Sedo discusses domain management

Voici une interview video donnée pour vnunet.com par Nora Nanayakkara, Directrice des Ventes de la filiale de Sedo au Royaume-Uni.

Les quelques 10 minutes de video couvrent un large éventail de thèmes basiques mais éducatifs, entre autres :

  • business model des plateformes d’achat-vente
  • différence fondamentale entre domaining et cybersquatting
  • domaines génériques et navigation directe
  • potentiel commercial et publicitaire des domaines génériques
  • essoufflement du premier marché et recours toujours plus fréquent au second
  • aspects juridiques et responsabilité des intermédiaires
  • perception et utilisation des domaines par le grand public
  • multiplication et croissance des ccTLDs face aux gTLDs

J’oubliais : l’interview est en anglais. Bon visionnage !

Enchères Premium Sedo de mai, c’est fini !

La traditionnelle série d’enchères mensuelles Premium Sedo/GreatDomains a pris fin ce soir. Je viens vous en livrer les résultats en exclusivité. Je tiens à souligner que ceux-ci sont sans garantie. En effet, il se peut qu’un nom de domaine se vende dans la partie « silencieuse » qui suit les enchères, dans le cas où un intéressé « un peu court » augmente son prix ou qu’au contraire, un vendeur trop gourmand revoie le sien à la baisse. En outre, je rappelle qu’une transaction n’est complètement terminée que lorsque le nom de domaine a été transféré à l’acheteur ayant au préalable effectué le paiement.

Quelques détails sur la liste des résultats qui suit :

  • les domaines sont classés en 2 catégories : vendus et non-vendus
  • les domaines vendus sont classés par prix décroissant
  • le prix de réserve n’est indiqué que pour les domaines vendus
  • les domaines non-vendus sont triés par ordre alphabétique d’extension, puis de racine
  • par souci d’objectivité, je ne me livrerai à aucune analyse et vous laisse donc faire parler les chiffres (et le reste) comme vous l’entendez…
  • désolé pour la mise en forme pas très pro, mais il est tard !

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Bilan 2008 de la perception du .fr

« Une bonne image sur un marché des noms de domaine encore trop méconnu du grand public » : voici selon l’AFNIC la synthèse du bilan 2008 de la perception du .fr. Le registre a en effet publié ce jour un communiqué de presse sur son site suite à la traditionnelle étude annuelle sur la perception du .fr et des noms de domaine par le grand public.

Réalisée par MetroPanel, l’enquête 2008 a été effectuée en ligne du 7 au 14 mars auprès de 1 265 internautes.

Les informations principales du communiqué de presse en question :

  • les noms de domaine sont clairement perçus par 62 % des répondants comme des moyens privilégiés d’affirmer une identité ou une personnalité sur internet;
  • les valeurs véhiculées par l’extension : francophonie (59 %), appartenance (28 %) et proximité (18 %);
  • on constate une forte notoriété de « l’offre .fr » (70 % des répondants déclarent la connaître);
  • 59 % des répondants n’ayant jamais déposé de nom de domaine déclarent ne pas voir à quoi cela leur serait utile;
  • 61% des répondants ont acquis leurs noms de domaine via un « package » (domaine + hébergement);
  • les prestataires (bureaux d’enregistrement) sont encore mal identifiés ou confondus par le public avec les fournisseurs d’accès;
  • 38% des répondants ont affirmé faire pointer leurs noms de domaine vers des contenus personnels et/ou les utiliser comme supports d’adresses e-mail (17 % des cas cités)

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Quelques réflexions en vrac :

  • là où environ 60% des répondants évoquent une vision positive du .fr, le même pourcentage n’a encore jamais déposé de nom de domaine. Il faut donc a priori rendre l’offre plus attractive pour que le public ne se contente plus de penser, mais agisse…

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La fraude sur le second marché des noms de domaine – 2ème partie : le parking

Comme promis, voici le deuxième volet de mon topo sur les phénomènes de fraude affectant le second marché des noms de domaine. Après un premier billet sur celles qui touchent à l’achat-vente, intéressons-nous désormais au parking de noms de domaine. Là encore, il y a de quoi faire et surtout – nous allons le voir – les enjeux dépassent largement le cadre du second marché.

