s’en tiennent à la première possibilité s’en remettent au destin. Car envoyer plus de trafic sur un nom de domaine ne signifie pas nécessairement que la conversion va suivre. Or quand on est sur un modèle qui rémunère au clic et non au quota de trafic, la conversion est essentielle à la mise en place d’un système de fraude fonctionnel.
Cela reste la première technique qui vient à l’esprit et donc la plus utilisée : la redirection/l’agrégation de trafic. Le principe est simple et consiste à utiliser comme « pompe à trafic » tout nom de domaine pouvant faire l’affaire. Mais alors, me direz-vous, pourquoi ne pas parquer directement ces domaines à trafic au lieu de se casser la tête avec un système de pompes ? Les raisons sont diverses et souvent propres à la psychologie du fraudeur en elle-même : essentiellement pour dissimuler. On voit ainsi certains cas où des personnes redirigent des typosquattings vers des domaines génériques pensant que la méthode, en plus de leur apporter du trafic, les couvre des ennuis juridiques. Grave erreur. Car d’une part cette technique ne protège de rien sur ce dernier point, et d’autre part, certains fournisseurs de liens publicitaires comme Google se montrent de plus en plus intransigeants sur la condamnation de ces méthodes, et n’hésitent pas à bloquer purement et simplement le flux publicitaire sur le domaine cible, et à blacklister celui-ci dans leur index. Bonne chance à ceux qui veulent développer un site derrière…
Certains fraudeurs jouent également sur des sources de trafic moins directes pour générer du trafic. La méthode se résume à inscrire son nom de domaine parqué sur toutes sortes de sites à fort trafic comme les annuaires et les forums. Les moins scrupuleux iront jusqu’à s’adonner à la technique du spam en envoyant des milliers d’e-mails non-sollicités contenant un lien vers leur page parking.
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