Une tempête dans un verre d’eau ?

Retour aux affaires après quelques jours de vacances…

Il y a plus d’un an déjà, le décret du 6 février 2007 relatif à l’attribution et à la gestion des noms de domaine avait fait couler beaucoup d’encre. Suite à ce petit coup de tonnerre, on réinventait dans les pires scénarios un .FR géré par des méchants étrangers aux dents longues. Les plus réalistes se contentaient de souligner que les arbres ne poussent pas dans le ciel et que l’AFNIC resterait au final seul maître à bord avec des règles du jeu quasiment inchangées. Bien que je pense qu’un vent de fraîcheur ne ferait pas de mal à l’industrie, je suis plutôt de la deuxième école, comme j’ai pu l’expliquer ci ou là.

Mais l’heure n’est plus aux spéculations, elle est à la prise de parole et à l’action. En effet, le Ministère de l’économie, de l’industrie et de l’emploi a lancé vendredi dernier une consultation publique sur les modalités de gestion du .FR et des extensions d’outre mer. Le but annoncé : « recueillir l’avis de l’ensemble des acteurs de la communauté Internet afin de contribuer à définir les modalités de gestion des domaines internet concernés par l’article L.45 du code des postes et des télécommunications (CPCE) et par son décret d’application 2007-162 : « .fr », « .gf », « .gp », « .mq », « .re », « .pm », « .wf », « .yt », « .tf », […] ainsi que les futurs domaines « .bl » (Saint Barthelemy) et « .mf » (Saint Martin) ».

A retenir donc : tout le monde peut répondre à cette consultation. C’est important. Mais répondre à quoi, au juste ? A une série de 25 questions sur les règles de gestion des extensions précédemment citées, dont fait partie le .FR (sans vouloir dévaluer les autres extensions). Des exemples :

– Quels sont, selon vous, les facteurs d’attractivité du « .fr » par rapport aux autres domaines internet de premier niveau (notamment le nouveau domaine «.eu » ou les domaines génériques « .com », «.org », etc.) ? Quels sont au contraire les facteurs limitant son intérêt ?

– Quels seraient les avantages et les inconvénients à étendre les critères d’éligibilité du « .fr » au-delà des seuls acteurs établis en France, notamment aux acteurs européens ?

– Quels avantages ou inconvénients voyez-vous à l’introduction d’autres extensions correspondant à des sous-parties du territoire métropolitain (« .bzh », « .paris », etc.) ?

Tout un programme ! Le formulaire PDF complet est téléchargeable ici.

Une fois les réponses recueillies (date limite de retour du formulaire : le 24 juin 2008), sera rendu publique « la synthèse des résultats de cette consultation et les premières orientations qu’il retient pour la mise en œuvre du décret 2007-162« . Viendra ensuite la fameuse phase des appels à candidatures pour le rôle de registre et le vrai-faux suspense sur l’issue de l’histoire.

Lire la suite

Les erreurs les plus fréquentes dans le domaining

Voici un article très intéressant sur lequel je suis tombé hier en baroudant sur forumndd.com. Il est l’œuvre de Kate, super-modératrice du forum (en tandem avec Tomsa) et accessoirement administratrice du portail de vente de noms de domaines ShopN@mes.com.

Le post en question traite avec perspicacité des erreurs les plus fréquentes (à ne pas commettre, donc) dans le domaining.

Conseils hautement recommandables compte tenu de l’expérience de son auteur, que je remercie au passage pour son aimable autorisation de reprise.

Les erreurs les plus fréquentes dans le domaining

Peut-on encore gagner de l’argent avec les noms de domaine en 2008 ?

La réponse est oui, mais le domaining n’est pas un plan « argent facile ». Ceux qui se lancent avec cette idée en tête s’exposent à des désillusions et quitteront le business aussi rapidement qu’ils sont entrés.

Voici quelques erreurs parmi les plus courantes.

Frénésie de l’enregistrement

Très souvent, les nouveaux venus sont emportés par la frénésie de l’enregistrement.

Ils réalisent qu’ils arrivent bien tard sur le marché et que les meilleurs noms sont enregistrés depuis longtemps. Du coup, ils se lancent dans une débauche d’enregistrement de noms pour tenter de compenser leur retard. C’est une erreur.

La qualité est toujours préférable à la quantité.

Lire la suite

Merci

Pour une fois, je ne vais pas vous sucer le cerveau avec mes histoires de noms de domaine ;-)

Je tenais simplement à remercier chaleureusement celles et ceux qui ont pensé à mon anniversaire. Je n’ai pas (encore) eu le temps de tous vous remercier personnellement mais que ce soit par téléphone, par email ou via les gadgets du web 2.0, tous vos messages m’ont fait très plaisir !

Pour ceux qui m’ont demandé à quel bon plat j’avais eu droit, la réponse est « un couscous ».

Pour celles qui m’ont demandé si je n’avais pas trop mal aux cheveux ce matin au réveil, la réponse est « non ».

Et pour ceux qui m’ont demandé « quoi de neuf?« , la réponse se voudra standard et de mise avec l’évènement du jour : « que du vieux » !