Pour schématiser, les techniques de fraude répertoriées sur le segment du parking ciblent essentiellement les 3 indicateurs clés du modèle : trafic, clics, et revenu par clic. Les 3 métriques restantes – à savoir le taux de clic (CTR), le RPM et le revenu – ne sont finalement que des « conséquences » des 3 premiers leviers évoquées. Passons-les donc en revue un par un et voyons les techniques de fraude les plus courantes.

La fraude sur le trafic des noms de domaine

Le trafic est sans doute le levier préféré des malfaiteurs. Et pour cause, il est au sommet de la chaîne de monétisation et on sait que plus le trafic affluant sur un nom de domaine sera important, plus les probabilités d’en tirer un bénéfice tout aussi important seront grandes. Partant de là, deux possibilités : soit ne tricher que sur le trafic et laisser la nature faire le reste, soit tricher en aval sur les clics voire le revenu par clic pour démultiplier l’effet. Heureusement, ceux qui s’en tiennent à la première possibilité s’en remettent au destin. Car envoyer plus de trafic sur un nom de domaine ne signifie pas nécessairement que la conversion va suivre. Or lorsqu’on est sur un modèle comme le parking qui rémunère le client au clic et non au poids de trafic, la conversion est essentielle à la mise en place d’un système de fraude fonctionnel.

Cela reste la première technique qui vient à l’esprit et donc la plus utilisée : la redirection/l’agrégation de trafic. Le principe est simple et consiste à utiliser comme « pompe à trafic » tout nom de domaine pouvant faire l’affaire. Mais alors, me direz-vous, pourquoi ne pas parquer directement ces domaines à trafic au lieu de se compliquer la vie avec un système de pompe à trafic ? Les raisons sont diverses et souvent propres à la psychologie du fraudeur elle-même : essentiellement pour dissimuler. On voit ainsi certains cas où des personnes redirigent un nom de domaine typosquattés vers un domaine générique en pensant que la méthode, en plus de leur apporter du trafic, les protège d’éventuels ennuis juridiques. Grave erreur. Car d’une part cette technique ne protège de rien sur ce dernier point, et d’autre part, certains fournisseurs de liens publicitaires comme Google se montrent de plus en plus intransigeants sur la répression de ces méthodes, et n’hésitent pas à bloquer purement et simplement le flux publicitaire sur le domaine cible, et à blacklister celui-ci dans leur index. Bonne chance à ceux qui veulent développer un site derrière…

Certains fraudeurs jouent également sur des sources de trafic moins directes pour générer du trafic. La méthode se résume à inscrire son nom de domaine parqué sur toutes sortes de sites présumés à fort trafic comme des annuaires et des forums. Les moins scrupuleux vont jusqu’à s’adonner à la technique du spam en envoyant des milliers d’e-mails non-sollicités contenant un lien vers leur page parking.

Voici pour les méthodes « directes ». Mais contrôlés par des humains malicieux, les robots font également du très bon travail. Et connaissent moins de limites. Certains utilisent donc des scripts de génération de trafic visant à alimenter leurs domaines parqués.

Deux techniques extrêmes pour finir. Premièrement, faire de la publicité pour son nom de domaine en parking… quitte à payer si le jeu en vaut la chandelle. Appliqué au système Google Adwords ou Yahoo! Search Marketing, cela s’appelle l’arbitrage, et c’est une méthode prohibée. Et deuxièmement, la jouer old school et demander à ses amis de se rendre sur la page… et de cliquer tant qu’à faire, ce qui m’amène à la deuxième partie de mon anaylse.

La fraude sur les clics comptabilisés sur noms de domaine parqués

Cliquer plus pour gagner plus, une des règles d’or des « fakers ». Avec trois alternatives : cliquer soi-même, faire cliquer quelqu’un d’autre et enfin faire cliquer quelque chose.

Les cas de « self-click » restent assez isolés, avant tout car il s’agit d’une méthode peu discrète et que beaucoup se doutent que leur adresse IP est tracée et enregistrée par les prestataires parking. D’autre part, cette méthode est plutôt utilisée par les amateurs qui ne gonflent pas le trafic en amont. Schéma courant : domaine de piètre qualité à la base, peu de vues, beaucoup (trop) de clics. Bref, flagrant. Mais pas innocent pour autant.

La méthode du « click incentive » (faire cliquer une ou plusieurs personnes) comporte deux ramifications : l’invitation non-sollicitée au clic et les réseaux de clics (cliqueurs) organisés. La première revient, comme je l’expliquais plus haut, à faire croire à un visiteur qu’un lien donné renvoie vers un contenu pertinent alors qu’il s’agit réalité d’une page parking. Certains se révèlent prosaïquement plus doués que d’autres pour augmenter les chances que le visiteur clique. D’autres font dans le grand art et n’hésitent pas à demander ouvertement aux visiteurs à cliquer sur l’un des liens qui apparaîtra sur la page qu’ils s’apprêtent à consulter. Les plus farfelus font même miroiter une rémunération.

Les réseaux de clics organisés sont les plus dangereux et les plus difficiles à détecter, car ils reposent souvent sur de véritables organisations de malfaiteurs. Egalement appelés « usines à clics » dans le jargon des prestataires parking, ils sont notamment très répandus dans les pays en voie de développement à très faibles coûts de main-d’œuvre. La méthode, très malicieuse, consiste à employer une armée de cliqueurs et à leur fournir une liste de sites à visiter. L’effet de masse et la technique de rotation font le reste. Deux particularités de ce système : les fraudeurs sont souvent organisés en « faker rings » (cercles de fraudeurs) et on trouve à force de creuser des similarités étonnantes entre un groupe de domaines au comportement douteux… toutefois placés sous des comptes différents. Poussant la ruse jusqu’au bout, ces malfaiteurs prennent le soin d’étudier avec la plus grande précision les modes de surveillance automatiques et humains des prestataires parking, et jouent avec leurs seuils de contrôle pour ne pas attirer l’attention. Schéma classique : 50 comptes différents manifestement administrés par la même entité et limités à X EUR par mois (X se situant juste en dessous du seuil de vérification humaine instauré en interne par le prestataire). Et pour ne rien arranger, ces groupuscules sont également très doués pour tricher sur les revenus par clic. Explications dans le troisième et dernier point.

La fraude sur le revenu par clic des noms de domaine parqués

Tricher sur le revenu par clic (EPC) reste la technique la plus difficile. Pourquoi ? Avant tout parce que le marché du PPC est un marché ultra-dynamique sur lequel ce qui est vrai aujourd’hui ne l’est souvent plus – ou tout du moins plus autant – le lendemain. Qui peut prédire la rémunération sur un clic associé au mot-clé « assurance automobile » à des instants T, T+1 et T+x ? Personne, pas même les experts. Mais il existe toutefois certaines constantes, c’est à dire des secteurs plus rémunérateurs que d’autres. Et nul besoin d’avoir fait Saint-Cyr pour deviner lesquels.

La seconde raison de la difficulté de cette méthode est directement liée au marché des noms de domaine en lui-même. Le système de « smart pricing » de Google, par exemple, ne calcule pas seulement le taux de rémunération d’un clic à partir des caractéristiques du clic en lui-même (provenance géographique, heure etc), mais également sur les caractéristiques du nom de domaine associé. Quelles caractéristiques ? A priori celles qui font la qualité d’un nom de domaine. Or la plupart des domaines de qualité étant déjà pris, toute la difficulté pour les fakers réside dans le fait de trouver des domaines libres (on ne peut pas se permettre la moindre dépense excessive) et donc de mauvaise qualité sur lesquels faire opérer un tant soit peu la magie du « smart pricing« . La plupart s’y cassent heureusement les dents et se contentent d’empiler des domaines médiocres. Exemple le plus flagrant : un compte contenant 20 domaines, tous déclinés sur le modèle RealEstateProperties-nombre.com (RealEstateProperties-123.com, RealEstateProperties-456.com, RealEstateProperties-789.com). Je m’arrêterai là pour les détails concernant la fraude sur les mots-clés/l’EPC, et rappellerai pour terminer que le simple fait d’associer un mot-clé non pertinent à un nom de domaine relève de la tricherie (exemple : fixer le mot-clé « banque en ligne » pour son domaine acrobaties.be)