Merci encore !

Viens chez moi, j’habite chez une copine !

C’est avec beaucoup d’intérêt que j’ai lu aujourd’hui la dernière chronique de Cédric Manara sur Domaines.info, intitulée « la valorisation des noms de domaine de troisième niveau« 

Il y est question de la location de ce qu’on appelle couramment les « sous-domaines » dans le jargon du marché. Exemple : vous êtes titulaire du nom de domaine domaine.com et – non content d’exploiter un vignoble – vous vous dites que vous pourriez tirer un revenu complémentaire de votre joyau via une forme d’investissement locatif. Alors vous vous mettez en tête de contacter tous les registrars français et de leur proposer de les « héberger » sous votre nom de domaine avec des déclinaisons de type « gandi.domaine.com », « ovh.comaine.com » ou « amen.domaine.com ». Si le modèle économique brut me semble tiré par les cheveux (car concept difficile à vendre pour le titulaire du domaine et peu d’intérêt pour le locataire), c’est une option tout à fait plausible pour des opérations de co-branding, comme le souligne Cédric. Le reste de l’article porte surtout sur des études de cas juridiques et je laisse les puristes s’en délecter.

Sans nécessairement se focaliser sur le cas particulier de la location de domaines de troisième niveau, il faut à mon goût lire une tendance derrière tout cela. Tendance très bien résumée dans la toute première phrase de l’article : « La saturation des extensions, .COM en tête, amène à chercher d’autres moyens pour être visible dans les espaces de nommage les plus populaires« . En clair, nous sommes sur un marché en phase de maturation et dont les ramifications, les acteurs et les produits sont constamment amenés à évoluer.

Lire la suite

Le parking de domaines en format de poche

On me demande souvent : « Mais Rémy, comment ça fonctionne, ton histoire de parking de noms de domaine ?« . Et même si je ne me lasse jamais d’en expliquer le modèle économique, je me suis souvenu récemment qu’un bon dessin valait mieux qu’un long discours. Et comme la nature a bien fait les choses, j’ai la chance de pouvoir poster le dessin en question sur ce blog pour que ceux que ça intéresse l’aient à portée de main.

*

*

*

*

*

*

*

    De la responsabilité du prestataire parking

    Je ne suis pas particulièrement fan des articles juridiques sur les noms de domaine et les décisions de justice dont ils peuvent faire l’objet et préfère de loin laisser la parole à des spécialistes compétents. En outre, la plupart des articles diffusés dans une presse devenue semi-généraliste ne servent à mes yeux qu’à entretenir le feu de la crainte du cybersquatting et à encourager les entreprises à rester dans la course aux dépôts défensifs. Ce faisant, on détourne subtilement l’attention du public de l’intérêt du nom de domaine en tant qu’actif.

    Mais à force d’en voir passer de toutes les couleurs, on se forme… et on s’informe. C’est ainsi que j’ai récemment découvert un post intéressant sur domain-recht.de (en allemand) dont j’ai pensé qu’il pourrait faire l’objet ici d’une traduction synthétisée pour ceux d’entre vous – que je crois nombreux – qui ne maîtrisent pas la langue de Goethe.

    Lire la suite

    Quand le .FR passe à la télé

    Publié aujourd’hui sur le site de l’AFNIC :

    L’AFNIC lance une série de films humoristiques, destinée à promouvoir les mille et une possibilités de personnalisation d’une adresse en .fr

    Destinée aux internautes, la nouvelle campagne de l’AFNIC a pour vocation de présenter les possibilités illimitées de personnalisation d’une adresse en .fr.

    Imaginée et conçue sous forme de petites annonces, cette campagne de communication, drôle et percutante, est fidèle à la tradition de communication décalée et humoristique menée par l’AFNIC depuis quelques années.

    Reposant sur quatre films humoristiques, la nouvelle campagne de communication de l’AFNIC met en scène des protagonistes, aux caractères bien trempés, qui nous font part de leurs aspirations et revendications par le biais de leurs nouvelles adresses en .fr, à l’image de leur personnalité.

    Ces quatre scénettes ont ensuite été déployées sur différents sites stratégiques dont le Journal du Net, 01 net ou Wat et sont bien entendu visibles sur le site faites-vous-un-nom.fr. Des films qui accompagnent une campagne off-line et un dispositif on-line composé de bannières.

    Cette campagne vidéo de l’AFNIC a été imaginée par CoSpirit / MediaTrack (conseil en marketing et média) en partenariat avec Loadings -spécialisée dans les solutions audiovisuelles en ligne- et les quatre films réalisés par Nath Dumont.
    En savoir plus : découvrez les films !

    www.faites-vous-un-nom.fr

    *************************

    À propos de l’AFNIC
    (Association Française pour le Nommage Internet en Coopération)

    Association à but non lucratif, l’AFNIC est l’organisme chargé de la gestion administrative et technique des noms de domaine .fr et .re, suffixes internet correspondant à la France et à l’Île de la Réunion.
    L’AFNIC est composée d’acteurs publics et privés : représentants des pouvoirs publics, utilisateurs et prestataires de services Internet (bureaux d’enregistrement).
    En savoir plus

    Poissondavril.com

    La fin de la journée approche, donc petite mise au point sur mon dernier billet…

    Il s’agissait bien entendu d’un poisson d’avril :-) Je n’avais à vrai dire pas prévu d’en faire, mais quand on finit la journée avec des poissons collés partout dans le dos, la tentation est trop forte.