Les enjeux de la fraude au clic

Autant la fraude sur les plateformes d’achat-vente de noms de domaine garde des effets relativement limités car ne dépassant pas ou rarement le cadre du marché des noms de domaine, autant la fraude sur le parking a des conséquences beaucoup plus dévastatrices qu’il n’y paraît en ce sens qu’elle se répercute sur l’ensemble de la chaîne de valeur du marché de la publicité en ligne.

Pour l’annonceur tout d’abord, c’est un fléau qui se paye comptant. Si les budgets sont absorbés par la fraude, où est l’intérêt du système ? Signeriez-vous un contrat de réclame publicitaire télévisée à plusieurs dizaines de milliers d’euros si vous saviez qu’à l’heure de votre spot, tous les téléspectateurs étaient masqués ? Car ce qui intéresse les annonceurs, ce sont les taux de conversion. Les fraudeurs visitent, cliquent ou font cliquer sur les liens… mais n’achètent rien. Or là où les les coûts de la fraude au clic annoncés deviennent de plus en plus préoccupants, la méfiance des annonceurs monte. Conséquences : une réticence à annoncer et une pression sur les intermédiaires pour que l’avancée de la fraude soit enrayée. Pour pimenter la chose, les annonceurs vont souvent jusqu’à souligner que les régies profitent elles-mêmes du système, voire le favorisent.

Pour les fournisseurs de liens publicitaires comme Google ou Yahoo, la fraude au clic représente un danger majeur en ce sens qu’elle impacte négativement, comme nous l’avons vu plus haut, la confiance des annonceurs dans leurs services respectifs et bien au delà, dans le système entier. Ces acteurs jouent donc sur trois tableaux majeurs pour faire front : la répression, la prévention et la communication. Un exemple de répression : le bannissement progressif et radical des adeptes du MFA. Les exemples de prévention relèvent de l’amélioration des processus internes. Mais c’est surtout sur la communication que les plus gros efforts se concentrent, avec des mesures plus ou moins « poudre au yeux » visant à monter qu’on cherche à améliorer la (fameuse) transparence du marché.

Pour les prestataires parking comme Sedo ou DomainSponsor, la fraude au clic représente un double problème : structurel tout d’abord avec des effets néfastes sur les revenus parking et les coûts de surveillance. Et sous-jacent ensuite avec une détérioration à long terme de la relation avec le partenaire fournisseur de liens publicitaires et les clients. Sans compter l’amalgame qui est fait au niveau du grand public et des annonceurs entre le parking, le cybersquatting et la fraude au clic en elle-même qui n’est pas née du parking.

Pour les visiteurs, les problématiques de fraude au clic qui leur viennent à l’oreille ne font que renforcer un peu plus l’idée que la publicité sur internet en général n’est qu’une coquille vide se résumant à des pages et des pages de pollution du Net.

Les domaineurs, enfin, se retrouvent à long terme pénalisés par les agissements frauduleux de leurs semblables puisque la fraude vient directement plomber la relation prestataire parking/fournisseur de liens publicitaire et donc les taux de rémunération. Sans compter l’impact sur l’image de l’activité de domaineur, qui se retrouve entachée par ces moutons noirs.

La conclusion est donc en un sens identique à celle de mon premier billet sur les phénomènes de fraude touchant les places de marché d’achat-vente de domaines : il est indispensable pour les intermédiaires de se focaliser sur le triptyque responsabilisation/prévention/répression. Les enjeux sont tellement vastes qu’ils sont loin de se limiter au marché-niche qu’est celui des noms de domaine. Il est question de la pérennité du modèle entier de la publicité en ligne. Partant de là, tous les acteurs de la chaîne de valeur doivent se responsabiliser et voir plus loin que le bout de leur nez. Ne pas penser qu' »un clic de rien du tout ne fera de mal à personne« . Car les petits ruisseaux font les grandes rivières.

Enchères Premium Sedo de mai, c’est parti !

Très attendue, la série mensuelle d’enchères Premium Sedo a débuté il y a quelques heures. Les premiers signes d’activité sont encourageants, et le nouveau processus de certification instauré récemment devrait permettre de faire le ménage parmi les troubles-fête éventuels.

Outre la vedette america.com qui devrait monopoliser l’essentiel de l’attention, on trouve une belle brochette de noms de domaine francophones (ou tout du moins utilisables en tant que tels pour certains d’entre eux) dans cette série :

charme.fr

cognac.com

blonde.com

import.com

zapping.com

vins.com

profil.com

top.biz

rachatsdecredit.com

cancerogenes.com

destockages.fr

ibuprofene.fr

paracetamol.fr

recrutements.info

topmodel.de

turbodiesel.es

videosx.com

Pour suivre les enchères en direct, deux possibilités :

– soit directement sur le site de Sedo au lien suivant

– soit via le flux RSS dédié

La fraude sur le second marché des noms de domaine (1ère partie – l’achat-vente)

Comme tout marché, celui des noms de domaine n’est pas épargné par la fraude sous toutes ses formes. Et comme souvent, c’est sur le second marché – le moins connu des deux – que sont braqués les projecteurs. Même si le premier marché n’est pas épargné pour autant avec – pour ne citer qu’elles – les problématiques de vol de nom de domaine côté titulaires et de front running au niveau des registrars. Au passage, car la question m’a été posée plusieurs fois récemment : non, les wild card mises en place par certains registres ne relèvent pas de la fraude. C’est une manière peu commune mais toutefois tolérée d’exploiter les extensions dont ils ont la gestion.

Je vous emmène donc pour un tour d’horizon des fraudes en tous genres sur le second marché. Pour faire simple, divisons le monde en deux hémisphères : au nord, l’achat-vente; au sud, le parking. Chacun d’entre eux est touché à des degrés plus ou moins graves par la fraude. Et contrairement aux orages, la fraude n’est pas saisonnière ! Dans ce premier billet d’une série en deux volets, nous voyagerons dans les terres froides de la fraude à l’achat-vente.

Sur ce secteur, c’est surtout avec l’avènement des enchères de noms de domaine qu’on a vu se développer la fraude. Pourtant, elle ne date pas d’hier. A l’époque où aucune plateforme n’égayait le paysage du second marché, il fallait bien se débrouiller sans intermédiaires. Les plus prudents passaient un contrat en cas de transaction, les autres procédaient « à l’ancienne » (tope là !). Sauf que quand vous allez à la boulangerie chercher votre pain, vous prêtez peu d’attention à qui fait le premier pas : la boulangère qui vous tend votre baguette avant que vous l’ayez réglée ou vous qui lui donnez votre monnaie avant d’avoir votre sésame en main. Il en va différemment quand il y a un nom de domaine générique de qualité, quelques milliers de dollars en jeu… et des milliers de kilomètres de câble réseau séparant les deux parties.

Aux prémices du second marché, la fraude la plus courante consistait simplement à doubler l’autre partie. En clair, soit pour le vendeur à ne pas transférer le nom de domaine une fois l’argent reçu de la part de l’acheteur. Soit pour l’acheteur à ne pas payer le prix convenu une fois le nom de domaine rapatrié chez son registrar. Et même avec un contrat de vente en place, courrez toujours pour aller faire valoir celui-ci dans la juridiction du pays choisi… si tant est qu’il en avait été désigné un.

Et puis les intermédiaires sont apparus. Des généralistes, comme Escrow.com. Puis des spécialistes, comme Sedo ou Afternic. Excellente nouvelle pour le marché, plus de risque d’escroquerie ! Pensez-vous, non seulement ces prestataires n’ont pas fait disparaître un risque qui à la base ne leur est pas inhérent, mais leur apparition à complexifié un peu plus la chose et ouvert des brèches. Car il est subitement devenu possible d’escroquer l’intermédiaire. La fraude la plus répandue reste encore à ce jour le non paiement de la marchandise acquise via ces plateformes.