    Plusieurs clins d’œil dans ce post :

    – à mon prédécesseur François, qui m’a transmis le virus dans le meilleur sens du terme

    – à Laurent (alias LeBelge dans les commentaires) – l’un des francophones chez Sedo qui ne travaille certes pas dans mon équipe (mais au Product Management Parking) mais qui n’est jamais avare de boutades et de bons tuyaux sur le marché, dont certains ont fortement contribué à la rédaction de billets comme « le boulanger qui ne mangeait pas de son pain« 

    – à la « Sedodouane » (qui ne rigole pas), qui m’a donné le feu vert pour la création de ce blog + l’enregistrement du nom de domaine associé aussi mauvais soit-il (personne ne me squatte sur le singulier ou le .fr, c’est un signe de médiocrité mais surtout du très bon esprit des domaineurs francophones).

    – à mes 4 ans de service, fêtés il y a peu autour d’un bon verre d’eau plate

    Désolé (et merci) à tous ceux qui sont tombés dans le panneau, que ce soit en commentaires ou en privé par e-mail. Niveau commentaires, on a presque battu le record d’affluence des articles a priori les plus sérieux, ce qui me vaudra une belle remise en question sur la qualité de mes billets. Niveau e-mails, plus dur de battre le record quand on en reçoit parfois plus de 100 par jour, mais surprenante vague d’émotion quand même.

    Bref, en ce 1er avril, on en a lu des vertes et des pas mûres et je me suis finalement dit qu’il fallait faire honneur à la tradition.

    Merci encore aux piégés (qui se vengeront) et bravo aux non-piégés (que je piègerai une prochaine fois) !

    Y-a-t-il une vie après les noms de domaine ?

    Malgré ma courte expérience de 4 ans dans ce milieu, il y a un petit bout de temps que je me pose cette question : peut-on vraiment passer à autre chose lorsqu’on a goûté aux noms de domaine ? Mon prédecesseur chez Sedo avait franchi le cap il y a maintenant quelques années et s’en porte encore très bien aujourd’hui. Mais lui n’était pas accro aux noms de domaine au point par exemple de leur dédier un blog. Bien lui en a pris…

    Jamais je n’aurais pensé que ma passion pour le sujet me mettrai dans une situation aussi inconfortable que celle à laquelle j’ai à faire face aujourd’hui. Et pourtant, me voici subitement dans de beaux draps. LeBelge, que certains d’entre vous ont peut-être vu laisser quelques commentaires sur ce blog et me reprocher de ne pas respecter ses multiples contributions à mes sujets, n’est autre qu’un collègue de travail chez Sedo. Esprit de vengeance ou simple mesquinerie, toujours est-il qu’il a ébruité l’affaire en interne et que tout cela a fini aux oreilles du management.

    Quel est le problème, me direz-vous ? Il n’aurait dû y en avoir aucun si j’avais déclaré mon projet de blog à la « sedodouane ». Mais voilà, je n’avais pas osé le faire par peur de me voir opposer un refus. Pour ne rien arranger, j’ai déposé spécialement un nom de domaine pour l’occasion (blogodomaines.com), ce qui est formellement interdit à l’ensemble des employés Sedo, les dinosaures comme moi ne dérogeant pas à la règle. Un malheur n’arrivant jamais seul, des recherches sur mes récents posts dans les forums francophones sur les noms de domaine n’ont fait que confirmer les soupçons de trahison de mon employeur et enfoncer un peu plus le clou.

    Bref, me voici aujourd’hui prié par mon employeur de prendre la porte après 4 ans de bons et loyaux services. Une fermeture définitive de mon blog et un élargissement de ma clause de non-concurrence déjà fixée à 15 ans pourraient sans doute arranger les choses, mais j’ai toujours considéré la liberté d’expression comme quelque chose de fondamental et je n’ai pas l’intention de céder à une pression de la sorte.

    Toujours est-il que la question qui m’a si longtemps hanté mais que j’ai toujours pu repousser jusque là est aujourd’hui réalité : y-a-t-il une vie après les noms de domaine ? Vais-je rester dans le circuit et aller distribuer des CV à la prochaine conférence de l’ICANN à Paris ? Vais-je monter ma propre affaire ? Vais-je rejoindre les rangs d’un concurrent parking ? Vais-je me lancer dans le domaining ? Ou vais-je tourner la page et passer à autre chose ? L’avenir le dira, mais les prochains jours risquent d’être trop pénibles pour prendre ce genre de décisions.

    Quoi qu’il en soit, je m’efforce de voir le bon côté des choses : j’ai un blog pour parler de ce qui me pèse et ça, ça vaut tout l’or du monde !