Exemple : vous (vendeur) trouvez sur une plateforme spécialisée un acheteur pour votre nom de domaine. Vous avez négocié en ligne via le système d’offre de l’intermédiaire et vous êtes entendus sur un prix. Les négociations ont donc abouti sur une transaction, sensée être supervisée par l’intermédiaire. Première étape, génération automatique de contrats de vente pour les deux parties, contrat ne régissant que la relation entre l’acheteur et le vendeur . Chacun d’entre eux restant lié à la plateforme via ses Conditions Générales.

Deuxième étape, la génération par l’intermédiaire d’un ordre de paiement à l’intention de l’acheteur, sensé versé les fonds sur un compte intermédiaire sécurisé. Troisième étape, le paiement, donc. Et là, silence radio… rien… acheteur muet et injoignable, coordonnées factices, voire intention ouverte de ne pas payer. Le vendeur comme la plateforme sont floués. Et comme la plateforme n’a pas force de jugement, elle ne peut saisir les fonds côté acheteur. Souvent, le vendeur s’en prend à elle car contrairement à l’acheteur, elle a l’avantage de ne pas avoir disparu dans la nature. Le vendeur finira rarement par aller plus loin en faisant valoir devant les juridictions compétentes le contrat qui le liait à l’acheteur. Il arrive qu’il se retourne contre la plateforme, et que cette dernière n’ait à son tour pas d’autre choix que de se retourner contre l’acheteur.

A noter que la fraude inverse existe également : un vendeur qui se refuse à transférer le nom de domaine malgré le paiement par l’acheteur de la somme convenue sur le compte intermédiaire de la plateforme. Relation tripartite, même topo.

Mais comme je l’indiquais au début de ce billet, ce sont bien les enchères qui semblent avoir sonné l’époque des fraudes en tous genres et ainsi ébranlé la transparence d’un marché qui n’avait pas besoin de ça pour attirer l’attention des détracteurs. Plusieurs techniques sont utilisées, certaines à caractère universel et d’autres plus ciblées sur le mode de fonctionnement de l’intermédiaire utilisé.

Chez Sedo par exemple, il existe deux modes d’enchères : les enchères « système » et les enchères « premium ». Modèle unique en son genre, les enchères système permettent d’utiliser le mécanisme classique d’offre-contre offre comme une sorte de rampe de lancement pour des enchères. En l’occurrence, vous avez en tant que vendeur la possibilité de démarrer des enchères sur un domaine pour lequel vous avez reçu via le système de négociations en ligne classique une offre dont vous êtes prêt à utiliser le montant comme prix de réserve. Les enchères démarrent donc au prix en question, que vous vous engagez à accepter comme prix de vente si jamais personne ne venait proposer plus que l’intéressé de base durant la période des enchères.

Conséquence « logique », on a vu se développer un type de fraude consistant à se faire soi-même ou à faire faire par une connaissance une offre sur son nom de domaine afin de pouvoir démarrer des enchères. Ne reste ensuite plus qu’à espérer que quelqu’un vienne enchérir et ainsi faire monter le prix. Mais l’offre de base, elle, est frauduleuse en ce sens qu’elle donne lieu à des enchères qui n’auraient sans doute jamais eu lieu autrement. Surtout qu’il est inutile de préciser que ce ne sont pas les meilleurs domaines qui font l’objet de ce mode de fraude. Premier lésé dans ce cas, la plateforme. Pourquoi ? Car dans la mesure où personne ne vient enchérir, on aboutit au final sur une transaction pour laquelle l’acheteur ne se manifestera bien évidemment jamais puisque lui et le vendeur sont de mèche ou pire, sont la même personne. Coûts administratifs pour l’intermédiaire, mais également coûts en termes d’image.

Sur les enchères premium, les noms de domaines sont sélectionnés sur critères qualitatifs par des courtiers. La fraude à la source est donc de facto impossible. Mais pas inévitable une fois la machine lancée. Deux types de tromperies ici; celle – volontaire – évoquée plus haut et consistant à enchérir soi-même ou à faire enchérir des proches sur son nom de domaine pour en faire monter artificiellement le prix et visant essentiellement à lui faire attendre son niveau dit de réserve. Et celle – bien involontaire – à voir des petits malins fausser la donne en soumettant des offres « pour s’amuser ». Jusqu’à parfois remporter les enchères… et disparaître ensuite dans la nature, alimentant la notion de cercle vicieux.

Les plateformes ont donc du placer des gardes-fous pour se prémunir elles-mêmes des conséquences dévastatrices de la fraude et assainir le marché en général, car elles en sont les porte-drapeaux. Des systèmes de contrôle en tous genres ont donc vu le jour et continuent de fleurir pour s’adapter aux nouvelles techniques des fraudeurs ou lutter efficacement contre les manipulations archiconnues. A ce niveau, il est inévitable d’associer des moyens humains aux outils de contrôle automatisés (vérifications des données clients, traçage des IP).

Mais il devient surtout de plus en plus nécessaire de mettre en place des processus de certification a priori, visant à s’assurer du sérieux des enchérisseurs. Le principe étant celui de la gradation : plus les enjeux sont grands, plus les contrôles sont lourds et draconiens. Pour des évènements à forte résonance médiatique comme la mise aux enchères de noms de domaine de qualité supérieure par exemple, ont tend de plus en plus vers un mode sélectif par lequel ceux qui témoignent un intérêt doivent montrer patte blanche à l’entrée.

Ainsi, on devrait se rapprocher de plus en plus des modes de fonctionnement des maisons d’enchères classiques. Le second marché des noms de domaine est un marché jeune qui a besoin de gardes-fous. Le côté « accès facile » des noms de domaine ne simplifie pas la donne. Quand une toile de Picasso est mise aux enchères, il y a peu de chance de voir des parasites dans la salle car il y aura été procédé à un écrémage à l’entrée. Tous les noms de domaine ne sont pas des Picasso, mais il reste vital de lutter pour la pérennité d’un marché qui a tout à gagner à être sain. Dans cette optique, la responsabilisation de l’ensemble de ses acteurs et la tolérance zéro vis-à-vis des fraudeurs sont des prérequis.

Si j’étais domaineur…

Si j’étais domaineur, j’aurais mon bureau perché dans les arbres en pleine campagne et déposerais des domaines au gré de mes envies. Je consacrerais une heure par jour à la lecture des dernières actualités, sans oublier de noter dans mon calepin magique tout ce qui pourrait être source d’inspiration.

Si j’étais domaineur, je tiendrais un blog, un forum ou un site d’information pour partager mes expériences et faire vivre l’esprit de communauté.

Mon mot d’ordre serait la diversification. Mon portefeuille serait varié dans son ensemble, mais marqué d’une touche personnelle. Des IDN peut-être, ou plus de .fr que de raison.

Si j’étais domaineur, mon bloc-notes m’accompagnerait partout : dans la rue, au supermarché, au stade. J’y noterais toutes les tendances. Avec un peu d’entraînement, mon cerveau deviendrait mon bloc-notes virtuel, ce qui me permettrait de ne plus passer pour un imbécile dans la rue avec mon calepin.

Si j’étais domaineur, j’exercerais une activité parallèle pour m’assurer un revenu stable. Mais une activité pas trop prenante non plus pour garder du temps pour ma passion et mes proches. Je pourrais partir au travail sans excès de pression, car j’aurais un repli en cas de pépin. Je n’en oublierais pas pour autant la valeur du travail. D’ailleurs, je serais un domaineur-travailleur qui s’efforce de rationaliser et d’optimiser au maximum sa démarche.

Si j’étais domaineur, j’arrêterais de travailler à 50 ans et me consacrerais à des projets de placement alternatif pour diversifier mon capital. Je penserai alors à mes premiers mois difficiles de domaineur, à l’époque où je mangeais des pâtes pour m’acheter mon premier .com générique de premier choix sur Sedo. Je penserai aussi à tous les domaines médiocres déposés dans un élan d’optimiste ou après une soirée trop arrosée. Je me dirais que si le .tk était gratuit à l’époque, c’est qu’il y avait une raison. Je me souviendrais comme j’étais vexé lorsque on me donnait une évaluation déprimante sur les forums pour l’un de mes domaines, alors que j’avais moi-même tendu le bâton pour me faire battre et que tous ces gens ne voulaient que mon bien.

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IDN francophones – à prendre ou à laisser ?

A l’heure de la consolidation du marché, beaucoup de domaineurs cherchent à se diversifier, voire pourquoi pas à se spécialiser dans une niche sur un marché qui lui ne l’est plus, niche. Alors on s’interroge, on se consulte, on se braistorme (bouh le vilain mot !). Bref, on cherche à innover, quitte à placer la barre du risque un peu plus haut que celle de la raison. Car après tout, qui ne tente rien n’a rien et sur un terrain ou le premier arrivé est le seul servi, les hésitations se payent comptant.

S’il est un thème qui revient souvent sur le tapis dans les discussions inter-domaineurs, c’est bien celui du potentiel des IDN (noms de domaine internationalisés). Vous savez, ces bestioles avec des accents dessus. Enfin pour les plus latins d’entre eux, car ailleurs, ces caractères spéciaux sont parfois la base d’une langue entière. L’Arabe par exemple. Ou bien le Japonais. Ou encore le Chinois. Prononcez « Chine » et les yeux des investisseurs brillent. Et quand on y réfléchit bien, celui qui a mis quelques pièces sur le potentiel des IDN chinois pourrait bien avoir eu une vision lumineuse. A l’heure où la croissance chinoise explose, l’Internet ne fait pas exception à la règle et les noms de domaine étant à la base de tout… en plus, un nom de domaine, ça ne pollue pas (enfin sauf vos boîtes e-mail lorsque la machine à spam tourne à pleine cadence) !

Difficile de se positionner sur une langue qu’on ne maîtrise pas, toutefois. Or tout domaineur francophone n’a pas la chance d’avoir une future belle-mère chinoise prête à tout pour convaincre son futur gendre d’épouser sa fille. Tout domaineur francophone n’a pas non plus les moyens de s’entourer des bons professionnels pour l’épauler dans sa démarche d’exploration des noms de domaine en caractères arabes. Mais tout domaineur francophone maîtrise le Francais (à des niveaux différents, mais méfiez-vous de l’eau qui dort : ce sont parfois ceux qui font le plus de fote d’aurtografe qui ont les meilleurs domaines). Et dans la langue de Molière, il y a des accents. Et là où il y a des accents, il y a des IDN. Eurêka ! (ne cherchez pas, eurêka.com est pris ;-))

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America.com mis aux enchères

Communiqué de presse paru ce jour sur AFP :

Le nom de domaine « america.com » va être mis aux enchères sur internet du 22 au 29 mai et devrait atteindre plusieurs millions de dollars, a annoncé lundi la société Internet Media Consultants SA basée à Nyon (ouest de la Suisse).

Evalué entre 3,5 et 7,3 millions de dollars, ce nom est réservé depuis le milieu des années 1990. Il n’a jamais été véritablement utilisé comme site internet, selon Paolo Belcastro, directeur d’Internet Media Consultants SA (IMCSA).

Cette société, active notamment dans la gestion de portefeuilles de noms de domaines, a indiqué mettre en vente le nom de domaine « america.com » pour le compte d’un client qui possède ce nom depuis plusieurs années.

« Des grandes entreprises ont déjà manifesté leur intérêt », selon un communiqué d’IMCSA qui qualifie « america.com » de « plus beau nom de domaine sur internet ».

Les enchères démarreront le 22 mai à 19H00 GMT sur les deux grands sites de vente de noms de domaines, greatdomains.com et sedo.com et se termineront le 29 à 19H00 GMT avec un prix de réserve d’un million de dollars.